Economie

Cyberdéfense : La Côte d’Ivoire veut faire de CYBER.EX un rempart collectif en Afrique de l’Ouest

Libreville, Jeudi 29 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Face à la multiplication des menaces numériques, la Côte d’Ivoire entend renforcer sa capacité de réaction et faire de la coopération régionale un pilier de sa cybersécurité. À Abidjan, la première édition de CYBER.EX 2026 a été officiellement lancée le mercredi 28 octobre, avec l’ambition de tester la préparation des institutions et des secteurs stratégiques à une crise informatique majeure. À terme, cette initiative doit également contribuer au partage d’expérience avec les pays d’Afrique de l’Ouest.

Organisé par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), l’exercice se déroule autour du thème « Résilience numérique nationale, anticiper, réagir, rebondir ensemble ». Il mobilise environ 800 participants issus notamment de l’énergie, des télécommunications et de la finance, des secteurs dont le fonctionnement conditionne une part importante de l’activité économique et des services essentiels.

Représentant le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, le ministre chargé de la Promotion de la jeunesse, Mamadou Touré, a souligné l’importance accordée par les autorités à la protection du cyberespace national. Selon lui, une attaque ou une vulnérabilité dans un pays voisin peut avoir des conséquences au-delà de ses frontières. Cette interdépendance rend nécessaire une coopération accrue entre les États, leurs services de sécurité et les opérateurs privés.

L’enjeu de CYBER.EX dépasse ainsi la seule détection des intrusions informatiques. L’exercice doit éprouver les capacités de pilotage, de prise de décision et de coordination des différents acteurs, tout en évaluant leur aptitude à maintenir ou à rétablir les activités essentielles en situation de crise. Dans un environnement où les réseaux numériques soutiennent les transactions financières, les communications et les infrastructures énergétiques, la rapidité de réaction peut limiter les conséquences d’un incident.

Le ministre de la Transition numérique, Djibril Ouattara, a pour sa part présenté la cybersécurité comme un instrument central de la politique numérique du gouvernement. Le directeur général de l’ANSSI, le général de brigade Guelpétchin Ouattara, a précisé que l’exercice devait permettre aux participants de confronter leurs procédures à des scénarios de crise d’envergure, dans des conditions proches de celles d’un incident réel. Le général de corps d’armée Philippe Mangou, président du Conseil de surveillance de l’agence, était également présent au lancement.

Les autorités prévoient de renouveler l’exercice chaque année. La compétition associée, limitée pour cette première édition aux grandes écoles et aux universités, devrait ensuite s’ouvrir à un éventail plus large de talents. Cette orientation vise à élargir le vivier de compétences nationales dans un domaine où la maîtrise technique, la formation et la disponibilité de spécialistes constituent des enjeux majeurs.

La portée réelle de cette initiative dépendra toutefois des enseignements tirés des simulations. La préparation à une cyberattaque ne se mesure pas uniquement au nombre de participants, mais à la capacité de corriger les failles organisationnelles, de clarifier les responsabilités et d’assurer une communication efficace en situation d’urgence.

En choisissant d’inscrire CYBER.EX dans la durée, la Côte d’Ivoire pose les bases d’un dispositif régulier de préparation aux crises numériques. Si les résultats peuvent nourrir les échanges avec les partenaires ouest-africains, l’objectif sera de transformer cet exercice national en un levier concret de confiance et de sécurité collective dans une région où la continuité des services numériques devient un enjeu stratégique.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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