Gabon – Grève des enseignants : SOS Éducation et le SENA durcissent le ton, les classes toujours fermées
Libreville, Samedi 17 Janvier 2026 (Infos Gabon) – Le bras de fer entre le gouvernement et les enseignants gabonais s’intensifie. Réunis en assemblée générale ce samedi au stade de basket d’Awendjé, les enseignants membres du collectif SOS Éducation et du Syndicat national des enseignants (SENA) ont décidé, à l’unanimité, de durcir le mouvement de grève entamé le 5 janvier dernier, balayant ainsi les espoirs d’une reprise imminente des cours.
Une assemblée générale décisive
Dans une enceinte archicomble, les enseignants ont clairement rejeté le mot d’ordre de suspension de la grève annoncé mercredi à Martine Oulabou par un groupe de SOS Éducation, tenu par Jean Chrisostome Ndong Békalé. Pour la majorité des grévistes présents, cette décision ne reflète ni la volonté de la base, ni l’issue d’un consensus formel.
« Il n’y a eu aucun dialogue réel avec le gouvernement, puisqu’aucun procès-verbal ne vient l’attester », ont martelé les enseignants, qui réclament désormais une audience directe avec le Président de la République afin de lui soumettre personnellement leur cahier de charges.
Des revendications jugées insuffisamment prises en compte
Prenant la parole au nom des enseignants, le porte-parole du lycée Léon Mba, se présentant également comme la voix des collectifs d’autres établissements, a dénoncé ce qu’il qualifie de réponses partielles et insuffisantes des autorités.
Selon lui, sur près de 27 000 situations administratives en attente, le gouvernement n’a évoqué que la régularisation de 4 000 dossiers et la codification de 6 574 situations, des chiffres jugés dérisoires face à l’ampleur du problème. Il estime que les deux ans et demi de trêve sociale accordés aux autorités n’ont pas été mis à profit pour régler des dysfonctionnements pourtant anciens et bien connus.
Soutiens et détermination affichée
Les enseignants ont reçu le soutien de figures syndicales emblématiques, dont Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, venus renforcer la détermination des grévistes. Tous ont opposé un refus catégorique à toute reprise des cours, malgré les récentes annonces gouvernementales.
Le mot d’ordre est clair : aucune salle de classe ne rouvrira le lundi 19 janvier. Les slogans brandis dans le stade résumaient l’état d’esprit général : « No Money, No School » (« Pas d’argent, pas d’école »).
La décision de suspendre la grève prise par un groupe de SOS Éducation a suscité une vive controverse. Le SENA et la majorité du collectif accusent leurs collègues d’avoir anticipé l’assemblée générale, de ne pas représenter la majorité des enseignants, et d’avoir agi sans mandat clair de la base.
Au cœur de la colère, le décalage entre les chiffres officiels annoncés et la réalité des émoluments perçus. Les grévistes dénoncent une politique de « deux poids, deux mesures », s’interrogeant notamment sur la mise en solde des sortants de l’ENS non encore affectés, alors que les instituteurs issus de l’ENI demeurent sous le régime précaire du pré-salaire.
Ce durcissement du mouvement social pénalise directement les élèves, déjà marqués par les perturbations scolaires des années précédentes. Beaucoup redoutent le retour des « vieux démons » des années scolaires tronquées et des programmes inachevés.
Menaces de sanctions et climat de tension
Face à la persistance de la grève, le gouvernement a annoncé le déploiement dès lundi des inspecteurs de l’Inspection générale des services sur le terrain, afin d’identifier les enseignants présents ou absents à leur poste. Les autorités brandissent la menace de mise sous bon de caisse pour service non fait, accentuant un climat déjà fortement tendu.
Entre durcissement du ton syndical et fermeté affichée de l’exécutif, le secteur éducatif gabonais s’enfonce dans un bras de fer dont l’issue demeure incertaine, au détriment, une fois de plus, des apprenants.
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