Gabon : Nzenzelé mise sur ses femmes pour produire davantage
Libreville, Dimanche 23 Août 2026 (Infos Gabon) – À Nzenzelé, la Fête de l’Indépendance a pris le visage d’une autre bataille nationale, celle de la production et de l’autonomisation économique des femmes rurales. Une foire agricole consacrée aux coopératives féminines a réuni 32 participantes venues de dix villages, mettant en pleine lumière des actrices dont le travail reste essentiel à la vie des communautés, mais encore insuffisamment visible dans les politiques de développement.
L’initiative, organisée sous l’impulsion de la Première Dame, Zita Oligui Nguema, ne relève donc pas seulement de l’animation festive. Elle pose un enjeu beaucoup plus stratégique pour le Gabon. Dans un pays qui cherche à renforcer sa production agricole, réduire sa dépendance aux importations et créer davantage d’activités dans les territoires, la montée en puissance des femmes rurales peut devenir un véritable accélérateur économique.
Présidée par le sous-préfet Justin Mamidi Moukongou, la cérémonie a combiné les symboles de la célébration nationale avec une mise en avant très concrète des initiatives locales. Après le défilé, la coupure du ruban inaugural et la visite des stands, les coopératives les plus performantes ont été distinguées.
Quand l’autonomisation devient une stratégie économique
Les 32 femmes présentes ont exposé leurs productions et leurs savoir-faire, donnant à voir une agriculture de proximité capable de générer de la valeur lorsqu’elle dispose d’un minimum d’accompagnement.
C’est précisément là que l’initiative prend son importance. L’autonomisation ne peut durablement se réduire à des discours sur l’émancipation. Elle suppose des outils, des capacités de production, des débouchés et la possibilité pour celles qui travaillent de conserver une part significative de la valeur créée.
Les kits agricoles remis aux coopératives répondent à cette logique. Leur portée financière peut sembler limitée à l’échelle d’une économie nationale, mais leur effet sur une exploitation ou un groupement villageois peut être déterminant. Un équipement adapté peut réduire la pénibilité, améliorer les rendements et permettre d’augmenter progressivement les volumes produits.
Les récompenses financières accordées aux coopératives les plus performantes introduisent, elles aussi, une logique intéressante. Elles ne valorisent pas seulement la participation, mais l’effort, l’organisation et les résultats.
Les coopératives, un outil pour transformer les territoires
Le véritable enjeu se situe désormais dans la capacité à inscrire ce type d’initiative dans la durée. Une foire peut offrir de la visibilité. Un kit peut renforcer temporairement une production. Mais c’est la structuration des filières qui permettra de transformer ces avancées ponctuelles en revenus durables.
Pour les femmes rurales, la coopérative peut précisément constituer cette passerelle. Elle permet de mutualiser certains moyens, de partager les connaissances, de mieux négocier les achats et, surtout, de renforcer la capacité collective à accéder aux marchés.
Cette dimension est particulièrement importante dans les territoires où l’éloignement des grands centres urbains constitue un obstacle à la commercialisation. Produire davantage ne suffit pas. Il faut pouvoir stocker, transporter, transformer et vendre dans de bonnes conditions.
L’expérience de Nzenzelé rappelle ainsi que la politique agricole gabonaise ne pourra atteindre sa pleine efficacité sans une politique parallèle de professionnalisation des acteurs ruraux. Les femmes doivent y occuper une place centrale, non comme bénéficiaires secondaires, mais comme productrices, entrepreneures et partenaires à part entière de la transformation économique.
Une indépendance qui se mesure aussi dans les champs
Le choix de placer cette initiative sous le signe de la Fête de l’Indépendance donne enfin à l’événement une portée symbolique particulière. L’indépendance d’un pays ne se limite pas à sa souveraineté politique. Elle implique également sa capacité à nourrir sa population, valoriser ses ressources, créer des emplois et faire vivre ses territoires.
À Nzenzelé, cette réalité s’est incarnée dans 32 parcours féminins venus présenter leur travail. Derrière chaque stand se trouvent des heures de production, des savoir-faire transmis, des revenus familiaux et une capacité à faire vivre l’économie locale.
L’impulsion donnée par Zita Oligui Nguema mérite donc d’être appréciée à l’aune de cette ambition. Soutenir les femmes rurales, ce n’est pas seulement accompagner une catégorie de la population. C’est investir dans la résilience des communautés et dans la capacité du Gabon à produire davantage par lui-même.
Le défi est maintenant de transformer cette visibilité en politique durable. Il faudra davantage de formation, d’accès au financement, d’équipements, de débouchés commerciaux et de mécanismes permettant aux coopératives de passer d’une économie de subsistance à une véritable économie de production.
Nzenzelé aura ainsi montré une voie simple mais stratégique. Lorsque les femmes disposent des moyens de produire, de s’organiser et de vendre, l’autonomisation cesse d’être une promesse sociale pour devenir une force économique. C’est à cette condition que l’indépendance peut prendre, jusque dans les villages, une dimension pleinement productive.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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