Gabon – Décharge de Mindoubé : l’État acte sa fermeture et enclenche la transition vers Nkoltang
Libreville, Mercredi 4 Février 2026 (Infos Gabon) – La question de la gestion des déchets dans le Grand Libreville est entrée dans une phase décisive.
Confronté à la saturation avancée et aux dangers multiples de la décharge de Mindoubé, le gouvernement gabonais a acté l’urgence d’une solution durable, lors d’une réunion stratégique consacrée à la fermeture progressive du site et à la mise en place d’alternatives conformes aux normes environnementales.
Une réunion interministérielle de haut niveau
Les travaux ont été présidés lundi par le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Adrien Nguema Mba, et se sont tenus au ministère de la Planification. La rencontre a réuni plusieurs membres du gouvernement, notamment la ministre de la Planification, Louise Mvono, le ministre des Travaux publics et de la Construction, Edgard Moukoumbi, ainsi que le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, Maurice Ntossui Allogo.
Étaient également présents, les maires des quatre communes du Grand Libreville, directement concernés par la gestion quotidienne des déchets urbains, ainsi que des représentants de l’opérateur Clean Africa, en charge du service public de collecte.
Mindoubé, une menace environnementale et sanitaire avérée
Au cours de la réunion, le ministre de l’Intérieur a dressé un constat sans appel sur l’état de la décharge de Mindoubé, saturée depuis plusieurs années et devenue incompatible avec toute exigence de sécurité environnementale.
Parmi les risques majeurs identifiés figurent notamment : la pollution des eaux superficielles et des nappes phréatiques par le lixiviat, un liquide hautement toxique issu de la décomposition des déchets ; les émissions incontrôlées de biogaz, présentant des dangers pour l’environnement et les populations ; les risques permanents de glissements de terrain, accentués par la saturation du site ; les conséquences directes sur la santé des riverains, exposés à des nuisances chroniques.
Face à cette situation, la délocalisation de la décharge n’est plus perçue comme une option, mais comme une obligation impérieuse pour les pouvoirs publics.
SUEZ et MIKA Services au cœur des solutions envisagées
Après l’échec de plusieurs alternatives explorées par le passé, la réunion a permis d’examiner de nouvelles propositions concrètes. Il ressort des échanges qu’une offre technique et financière de la société française SUEZ a été soumise aux autorités. Celle-ci prévoit une fermeture progressive et sécurisée de la décharge de Mindoubé, tout en assurant la continuité du service public.
Dans cette phase transitoire, la mise en service d’un casier conforme aux standards internationaux est envisagée, afin de permettre à Clean Africa de poursuivre la collecte et le traitement des déchets dans des conditions maîtrisées, en attendant l’aboutissement du Centre de traitement et de valorisation des déchets (CTVD) de Nkoltang.
Pour la construction urgente de ce casier transitoire, la proposition formulée par la société MIKA Services a été examinée et jugée satisfaisante par les participants.
Un calendrier de suivi pour sécuriser la transition
Soucieuses d’éviter les retards et les improvisations, les autorités ont décidé de mettre en place un calendrier précis de rencontres de suivi, destiné à encadrer le cadencement des différentes phases du projet : fermeture progressive de Mindoubé, exploitation du casier transitoire et préparation du futur CTVD de Nkoltang.
Le gouvernement entend, à travers cette démarche, tourner définitivement la page d’un modèle dépassé de gestion des déchets et engager le Gabon sur la voie d’une gouvernance environnementale plus responsable, au service de la santé publique, de la protection des ressources naturelles et de l’amélioration du cadre de vie urbain.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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