Gabon : La force des mères à l’œuvre à Tchibanga
Libreville, Lundi 15 Juin 2026 (Infos Gabon) – Dans un monde où les politiques publiques cherchent de plus en plus à conjuguer inclusion sociale, sécurité alimentaire et autonomisation économique, la célébration différée de la Fête des mères organisée à Tchibanga a dépassé le cadre d’un hommage symbolique.
Derrière les discours, les formations et les remises d’équipements, l’événement porté par la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, a révélé une ambition plus vaste. Celle de placer les femmes, notamment rurales, au cœur de la transformation économique et sociale du pays.
Dans la province de la Nyanga, région historiquement reconnue pour son potentiel agricole mais confrontée à de nombreux défis de développement, cette rencontre a pris la forme d’un véritable plaidoyer en faveur de la résilience féminine. Face à des centaines de femmes, de jeunes filles-mères, de responsables de coopératives et d’acteurs locaux, la Première dame a délivré un message simple mais stratégique. Le courage, l’audace et la persévérance constituent désormais les principaux leviers d’émancipation et de prospérité.
Tchibanga, vitrine du potentiel féminin
La place des fêtes de Tchibanga s’est transformée, le temps d’une journée, en une vaste vitrine du savoir-faire féminin. Les stands installés pour l’occasion ont présenté une diversité impressionnante de produits agricoles, artisanaux et agroalimentaires issus des coopératives locales.
Cette exposition a permis de mettre en lumière une réalité souvent sous-estimée. Au Gabon comme dans une grande partie de l’Afrique, les femmes représentent une part essentielle de la production agricole, du commerce local et de l’économie informelle. Selon plusieurs études de la Banque africaine de développement et de la FAO, elles assurent une contribution déterminante à la sécurité alimentaire tout en restant confrontées à des difficultés d’accès au financement, à la formation et aux équipements.
En consacrant plus d’une heure à la visite des stands, Zita Oligui Nguema a voulu valoriser cette contribution. Son intérêt pour les activités exposées a envoyé un signal politique fort. Les initiatives portées par les femmes ne relèvent plus uniquement du secteur social. Elles s’inscrivent désormais dans une logique de développement économique national.
Le message adressé aux femmes de la Nyanga s’inscrit dans cette dynamique. Les encourager à produire davantage, à renforcer leurs activités et à développer leurs coopératives revient à leur reconnaître un rôle central dans la diversification de l’économie gabonaise.
Former pour transformer
L’un des aspects les plus significatifs de cette célébration réside dans l’importance accordée à la formation. Avant les cérémonies officielles, la Première dame s’est rendue sur le site expérimental de la direction provinciale de l’Agriculture où plusieurs femmes bénéficient d’enseignements pratiques sur la multiplication des rejets de bananiers.
Elle a également participé à des activités agricoles aux côtés de jeunes filles-mères engagées dans des programmes de maraîchage. Son intérêt pour les expérimentations portant sur l’arachide rouge et le soja témoigne d’une volonté d’encourager des filières capables de générer davantage de revenus et de soutenir les objectifs nationaux de production alimentaire.

Cette orientation rejoint les priorités actuellement défendues par les autorités gabonaises. Le renforcement des capacités constitue l’un des outils les plus efficaces pour lutter contre la précarité et favoriser l’insertion économique durable.
La remise de certificats à près de deux cents bénéficiaires formées aux techniques agricoles, au secourisme et à la gestion coopérative illustre cette approche. Au-delà de l’acquisition de compétences, ces formations permettent de structurer les activités économiques et de renforcer l’autonomie des bénéficiaires.
Les femmes au cœur de la souveraineté alimentaire
L’enjeu dépasse largement la seule promotion féminine. À travers les kits agricoles remis aux coopératives agro-pastorales, les autorités cherchent également à soutenir une ambition nationale de souveraineté alimentaire.
Le Gabon demeure fortement dépendant des importations pour plusieurs produits agricoles et alimentaires. La promotion de l’agriculture locale, de l’élevage et des activités agro-pastorales constitue donc un axe stratégique du développement économique.
Dans cette perspective, les femmes apparaissent comme des actrices incontournables. Leur implication dans la production vivrière, la transformation et la commercialisation leur confère un rôle décisif dans la réduction de la dépendance extérieure du pays.
L’intérêt porté à l’élevage du poulet de chair s’inscrit d’ailleurs dans cette logique. Cette filière figure parmi les secteurs prioritaires identifiés pour réduire progressivement les importations alimentaires et renforcer la production nationale.
À Tchibanga, la célébration de la Fête des mères s’est ainsi transformée en démonstration concrète d’une politique de proximité fondée sur la formation, l’entrepreneuriat et l’autonomisation économique. Plus qu’une reconnaissance du rôle des mères dans la société, elle a consacré leur place dans la construction du Gabon de demain.
Car derrière chaque coopérative soutenue, chaque formation dispensée et chaque activité génératrice de revenus encouragée, se dessine une conviction de plus en plus affirmée. La résilience des femmes n’est pas seulement une force sociale. Elle constitue désormais un moteur stratégique du développement national.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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