Femmes africaines : Le Gabon mise sur la résilience face aux crises
Libreville, Samedi 17 Octobre 2026 (Infos Gabon) – À Dakar, Zita Oligui Nguema a porté la voix du Gabon dans une mobilisation continentale consacrée à la protection des femmes et des filles contre les chocs climatiques et les conflits. Derrière la campagne Building Résilience, un enjeu stratégique se dessine : transformer la solidarité africaine en mécanismes durables de santé, de prévention et de protection sociale, capables de résister aux crises.
Face aux inondations, aux conflits et aux urgences humanitaires, les femmes et les filles africaines figurent souvent parmi les populations les plus exposées aux ruptures de soins, aux déplacements et à la précarité. À Dakar, le 14 octobre, cette vulnérabilité a été placée au cœur d’une initiative continentale portée par l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour le Développement (OPDAD). Invitée par Marie Khone Faye, Première Dame du Sénégal, Zita Oligui Nguema a pris part au lancement national de la campagne Building Résilience, consacrée au renforcement de la résilience des femmes et des filles face aux changements climatiques et aux conflits.
Au-delà de la dimension symbolique de cette rencontre, l’enjeu est celui de la capacité des États africains à anticiper les crises et à protéger durablement les populations les plus fragiles. Car la résilience ne saurait se réduire à la faculté de surmonter une catastrophe. Elle suppose des structures sanitaires accessibles, des dispositifs de prévention opérationnels, un accompagnement social continu et des institutions capables de répondre avant que les vulnérabilités ne se transforment en urgences.
De la solidarité continentale à la protection concrète
Lancée à l’échelle africaine en décembre 2025 à Freetown, en Sierra Leone, #BuildingResilience poursuit son déploiement à travers plusieurs pays. Après le lancement national organisé au Gabon, à Libreville, le 17 avril 2026, puis une étape à Luanda, en Angola, en juillet, la campagne s’est poursuivie à Banjul, en Gambie, avant Dakar.
Cette succession de rencontres vise à renforcer la coopération entre les Premières Dames africaines autour de réponses durables aux crises climatiques, sociales et humanitaires. Le message défendu par Zita Oligui Nguema s’inscrit dans une exigence précise : dépasser les discours qui célèbrent le courage des femmes pour leur garantir des moyens effectifs de protection et un accompagnement adapté aux épreuves qu’elles traversent.
Cette approche est déterminante. Les catastrophes naturelles ne produisent pas seulement des dégâts matériels ; elles fragilisent aussi les revenus des ménages, l’accès aux soins, la scolarité des enfants et la sécurité des personnes. Les conflits, quant à eux, peuvent accentuer les déplacements forcés, les ruptures de prise en charge médicale et les risques de violences. Renforcer la résilience implique donc de relier les politiques sanitaires, sociales et environnementales plutôt que de traiter chaque crise isolément.
Le contexte sénégalais a donné une portée particulière à cette mobilisation. À la suite des récentes inondations, la Première Dame du Gabon a exprimé, en son nom et en celui du président Brice Clotaire Oligui Nguema, leur compassion et leur solidarité envers les milliers de familles touchées. Ce geste rappelle que la coopération africaine doit également se traduire par une capacité collective à soutenir les populations frappées par les catastrophes.
Le pari sanitaire du Gabon
Pour donner une traduction nationale à son engagement, le Gabon a retenu le pilier Santé au sein de l’OPDAD, conformément aux orientations défendues lors de la 30e Assemblée générale de l’organisation, tenue en février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie.
Cette priorité se matérialise à travers le programme ÉQUILIBRES 2026-2029, centré sur la continuité des soins et la stabilité des familles. Son approche repose sur trois axes : prévenir les ruptures, garantir la continuité des soins et accompagner la reconstruction des parcours de vie. L’objectif est de renforcer les mécanismes de prise en charge des personnes vulnérables et d’éviter que les difficultés sanitaires ou sociales ne compromettent durablement l’équilibre familial.
Parmi les projets annoncés figurent la création d’un hôpital consacré à la femme, à la mère et à l’enfant, ainsi que l’installation, à Nkok, d’un centre de désintoxication, de formation et de réinsertion. Ces initiatives ambitionnent de répondre à des besoins sanitaires et sociaux distincts, tout en inscrivant l’accompagnement des personnes vulnérables dans une logique de continuité.
Leur portée dépendra toutefois de leur mise en œuvre : financement pérenne, disponibilité du personnel qualifié, accessibilité géographique, qualité des soins et suivi des bénéficiaires. L’annonce d’infrastructures constitue une étape, mais leur efficacité se mesurera à leur capacité à accueillir les patients, à assurer des prises en charge régulières et à produire des améliorations durables.
Faire de la résilience une politique de développement
La participation de Zita Oligui Nguema à Dakar illustre la volonté du Gabon de contribuer à une dynamique africaine qui associe solidarité, santé et développement humain. Elle pose également une question fondamentale : comment transformer les engagements continentaux en politiques publiques capables de protéger les femmes et les filles avant, pendant et après les crises ?
La réponse exige davantage que des campagnes de sensibilisation. Elle suppose une coordination entre les États, les services sanitaires, les acteurs sociaux et les partenaires du développement, ainsi que des mécanismes permettant d’évaluer les résultats obtenus. La prévention, la continuité des soins et la protection des droits doivent devenir des composantes permanentes de l’action publique, et non des réponses ponctuelles aux catastrophes.
À Dakar, le Gabon a ainsi réaffirmé une orientation dont la portée dépasse le cadre institutionnel : la résilience des femmes et des filles est une responsabilité collective. Mais la crédibilité de cet engagement se construira sur des réalisations vérifiables, des services accessibles et des dispositifs capables de tenir dans la durée. Dans une Afrique confrontée à des crises multiples, protéger les plus vulnérables ne relève pas seulement de la solidarité ; c’est une condition essentielle de la stabilité des familles, de la cohésion sociale et du développement du continent.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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