Gabon – Grève à l’Éducation nationale : le gouvernement ouvre la commission tripartite pour désamorcer la crise
Libreville, Mardi 13 Janvier 2025 (Infos Gabon) – Face à la paralysie du secteur éducation, les autorités gabonaises enclenchent un dialogue institutionnel de haut niveau avec les syndicats et le collectif SOS Éducation, sur fond de fortes attentes et de polémiques persistantes.
Les travaux de la Commission interministérielle tripartite, placée sous la présidence du Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, se sont officiellement ouverts ce mardi à Libreville, en présence de plusieurs membres du Gouvernement. Cette instance de concertation marque une nouvelle étape dans la gestion de la grève générale qui secoue l’Éducation nationale depuis la reprise des cours le 5 janvier dernier.
Un cadre formel de dialogue pour sortir de l’impasse
La mise en place de cette commission traduit, selon les autorités, la volonté de l’État d’apporter des réponses responsables, concertées et durables aux revendications portées par les partenaires sociaux, notamment le SENA, le SYNETECHPRO, ainsi que les enseignants regroupés au sein du collectif SOS ÉDUCATION. L’enjeu est de taille : rétablir un climat social apaisé et garantir la continuité du service public de l’éducation.
Pour le gouvernement, la prise en compte progressive des préoccupations exprimées par les enseignants constitue un levier essentiel pour restaurer la confiance et permettre un retour rapide et durable à la normale dans les établissements scolaires à travers le pays.
La ministre de l’Éducation appelle à la responsabilité collective
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a tenu à saluer l’implication de l’ensemble des acteurs engagés dans ce processus de dialogue.
« J’ai saisi cette occasion pour adresser mes sincères remerciements au Président de la République pour son soutien constant, à mes collègues pour leur esprit de solidarité, aux partenaires sociaux, ainsi qu’à l’ensemble des enseignants réunis au sein du collectif SOS Éducation pour leur sens de responsabilité et leur engagement constructif », a-t-elle déclaré.
La ministre d’Etat a exprimé l’espoir que cette dynamique de collaboration débouche sur des résultats concrets et porteurs d’avenir, tout en réaffirmant son attachement au dialogue social et à la recherche de solutions concertées.
Des avancées actées en amont des travaux
Bien avant l’ouverture officielle de cette commission, un arrêté tripartite interministériel avait déjà été signé à l’issue des travaux tenus les 11 et 12 janvier. Ce texte intègre plusieurs revendications formulées par les organisations syndicales et le collectif SOS ÉDUCATION, traduisant une première série d’avancées dans les négociations.
À cette occasion, les enseignants ont notamment été rassurés sur l’engagement de la Fonction publique à régulariser l’ensemble des situations administratives en souffrance (recrutements, intégrations, avancements et reclassements) conformément aux instructions du Chef de l’État, également Chef du gouvernement.
La polémique des vacations, un point de crispation majeur
Toutefois, au-delà de ces avancées, un sujet continue d’alimenter la tension : celui des montants de vacations versés aux enseignants. Des documents largement relayés sur les réseaux sociaux ont fait état de sommes jugées minimes, voire dérisoires, suscitant indignation et incompréhension au sein du corps enseignant.
À ce sujet, au ministère de l’éducation nationale, les choses ont été clarifiées pour étouffer la polémique. Des erreurs ont été portées sur certains bordéreaux, ont-ils expliqué, ajoutant que les montants versés couvrent 50% des montants dus. L’issue des travaux de la commission tripartite nous en dira davantage.
Une attente forte de résultats concrets
Alors que les discussions s’engagent, les enseignants restent suspendus aux conclusions de cette commission, condition essentielle à la levée de la grève et à la reprise effective des cours. Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de transformer ce cadre de dialogue en décisions opérationnelles, capables de répondre aux attentes sociales tout en préservant la stabilité du système éducatif national.
Les prochains jours s’annoncent donc décisifs pour l’avenir immédiat de l’école gabonaise.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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