Gabon : Les « mapanes », l’urgence de reconstruire la ville
Libreville, Vendredi 30 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Derrière les façades modernes de Libreville, une autre réalité urbaine demeure trop souvent reléguée à la périphérie des politiques d’aménagement. Dans les quartiers sous-intégrés, des milliers de familles vivent au quotidien avec les inondations, les risques d’incendie, l’insuffisance des voies d’accès et la précarité des équipements collectifs.
En appelant à repenser progressivement ces espaces, le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, place l’État devant une responsabilité majeure, celle de faire de la rénovation des « mapanes » une priorité sociale, territoriale et environnementale.
Les propos du vice-président dépassent le simple constat sur l’état du paysage urbain. Ils posent la question du modèle de développement des villes gabonaises. À Libreville comme dans plusieurs autres centres urbains du pays, l’expansion démographique et l’installation progressive de populations dans des zones insuffisamment aménagées ont produit des quartiers où l’habitat s’est développé plus vite que les infrastructures. Les constructions rapprochées, parfois édifiées sur des terrains inadaptés, les voies étroites ou inexistantes et les dispositifs d’évacuation des eaux insuffisants exposent les habitants à des dangers permanents.
Un diagnostic urbain réalisé avec l’appui de la Banque africaine de développement relève précisément, pour Libreville, une urbanisation rapide et insuffisamment maîtrisée, une prolifération de l’habitat informel et une vulnérabilité accrue aux inondations, notamment en raison de la pluviométrie, de la configuration du territoire et des insuffisances du drainage. Ces difficultés ne sont donc pas de simples désagréments esthétiques. Elles touchent à la sécurité des personnes, à la santé publique, à la mobilité et à l’accès aux services essentiels.
Sortir les quartiers de la vulnérabilité
L’avertissement d’Alexandre Barro Chambrier sur les zones inondables, la promiscuité et la propagation rapide des incendies mérite une attention particulière. Lors des fortes pluies de janvier 2026, le quartier Belle Vue 2 a notamment fait l’objet d’une intervention interministérielle après des inondations. Les autorités avaient alors identifié plusieurs priorités, parmi lesquelles le curage des bassins versants, la remise en état des canaux d’évacuation et le traitement des constructions implantées dans les zones non constructibles.
Ces épisodes rappellent que l’absence d’aménagement transforme un phénomène naturel en crise sociale. Lorsqu’une voie ne permet pas le passage des véhicules de secours, lorsqu’un canal est obstrué ou qu’une habitation occupe un terrain exposé, le risque devient collectif. L’enjeu est donc de passer d’une gestion ponctuelle des catastrophes à une véritable politique de prévention et de restructuration.
La position du vice-président ouvre une perspective importante en évoquant l’assainissement, la réorganisation urbaine et, lorsque cela s’impose, le relogement dans des conditions dignes et sécurisées. Cette dernière option exige cependant une vigilance absolue. Déplacer les populations sans solution durable, sans accès aux transports, aux écoles, aux emplois et aux services de proximité reviendrait à déplacer la précarité plutôt qu’à la résoudre. La transformation doit protéger les habitants, préserver autant que possible leurs liens économiques et sociaux et associer les communautés concernées aux décisions.
Désenclaver, aménager, intégrer
Les opérations d’ouverture et de modernisation des voies engagées dans le Grand Libreville constituent, à cet égard, un premier levier d’intégration territoriale. En juin 2026, le ministère des Travaux publics a présenté des opérations de désenclavement visant notamment plusieurs secteurs d’Akanda et de Libreville, avec des interventions destinées à améliorer la circulation et l’accessibilité des quartiers. En août, la Présidence a également fait état de voiries rénovées dans les troisième et sixième arrondissements, accompagnées d’ouvrages d’assainissement et d’équipements de proximité.
Mais ouvrir des routes ne suffit pas. Il faut simultanément organiser le drainage, sécuriser le foncier, maîtriser les nouvelles constructions, installer les réseaux d’eau et d’électricité et prévoir des équipements publics. Sans cette cohérence, les voies nouvellement aménagées risquent de rester des interventions isolées dans un tissu urbain qui continuera de se dégrader.
Le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, natif de Libreville et désormais chargé de conduire cette politique, dispose d’un portefeuille au cœur de cette transformation. Sa responsabilité sera notamment de traduire les orientations politiques en programmes opérationnels, avec une planification lisible, des financements identifiés et des mécanismes de suivi.
Le défi est considérable, mais il ne peut plus être différé. Les « mapanes » ne sont pas des espaces à effacer pour embellir artificiellement les villes. Ce sont des lieux de vie, de travail et de solidarité dont les habitants ont droit à la sécurité et à la dignité. L’État doit poursuivre l’effort engagé, l’amplifier et lui donner une dimension durable. La réussite de la politique urbaine gabonaise se mesurera moins à la beauté des grandes avenues qu’à la capacité de transformer les quartiers les plus vulnérables en territoires pleinement intégrés à la ville.
