Gabon – CEMAC : les chefs d’État resserrent les rangs pour défendre le franc CFA et le pouvoir d’achat
Libreville, Vendredi 23 Janvier 2026 (Infos Gabon) – Face aux fragilités persistantes de l’environnement économique mondial, les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont affiché une volonté commune de fermeté.
Réunis en sommet extraordinaire jeudi à Brazzaville autour du thème « Pour une stabilité économique et monétaire renforcée en Afrique centrale », les dirigeants de la sous-région ont acté une série de mesures destinées à consolider la monnaie commune et à préserver le pouvoir d’achat des populations.
Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a regagné Libreville jeudi soir après avoir pris part à cette rencontre de haut niveau, tenue sous la présidence de Denis Sassou Nguesso, chef de l’État congolais et président en exercice de la CEMAC.
Un contexte de vigilance malgré des signaux positifs
Dans son discours d’ouverture, le Président Sassou Nguesso a salué la résilience des économies d’Afrique centrale, marquée par un retour progressif de la croissance et une inflation globalement contenue.
Il a toutefois appelé les États membres à transformer les réformes macroéconomiques engagées en résultats concrets et perceptibles pour les citoyens, notamment en matière de coût de la vie et d’accès aux biens essentiels.
Le franc CFA au cœur des préoccupations
Prenant la parole lors des travaux, le Président gabonais a insisté sur le caractère stratégique de la stabilité du franc CFA, qu’il a présentée comme une condition indispensable à la protection du pouvoir d’achat, à la crédibilité financière des États et à la souveraineté économique de la sous-région.
Pour Libreville, la défense de la monnaie commune ne relève pas uniquement d’un impératif technique, mais d’un enjeu social et politique majeur, dans un contexte marqué par les tensions inflationnistes mondiales et la pression sur les finances publiques.
Un plan d’action rigoureux adopté
Les échanges entre les chefs d’État ont abouti à un consensus autour d’un plan d’action structurant, articulé autour de plusieurs leviers jugés prioritaires pour renforcer la solidité financière de la zone CEMAC.
Parmi les mesures phares figure le rapatriement strict des recettes d’exportation, en particulier dans le secteur extractif. Les acteurs économiques sont désormais tenus de domicilier leurs devises dans la zone afin de renforcer durablement les réserves de change.
Les dirigeants ont également réaffirmé leur engagement en faveur d’une discipline budgétaire renforcée, avec un alignement accru des politiques nationales sur les critères de convergence communautaires et les programmes conclus avec le Fonds monétaire international (FMI).
Transparence financière et souveraineté économique
Autre axe central : l’amélioration de la gouvernance financière. Les chefs d’État ont convenu d’accélérer la généralisation du Compte unique du Trésor, ainsi que la digitalisation des régies financières, afin de renforcer la transparence, la traçabilité des ressources publiques et la lutte contre les fuites financières.
Sur le plan structurel, le sommet a également mis l’accent sur la souveraineté économique et alimentaire, à travers un soutien affirmé aux politiques de substitution aux importations. L’objectif est de réduire la dépendance extérieure et de sécuriser l’approvisionnement des populations en produits de première nécessité.
Le Gabon, acteur clé de la stabilité sous-régionale
Par sa participation active et ses prises de position, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé le rôle du Gabon comme pilier de la stabilité économique et monétaire en Afrique centrale.
Dans un contexte régional exigeant des décisions coordonnées et parfois impopulaires, Libreville se positionne en faveur d’une gouvernance économique responsable et solidaire.
Un suivi strict exigé
En clôture des travaux, les chefs d’État ont donné une instruction ferme à la Commission de la CEMAC et à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Ces institutions devront produire, avant les réunions de printemps 2026, un rapport d’étape détaillé, assorti d’indicateurs mesurables et d’un calendrier précis de mise en œuvre.
Un signal clair : après les engagements, l’heure est désormais à l’exécution, sous le regard attentif des États et des populations de la sous-région.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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