Gabon : Grand Libreville, les déguerpissements débuteront le 4 novembre
Libreville, Mardi 27 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Le gouvernement gabonais a fixé au 4 novembre 2026 le début des opérations de libération des emprises routières destinées à permettre l’élargissement de deux axes stratégiques du Grand Libreville. Annoncée lundi par le porte-parole du gouvernement, Emmanuel Eyeghe Nze, lors d’une déclaration à Libreville, cette décision ouvre une nouvelle phase des projets d’aménagement inscrits dans le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Derrière l’ambition de fluidifier la circulation et de moderniser les infrastructures, l’opération soulève un enjeu social majeur, celui du déplacement de centaines de constructions et de la prise en compte des familles concernées.
Les travaux portent sur deux corridors, le tronçon reliant le dispensaire d’Okala à la centrale de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) d’Okala, et l’axe Lac Bleu–Diba Diba. Les routes projetées doivent atteindre une largeur de 30 mètres, avec deux fois deux voies, des trottoirs, des voies d’arrêt d’urgence et des couloirs réservés aux réseaux d’eau, d’électricité et de télécommunications. L’objectif est de renforcer les capacités de circulation tout en intégrant les équipements nécessaires au fonctionnement urbain.
Selon Emmanuel Eyeghe Nze, les tracés ont été optimisés afin de limiter les répercussions sur les riverains. Mais les chiffres du recensement donnent la mesure des conséquences concrètes de l’opération. Sur l’axe d’Okala, 67 bâtiments ont été identifiés comme impactés, dont 13 appartenant à des propriétaires disposant de titres fonciers. Sur le corridor Lac Bleu–Diba Diba, 203 bâtiments sont concernés, soit 53 dans la zone du Lac Bleu et 150 à Diba Diba. Aucun titre foncier n’y aurait été recensé, selon les données présentées par le gouvernement.
Ces chiffres décrivent l’ampleur matérielle du chantier, mais ne résument pas la complexité des situations humaines et foncières. L’absence de titre recensé ne signifie pas, à elle seule, qu’aucun droit ou aucune situation particulière ne mérite d’être examiné. L’identification des occupants, la vérification des documents disponibles et le traitement des contestations seront donc déterminants pour prévenir les conflits et garantir une mise en œuvre compréhensible par les populations.
Pour accompagner les personnes touchées, l’Exécutif annonce une aide financière au relogement, la mise à disposition de parcelles à Malibé, dans la commune d’Akanda, ainsi qu’un dispositif facilitant la réinscription scolaire des enfants concernés. Trois guichets d’accompagnement doivent ouvrir le 28 octobre à Okala, aux Charbonnages et à Diba Diba. Une mission conjointe des ministères chargés de l’Habitat et des Travaux publics doit également rencontrer les collectifs d’habitants dès ce 27 octobre.
Le gouvernement entend ainsi associer dialogue et aménagement, tout en appelant les populations au calme et à la collaboration. Emmanuel Eyeghe Nze a rappelé que « derrière chaque habitation concernée, se trouvent une famille, une histoire et des attaches qu’aucune opération d’aménagement ne saurait ignorer ».
Cette déclaration souligne le défi central de l’opération. Une infrastructure peut améliorer durablement la mobilité urbaine, mais sa légitimité dépend aussi de la manière dont sont traitées les personnes qui en supportent le coût immédiat. La clarté des critères d’accompagnement, l’accessibilité des guichets, la transparence dans l’examen des dossiers et le suivi effectif des solutions de relogement seront aussi importants que le calendrier des travaux.
À partir du 4 novembre, le Grand Libreville entrera donc dans une phase sensible de sa transformation routière. La réussite de ces projets ne se mesurera pas uniquement aux voies construites ou à la circulation améliorée. Elle dépendra également de la capacité des autorités à concilier intérêt collectif, respect des droits et accompagnement concret des familles. Moderniser la ville suppose de préparer ses infrastructures sans reléguer au second plan les habitants qui la font vivre.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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