Economie International

À Davos, Donald Trump lance un “Conseil de paix” qui divise la communauté internationale

Libreville, Jeudi 22 Janvier 2026 (Infos Gabon) – En marge du Forum économique mondial, le président des États-Unis a créé la surprise en annonçant la mise en place d’une nouvelle instance internationale baptisée “Conseil de paix”.

Inaugurée ce jeudi dans la station alpine suisse, cette structure se veut, selon Donald Trump, un outil inédit de règlement des conflits mondiaux, appelé à agir « en coordination avec les Nations unies ».

Devant un parterre de dirigeants et de représentants diplomatiques, le chef de l’exécutif américain a procédé à la signature solennelle de la charte fondatrice de cette organisation, qu’il entend présider personnellement. Une vingtaine de pays ont, à ce stade, accepté de rejoindre l’initiative.

Une adhésion sélective et coûteuse

Dès son lancement, le Conseil de paix suscite interrogations et réticences. L’accès à un siège permanent est conditionné au versement d’une contribution exceptionnelle d’un milliard de dollars, un montant jugé prohibitif par de nombreux États, y compris parmi les alliés traditionnels de Washington.

Résultat : plusieurs pays ont choisi de temporiser, tandis que d’autres ont clairement décliné l’invitation, dénonçant un dispositif jugé opaque et déséquilibré. Cette sélection par la capacité financière alimente les critiques sur la philosophie même de l’initiative.

Une nouvelle architecture mondiale contestée

Officiellement, la Maison-Blanche présente le Conseil de paix comme un mécanisme complémentaire aux institutions existantes. Mais pour nombre d’analystes, cette création marque une rupture stratégique. « Il ne s’agit pas d’un simple organe de médiation », estime un diplomate européen sous couvert d’anonymat.

« C’est l’ébauche d’une organisation concurrente à l’ONU, façonnée selon les intérêts américains. »

Des observateurs évoquent même la volonté de Donald Trump d’imposer une nouvelle architecture des relations internationales, fondée davantage sur le rapport de force et la capacité financière que sur le multilatéralisme traditionnel.

Un retour assumé à la diplomatie de puissance

La critique la plus sévère porte sur la vision du monde portée par ce Conseil. Pour certains experts, cette initiative rappelle une diplomatie d’un autre âge. « On assiste à un glissement vers une logique du XIXᵉ siècle, où les grandes puissances définissent l’ordre mondial entre elles, au détriment des cadres multilatéraux », analyse un politologue spécialiste des relations internationales.

Dans ce schéma, les institutions issues de l’après-Seconde Guerre mondiale, à commencer par l’ONU, apparaissent marginalisées, voire contournées.

Un projet encore flou, mais lourd de symboles

À ce stade, les missions concrètes, les mécanismes de décision et les modalités d’intervention du Conseil de paix restent imprécis. Cette absence de clarté nourrit les doutes sur sa réelle efficacité et sur sa capacité à résoudre des crises internationales complexes.

Reste que le geste est hautement symbolique. En lançant cette initiative à Davos, Donald Trump envoie un message clair : les États-Unis entendent reprendre l’initiative diplomatique mondiale selon leurs propres règles.

Entre ambition affichée et fractures diplomatiques

Si le Conseil de paix ambitionne officiellement de promouvoir la stabilité internationale, il risque, paradoxalement, d’accentuer les fractures entre États et de fragiliser davantage un multilatéralisme déjà sous tension.

La question demeure ouverte : s’agit-il d’un nouvel outil au service de la paix mondiale ou d’un instrument de pouvoir redessinant l’ordre international au profit de quelques-uns ? Les prochains mois diront si cette initiative restera un coup d’éclat politique ou si elle s’imposera durablement sur la scène internationale.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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