Economie

Gabon : Chamberlain Mezui Ngouade, un historien devenu marchand de journaux

Libreville, Mercredi 16 octobre 2019 (Infos Gabon) – L’activité de marchand de journaux, un secteur prisé par les expatriés au Gabon auquel M. Chamberlain Mezui Ngouade, de nationalité gabonaise, a voulu nous faire partager son univers. Cela, à la faveur d’une interview accordée à notre rédaction.

Infos Gabon : Vous êtes détenteur d’un diplôme universitaire. Pourquoi vous êtes aujourd’hui marchand de journaux ?

Chamberlain Mezui Ngouade : Je tiens déjà à vous remercier pour l’occasion que vous m’offrez pour échanger sur mon activité. Je suis d’abord titulaire d’une licence en histoire – géographie obtenue à l’Université Omar Bongo. Etant donné que ma formation est en droite ligne avec la documentation et l’information, j’ai décidé d’ouvrir une activité commerciale qui cadre avec la vente de l’information. C’est ainsi, que j’ai opté pour l’ouverture d’un kiosque à journaux, dans l’optique de coller avec ma formation. Cela fait aujourd’hui un peu plus de trois ans, sinon quatre ans pour être plus précis que je suis marchand de journaux.

Infos Gabon : Comment est organisée la journée d’un marchand de journaux?

Chamberlain Mezui Ngouade : Ma journée débute à 5 heures 30 du matin par une prière. Par la suite, je prends un taxi pour me rendre chez mon partenaire autour de 6 heures en vue de récupérer les journaux. Ce dernier est également ravitaillé par Sonapresse, ce qui n’est pas le cas pour moi, et je vous donnerai les raisons plus tard. Une fois en possession des journaux, je reviens au kiosque pour commencer l’installation et la vente. Certaines personnes aiment bien lire le journal le matin, c’est aussi dans cette tranche horaire que nous arrivons à écouler les journaux. En milieu de matinée et dans l’après-midi, les ventes sont assez timides.

Infos Gabon : Quelles sont les difficultés rencontrées dans l’exercice de votre activité ?

Chamberlain Mezui Ngouade : La première difficulté réside dans l’occupation de l’espace d’affaire. Et pour l’obtenir, il va falloir l’autorisation de l’hôtel de ville qui est habilité à vous l’octroyer, avec beaucoup de tracasseries. Je suis tout de même parvenu à l’obtenir. Puis, il faut réunir les conditions auprès de la Sonapresse pour être marchand de journaux. Cela passe par le versement d’une caution de l’ordre de un (1.000.000) million de francs CFA. Cette somme vous permet d’écouler tout genre de journaux d’une part, mais également de vous fournir en papeterie d’autre part. Si vous n’avez pas cette somme, vous êtes obligé de recourir à un partenaire comme c’est le cas pour moi, c’est lui qui est habilité à vous livrer. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne vends exclusivement que les journaux locaux compte tenu de ma situation.

L’autre difficulté réside dans le fait que les gabonais n’ont pas la culture de la lecture. Vous voyez bien que mon kiosque est situé en plein cœur d’une cité administrative, et dont les occupants sont essentiellement des enseignants et des administratifs. Mes ventes devraient se situer autour de quatre-vingt-dix (90) journaux par jour. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Elles se situent autour de quinze (15) sinon trente (30) journaux par jours. Lorsqu’il y a le conseil des ministres, elles passent de ce nombre à quarante ou cinquante (50) journaux vendus par jour. 

Infos Gabon : Et, quelles sont vos ambitions, et peut-on dire que l’activité nourrie son homme ?

Chamberlain Mezui Ngouade : Mon ambition principale est d’étendre mon activité vers l’arrière-pays, dans la perspective de créer l’emploi mais aussi dans la vision de mettre tout le monde au même niveau d’information. Je veux également être le meilleur dans ce domaine, lequel est d’ailleurs exclusivement dominé par les expatriés. 

Pour ce qui est du second volet de votre question, je dirais non. Cette activité ne me permet pas de joindre les deux bouts. J’ai la grâce de ne pas être en location, sinon les choses seraient encore plus difficiles. J’ai tout de même des enfants à charge, et c’est assez difficile de subvenir à leurs besoins comme cela se doit, au travers de cette seule activité. 

Infos Gabon : Votre mot de fin à l’endroit des jeunes 

Chamberlain Mezui Ngouade : Je voudrais exhorter mes petits frères à se prendre en charge. Les temps sont extrêmement difficiles. Tout le monde ne peut pas exercer dans la Fonction publique. Il serait souhaitable que chacun se lance dans l’entrepreneuriat. Ce n’est qu’à ce prix qu’on peut espérer avoir une vie honorable. C’est vers cet idéal auquel j’aspire.

Je tiens aussi à vous remercier pour cet échange, mais aussi de l’opportunité que vous m’offrez  d’attirer l’attention des jeunes sur le besoin de se mettre à son propre compte.

FIN/INFOSGABON/LK/2019

Copyright Infos Gabon

Lire aussi Gabon : Il a été appréhendé avec 25 kg d’ivoire

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *