Cameroun : la vice-présidence actée, l’équation du successeur posée
Libreville, Samedi 4 Avril 2026 (Infos Gabon) – Le Cameroun vient de franchir un tournant institutionnel majeur. Réuni en Congrès ce 4 avril 2026 au Palais de Verre Paul Biya à Yaoundé, le Parlement a adopté à une écrasante majorité (200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions) la révision constitutionnelle instaurant un poste de Vice-président de la République.
Une décision qui dépasse largement le cadre juridique et ouvre, de fait, une nouvelle séquence politique dont l’enjeu central tient désormais en un nom.
Porté par le projet de loi N°2094 d’avril 2026, ce texte modifie des dispositions clés de la Constitution de 1972, déjà révisée en 1996 et 2008, avec un objectif officiellement affiché : renforcer l’efficacité de l’État. Le futur Vice-président sera nommé et révoqué par le chef de l’État, Paul Biya, et exercera des compétences strictement déléguées. Mais derrière cette architecture en apparence technique se cache une évolution politique de grande portée : en cas de vacance du pouvoir, il ne se limitera plus à une transition provisoire, mais achèvera le mandat présidentiel en cours.
Ce seul mécanisme redéfinit les équilibres du pouvoir. Il transforme la fonction de Vice-président en pivot de la continuité de l’État et, potentiellement, en antichambre du pouvoir suprême. Dans un pays où la question de la succession alimente depuis des années débats, spéculations et tensions feutrées, cette réforme agit comme un révélateur.
Car si le Parlement a tranché sur le principe, une interrogation majeure demeure entière : qui sera choisi ? Le nom du futur Vice-président sera bien plus qu’une nomination administrative. Il constituera un signal politique décisif, une lecture anticipée de l’avenir du pouvoir au Cameroun. À 93 ans, au pouvoir depuis 1982 et récemment réélu pour un nouveau mandat, Paul Biya détient désormais entre ses mains un levier stratégique qui pourrait clore, ou au contraire relancer, le débat sur sa succession.
Dans ce contexte, chaque profil potentiel sera scruté : équilibre régional, loyauté politique, capacité à gouverner, crédibilité nationale et internationale. Le choix ne sera pas neutre. Il dessinera les contours de la prochaine transition, qu’elle soit progressive ou contrainte.
Ce vote massif du Parlement consacre donc bien plus qu’une réforme institutionnelle. Il ouvre une phase de clarification politique. Le Cameroun entre dans une nouvelle ère où la stabilité ne dépendra plus seulement des institutions, mais de l’homme appelé à incarner cette vice-présidence.
L’histoire est désormais en suspens. Et dans ce moment charnière, une certitude s’impose : au Cameroun, l’avenir du pouvoir ne se joue plus dans les textes, mais dans le choix d’un homme.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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