Economie

Gabon : 2 500 parcelles pour ouvrir l’accès à la propriété

Libreville, Jeudi 2 Avril 2026 (Infos Gabon) – Dans un pays où l’accès au foncier demeure l’un des principaux obstacles à l’émergence d’une classe moyenne durable, l’État gabonais accélère la cadence.

À travers la Société Nationale Immobilière (SNI), 2 500 parcelles viabilisées sont désormais mises sur le marché, marquant une nouvelle étape dans la politique d’accès au logement portée au sommet de l’État.

Une opération foncière à portée nationale

C’est à Essassa, le 1er avril 2026, que le lancement officiel de cette vaste opération a été donné, sous la présidence du Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, aux côtés notamment du ministre du Logement, Mays Mouissi. Un signal politique fort, qui traduit la volonté des autorités d’inscrire la question foncière au cœur des priorités nationales.

Au total, ce sont 2 500 parcelles réparties sur plusieurs localités du pays : 1 500 à Essassa, mais aussi à Akanda, Nkok, Port-Gentil, Bikélé, Franceville et Moanda. Une répartition géographique qui vise à désengorger les grands centres urbains tout en accompagnant l’urbanisation progressive du territoire.

Des prix encadrés pour élargir l’accès

L’un des enjeux majeurs de cette initiative réside dans son accessibilité. À Essassa, les terrains sont proposés à 5 500 FCFA le mètre carré pour des lots standard de 500 m², soit un coût global de 2 750 000 FCFA. Une tarification qui se veut en rupture avec la spéculation foncière souvent observée dans les zones périurbaines.

Au-delà du simple achat de terrain, c’est l’accès à un titre foncier sécurisé qui est en jeu. Dans un environnement où de nombreux Gabonais peinent encore à formaliser leurs droits de propriété, cette opération constitue une réponse concrète à une problématique structurelle : celle de la sécurisation juridique du patrimoine immobilier.

Le foncier, clé de l’inclusion économique

Derrière cette campagne de commercialisation se dessine une ambition plus large. En facilitant l’accès à la propriété, l’État cherche à créer les conditions d’une inclusion économique durable. Le titre foncier ne représente pas seulement un droit d’occupation : il devient un levier d’accès au crédit, un outil de valorisation patrimoniale et un facteur de stabilité sociale.

Dans cette logique, l’initiative s’inscrit pleinement dans la vision portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui place le logement et l’aménagement du territoire au cœur du projet de transformation nationale. En structurant le marché foncier, les autorités entendent également lutter contre l’habitat anarchique et encourager une urbanisation mieux planifiée.

Une réponse à un défi historique

Depuis plusieurs décennies, l’accès à la terre reste un défi majeur pour de nombreux citoyens. Entre lenteurs administratives, coûts élevés et rareté des terrains viabilisés, le foncier est souvent perçu comme un privilège plutôt qu’un droit.

Avec cette opération, la SNI tente de renverser cette logique en démocratisant l’accès à des parcelles aménagées et légalement encadrées. Une démarche qui, si elle est poursuivie et amplifiée, pourrait transformer en profondeur le rapport des Gabonais à la propriété.

Un tournant à consolider

Cette initiative marque indéniablement un tournant. Mais son succès dépendra de sa capacité à s’inscrire dans la durée, à éviter les dérives spéculatives et à garantir une attribution transparente des parcelles. Le défi est désormais clair : faire du foncier un instrument d’équité sociale et non un facteur d’exclusion.

Car au-delà des chiffres, c’est une promesse qui se joue : celle de permettre à chaque Gabonais d’accéder à une terre, à un toit, et, à travers eux, à une véritable sécurité économique. Si cette ambition est tenue, alors ces 2 500 parcelles pourraient bien représenter plus qu’une opération immobilière, le socle d’un nouveau contrat social autour de la propriété.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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