Derrière les façades modernes de Libreville, une autre réalité urbaine demeure trop souvent reléguée à la périphérie des politiques d’aménagement. Dans les quartiers sous-intégrés, des milliers de familles vivent au quotidien avec les inondations, les risques d’incendie, l’insuffisance des voies d’accès et la précarité des équipements collectifs. En appelant à repenser progressivement ces espaces, le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, place l’État devant une responsabilité majeure, celle de faire de la rénovation des « mapanes » une priorité sociale, territoriale et environnementale.
Les propos du vice-président dépassent le simple constat sur l’état du paysage urbain. Ils posent la question du modèle de développement des villes gabonaises. À Libreville comme dans plusieurs autres centres urbains du pays, l’expansion démographique et l’installation progressive de populations dans des zones insuffisamment aménagées ont produit des quartiers où l’habitat s’est développé plus vite que les infrastructures. Les constructions rapprochées, parfois édifiées sur des terrains inadaptés, les voies étroites ou inexistantes et les dispositifs d’évacuation des eaux insuffisants exposent les habitants à des dangers permanents.
Un diagnostic urbain réalisé avec l’appui de la Banque africaine de développement relève précisément, pour Libreville, une urbanisation rapide et insuffisamment maîtrisée, une prolifération de l’habitat informel et une vulnérabilité accrue aux inondations, notamment en raison de la pluviométrie, de la configuration du territoire et des insuffisances du drainage. Ces difficultés ne sont donc pas de simples désagréments esthétiques. Elles touchent à la sécurité des personnes, à la santé publique, à la mobilité et à l’accès aux services essentiels.
Sortir les quartiers de la vulnérabilité
L’avertissement d’Alexandre Barro Chambrier sur les zones inondables, la promiscuité et la propagation rapide des incendies mérite une attention particulière. Lors des fortes pluies de janvier 2026, le quartier Belle Vue 2 a notamment fait l’objet d’une intervention interministérielle après des inondations. Les autorités avaient alors identifié plusieurs priorités, parmi lesquelles le curage des bassins versants, la remise en état des canaux d’évacuation et le traitement des constructions implantées dans les zones non constructibles.
Ces épisodes rappellent que l’absence d’aménagement transforme un phénomène naturel en crise sociale. Lorsqu’une voie ne permet pas le passage des véhicules de secours, lorsqu’un canal est obstrué ou qu’une habitation occupe un terrain exposé, le risque devient collectif. L’enjeu est donc de passer d’une gestion ponctuelle des catastrophes à une véritable politique de prévention et de restructuration.
La position du vice-président ouvre une perspective importante en évoquant l’assainissement, la réorganisation urbaine et, lorsque cela s’impose, le relogement dans des conditions dignes et sécurisées. Cette dernière option exige cependant une vigilance absolue. Déplacer les populations sans solution durable, sans accès aux transports, aux écoles, aux emplois et aux services de proximité reviendrait à déplacer la précarité plutôt qu’à la résoudre. La transformation doit protéger les habitants, préserver autant que possible leurs liens économiques et sociaux et associer les communautés concernées aux décisions.
Désenclaver, aménager, intégrer
Les opérations d’ouverture et de modernisation des voies engagées dans le Grand Libreville constituent, à cet égard, un premier levier d’intégration territoriale. En juin 2026, le ministère des Travaux publics a présenté des opérations de désenclavement visant notamment plusieurs secteurs d’Akanda et de Libreville, avec des interventions destinées à améliorer la circulation et l’accessibilité des quartiers. En août, la Présidence a également fait état de voiries rénovées dans les troisième et sixième arrondissements, accompagnées d’ouvrages d’assainissement et d’équipements de proximité.
Mais ouvrir des routes ne suffit pas. Il faut simultanément organiser le drainage, sécuriser le foncier, maîtriser les nouvelles constructions, installer les réseaux d’eau et d’électricité et prévoir des équipements publics. Sans cette cohérence, les voies nouvellement aménagées risquent de rester des interventions isolées dans un tissu urbain qui continuera de se dégrader.
Le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, natif de Libreville et désormais chargé de conduire cette politique, dispose d’un portefeuille au cœur de cette transformation. Sa responsabilité sera notamment de traduire les orientations politiques en programmes opérationnels, avec une planification lisible, des financements identifiés et des mécanismes de suivi.
Le défi est considérable, mais il ne peut plus être différé. Les « mapanes » ne sont pas des espaces à effacer pour embellir artificiellement les villes. Ce sont des lieux de vie, de travail et de solidarité dont les habitants ont droit à la sécurité et à la dignité. L’État doit poursuivre l’effort engagé, l’amplifier et lui donner une dimension durable. La réussite de la politique urbaine gabonaise se mesurera moins à la beauté des grandes avenues qu’à la capacité de transformer les quartiers les plus vulnérables en territoires pleinement intégrés à la ville.
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