Gabon : Akournam, le Gabon veut changer d’échelle électrique
Libreville, Samedi 26 Septembre 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon veut tourner la page d’une équation énergétique trop longtemps contrainte par l’insuffisance de l’offre. À Akournam, dans la commune d’Owendo, le gouvernement accélère un chantier appelé à renforcer sensiblement la capacité nationale de production et, surtout, à sécuriser l’alimentation électrique du Grand Libreville.
La visite effectuée le 24 septembre par le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, accompagné du ministre de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangaye, traduit une priorité devenue stratégique pour l’économie gabonaise. Il ne s’agit plus seulement de produire davantage, mais de construire les conditions énergétiques de la croissance.
Au cœur du projet se trouve l’installation de cinq nouvelles turbines de 25 MW chacune. À terme, l’ensemble doit apporter 125 MW supplémentaires au dispositif de production. Une capacité significative pour un système électrique appelé à absorber une demande croissante des ménages, des administrations et des entreprises.
125 MW pour desserrer la contrainte énergétique
Le projet d’Akournam s’inscrit dans une logique simple mais décisive. Une économie ne peut durablement se développer avec une énergie insuffisamment disponible ou irrégulière. L’électricité conditionne désormais presque toutes les chaînes de valeur, de l’industrie aux services, des établissements sanitaires aux infrastructures numériques, en passant par les activités commerciales et administratives.
L’intégration des nouvelles unités doit ainsi renforcer l’offre disponible, notamment dans le Grand Libreville, où se concentre une part importante de l’activité économique et de la population. L’objectif affiché par les pouvoirs publics est d’accroître progressivement les capacités afin de mieux absorber la demande et de réduire les tensions qui peuvent affecter la fourniture.
Mais la puissance installée ne constitue qu’une partie de l’équation. Encore faut-il que les équipements soient achevés, correctement intégrés et effectivement injectés dans le réseau national. Les opérations de montage, de préparation et de vérification actuellement menées sur le site représentent donc une étape déterminante avant la mise en service effective des nouvelles capacités.
Une technologie conçue pour mieux valoriser l’énergie
L’autre intérêt du chantier réside dans la technologie retenue. La centrale d’Akournam s’appuie sur un dispositif de cycle combiné, qui permet d’optimiser la production électrique à partir du combustible utilisé.
Le principe consiste à associer des turbines à gaz à un système de récupération de la chaleur contenue dans les gaz d’échappement. Cette chaleur, qui serait autrement perdue, est valorisée afin de produire davantage d’électricité. Le procédé vise ainsi à améliorer l’efficacité globale de la centrale et à tirer un meilleur rendement des ressources mobilisées pour la production.
Cette dimension technologique est importante dans un pays qui cherche simultanément à augmenter son offre et à moderniser son système énergétique. L’enjeu n’est pas uniquement d’ajouter des mégawatts au réseau, mais d’améliorer progressivement la performance des infrastructures qui les produisent.
La réussite du projet se mesurera donc autant à la puissance supplémentaire disponible qu’à la régularité de la fourniture. Pour les usagers, particuliers comme professionnels, la véritable avancée sera concrète lorsque cette capacité se traduira par une électricité plus stable et davantage prévisible.
L’électricité comme infrastructure de croissance
Derrière le chantier d’Akournam se joue finalement une question qui dépasse le secteur énergétique. Le Gabon cherche à créer les conditions matérielles d’une croissance plus robuste.
Une alimentation électrique plus disponible facilite le fonctionnement des entreprises, sécurise les activités des administrations, soutient les établissements scolaires et sanitaires et peut contribuer à rendre le territoire plus attractif pour de nouveaux investissements. Elle constitue également un préalable au développement d’activités industrielles et de services qui exigent une alimentation régulière et fiable.
C’est pourquoi le renforcement de la production doit être considéré comme un maillon d’une stratégie économique plus large. Construire des capacités électriques supplémentaires ne suffit pas à lui seul. Il faudra que la production, le transport et la distribution évoluent de manière cohérente afin que les nouveaux volumes produits atteignent effectivement les consommateurs et les acteurs économiques.
À Akournam, le gouvernement entend précisément franchir une étape dans cette transformation. Sous l’impulsion du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’investissement énergétique est présenté comme une composante des priorités liées aux services essentiels et au développement national.
Avec ses 125 MW supplémentaires attendus, Akournam ne constitue donc pas seulement un chantier technique. C’est un test de la capacité du Gabon à convertir l’investissement public en puissance économique réelle. La prochaine bataille ne sera plus uniquement celle des mégawatts installés, mais celle de leur disponibilité, de leur fiabilité et de leur capacité à soutenir durablement les ménages, les entreprises et les ambitions de transformation du pays.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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