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Donald Trump lance un “Conseil de paix” mondial et défie ouvertement l’ONU

Libreville, Mardi 20 Janvier 2026 (Infos Gabon) – Présenté à l’origine comme une initiative destinée à mettre fin à la guerre à Gaza, le projet a désormais pris une toute autre dimension.

Le président américain Donald Trump entend créer un Conseil de paix international, conçu comme une alternative assumée aux Nations unies, une institution qu’il accuse ouvertement d’avoir échoué dans sa mission première de maintien de la paix mondiale.

Selon la charte rendue publique par le gouvernement américain, ce nouvel organe aurait pour vocation de promouvoir la paix, prévenir les conflits et arbitrer les grandes crises internationales. Mais au-delà de l’intitulé consensuel, le dispositif proposé suscite déjà de vives interrogations quant à sa gouvernance, sa légitimité et ses objectifs réels.

Un président tout-puissant à la tête du Conseil

Au cœur de la controverse : le rôle central, voire hégémonique, réservé à Donald Trump lui-même. La charte prévoit que le président américain soit le premier président du Conseil de paix, avec des prérogatives particulièrement étendues.

Il serait notamment le seul habilité à intégrer ou à exclure d’autres chefs d’État, disposerait d’un droit de regard sur l’ensemble des votes et pourrait même désigner son propre successeur. Une architecture institutionnelle qui tranche radicalement avec les principes de collégialité et de multilatéralisme défendus par l’ONU depuis sa création.

Pour ses détracteurs, cette concentration du pouvoir transforme le Conseil en un outil d’influence géopolitique au service de Washington. Pour ses partisans, elle permettrait au contraire une prise de décision rapide et efficace, là où l’ONU est souvent paralysée par les vétos et les blocages diplomatiques.

Un siège permanent à prix d’or

Autre point majeur de la charte : le coût d’adhésion. Le ticket d’entrée pour obtenir un siège permanent au sein du Conseil de paix est fixé à un milliard de dollars. Une contribution financière inédite, présentée par l’administration Trump comme un gage d’engagement réel des États membres.

Des invitations officielles ont déjà été adressées à plusieurs pays, ouvrant la voie à un club restreint d’États capables, et désireux, d’investir une telle somme pour peser dans cette nouvelle architecture mondiale.

Réponses contrastées sur la scène internationale

Les premières réactions internationales témoignent d’un accueil pour le moins contrasté. Le Maroc ferait partie des pays ayant accepté l’invitation américaine, voyant dans ce projet une opportunité de renforcer sa visibilité diplomatique sur la scène internationale.

À l’inverse, le Canada a décliné l’offre, refusant de s’engager financièrement à ce niveau. Au sein de l’Union européenne, les positions divergent également. La France a rejeté l’invitation, manifestant son attachement au multilatéralisme onusien. L’Allemagne, plus prudente, s’est contentée de saluer la volonté des États-Unis de contribuer à la paix mondiale, sans pour autant s’engager formellement dans le projet.

Une remise en cause frontale du multilatéralisme

Au-delà des réactions immédiates, ce Conseil de paix soulève une question de fond : le monde peut-il se doter d’une instance parallèle à l’ONU sans fragiliser davantage l’ordre international existant ? Pour Donald Trump, la réponse est claire. Il s’agit de combler les lacunes d’une organisation jugée inefficace, bureaucratique et incapable d’empêcher les conflits majeurs.

Ses opposants y voient au contraire une tentative de court-circuiter les mécanismes multilatéraux au profit d’une diplomatie transactionnelle, où l’influence se mesurerait autant à la capacité financière qu’à la puissance politique.

Un projet encore incertain, mais déjà explosif

Si le Conseil de paix n’en est encore qu’à ses débuts, son annonce a déjà provoqué un séisme diplomatique. Entre promesse d’efficacité et risque de fragmentation de la gouvernance mondiale, l’initiative de Donald Trump pourrait profondément rebattre les cartes des relations internationales.

Reste à savoir si ce nouvel organe parviendra à s’imposer comme un acteur crédible de la paix mondiale, ou s’il demeurera un symbole supplémentaire des fractures croissantes entre les grandes puissances et le système multilatéral hérité de l’après-guerre.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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