Environnement

Bassin du Congo : La société civile veut parler d’une seule voix

Libreville, Jeudi 5 Novembre 2026 (Infos Gabon) – Réunies à Libreville les 28 et 29 octobre derniers, les organisations de la société civile du bassin du Congo ont affiché une ambition commune, dépasser les actions dispersées pour construire une force régionale de dialogue et de plaidoyer. À l’issue de leur troisième conférence, organisée par Greenpeace Afrique et Brainforest, elles ont annoncé leur volonté de mettre en place un réseau consacré aux échanges d’expériences, au partage de bonnes pratiques et au suivi des réformes écologiques et politiques engagées dans la sous-région.

Cette initiative, inscrite dans la déclaration finale de la rencontre, répond à un constat largement partagé par les participants. Malgré leur engagement sur des enjeux essentiels, les organisations agissent encore trop souvent de manière isolée. Une dispersion qui limite leur capacité à peser sur les décisions publiques, à faire entendre leurs revendications et à suivre collectivement les engagements pris par les États. Le futur réseau ambitionne ainsi de renforcer la coopération entre acteurs, de coordonner les prises de position et de donner davantage de portée aux initiatives citoyennes.

Pour Ida Jiles Bawalo, coordinatrice de l’Association Minorités Autochtones et Pygmées du Gabon (MINAPIGA), cette perspective constitue une avancée encourageante. « La synergie entre OSC permet de faire beaucoup de choses », souligne-t-elle, évoquant notamment le renforcement des capacités, la facilitation de l’accès aux financements et le partage d’expériences. Une dynamique qu’elle estime bien accueillie par les organisations gabonaises.

Au-delà de la mise en réseau, l’enjeu est aussi politique. Pour Ladislas Ndembet, secrétaire exécutif de l’ONG Muyissi Environnement, la volonté de parler d’une seule voix est une nécessité. Le slogan de la conférence, « Le bassin du Congo, une seule voix », doit, selon lui, se traduire en action. Il appelle notamment à porter les conclusions de Libreville auprès des négociateurs de la COP31 et à bâtir des réseaux « forts, engagés et dynamiques ».

Cette ambition intervient alors que les défis environnementaux dépassent largement les frontières nationales. Changements climatiques, conservation des forêts, agroforesterie, financements, adaptation et atténuation exigent des réponses coordonnées. En mutualisant leurs connaissances et leurs moyens, les organisations pourraient renforcer leurs plaidoyers et exercer un suivi citoyen plus cohérent des politiques publiques.

Mais l’annonce d’un réseau ne garantit pas, à elle seule, une influence accrue. Sa crédibilité dépendra de sa capacité à fonctionner dans la durée, à associer des organisations aux profils et aux moyens différents et à transformer les déclarations communes en actions concrètes. Il lui faudra également préserver l’autonomie de ses membres tout en construisant des positions partagées.

Pour les acteurs réunis à Libreville, le message est clair. Dans un bassin du Congo confronté à des enjeux écologiques majeurs, l’efficacité du plaidoyer dépend aussi de la capacité de la société civile à s’organiser collectivement. Reste désormais à donner une existence réelle à cette ambition et à faire de la solidarité régionale un levier d’influence auprès des décideurs.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

Copyright Infos Gabon

LIRE AUSSI Gabon-ONU : Le CESEC et l’UNOCA rapprochent leurs expertises pour consolider la paix

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *