Environnement

Gabon – À Alibandeng, Libreville replante l’espoir : 2 000 palétuviers pour restaurer une mangrove menacée

Libreville, Dimanche 23 Novembre 2025 (Infos Gabon) – Libreville a vécu, vendredi dernier, un moment symbolique et essentiel pour son avenir écologique. À Alibandeng – Trois Manguiers, un quartier durement touché par l’érosion et l’urbanisation incontrôlée, plus de 2 000 palétuviers ont été mis en terre dans le cadre d’une vaste opération de restauration de la mangrove.

Une initiative portée par la Fondation UBA, en collaboration avec l’ONG Les Amis de la Lowe, qui marque une nouvelle étape dans la lutte contre la dégradation des écosystèmes côtiers gabonais.

Un rempart naturel pour une capitale menacée

À l’heure où les effets du changement climatique se font sentir avec une intensité croissante sur le littoral gabonais, nootamment la montée des eaux, la tempêtes, les inondations et le recul du trait de côte, le reboisement de la mangrove apparaît comme une nécessité urgente. L’écosystème d’Alibandeng, naguère dense et vigoureux, a subi de plein fouet la pression foncière et la prolifération des habitations en zone interdite.

Face à cette fragilisation, la plantation de jeunes rhizophoras, une espèce de palétuvier particulièrement résistante, vise à reconstituer une barrière naturelle capable de freiner l’érosion, d’absorber les chocs climatiques et de restaurer peu à peu le rôle protecteur de la mangrove.

Une mobilisation citoyenne exemplaire

Bénévoles, riverains, représentants institutionnels, organisations environnementales : tous ont retroussé leurs manches pour participer à ce chantier écologique d’envergure. La plantation, menée dans une ambiance solidaire, témoigne d’une prise de conscience collective : préserver la mangrove, c’est protéger des milliers de foyers installés aux abords du littoral.

« Il ne s’agit pas seulement de planter, mais d’accompagner la croissance de ces jeunes arbres et d’en partager les résultats avec la communauté », a rappelé Guilan Ibinga, président des Amis de la Lowe. Pour lui, la réussite de ce projet dépendra d’un suivi rigoureux, car la zone, très exposée à la pression humaine, demeure l’un des espaces naturels les plus vulnérables de Libreville.

La mangrove, une biodiversité vitale et une richesse pour demain

Les autorités forestières, représentées lors de l’événement par la Direction générale des écosystèmes aquatiques, ont souligné l’importance écologique de cet écosystème unique. La mangrove est une véritable forteresse naturelle : elle préserve le littoral de l’érosion ; elle protège les habitations des inondations ; elle stocke massivement le carbone, contribuant à lutter contre le réchauffement climatique ; elle constitue un réservoir de biodiversité, essentiel pour de nombreuses espèces marines et terrestres ; elle filtre les eaux, améliorant la qualité des milieux aquatiques.

Cette opération s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de gestion durable des zones humides, un enjeu majeur pour le Gabon, pays riche en biodiversité et acteur engagé de la préservation climatique à l’échelle internationale.

Vers une culture de la responsabilité environnementale

Au-delà de la plantation, la démarche lancée à Alibandeng se veut un appel à la responsabilité partagée. ONG, institutions, citoyens, bailleurs et secteur privé sont invités à unir leurs efforts pour éviter que la mangrove gabonaise, longtemps considérée comme un espace inépuisable, ne disparaisse sous le poids de la négligence, de l’urbanisation anarchique et des pressions économiques.

Pour la Fondation UBA, ce reboisement n’est qu’une première étape : « Chaque palétuvier planté est une promesse faite aux générations futures », confie un responsable de l’organisation. L’objectif est de multiplier ces initiatives à l’échelle du pays, en alliant volontarisme citoyen et engagement gouvernemental.

Une lueur d’espoir pour un écosystème en danger

L’opération du 21 novembre symbolise un tournant. Elle rappelle que, face à la menace climatique, le Gabon ne reste pas spectateur : il agit, il répare, il protège. À Alibandeng, les 2 000 jeunes palétuviers forment désormais les prémices d’une nouvelle mangrove, plus forte, plus dense, plus résiliente.

Un geste simple, mais porteur d’une immense portée. Car restaurer une mangrove, c’est restaurer la vie, protéger des communautés, et choisir de tourner la page de la dégradation pour écrire celle de la durabilité.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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