Gabon : Infos241 suspendu jusqu’à nouvel ordre
Libreville, Mercredi 12 Août 2026 (Infos Gabon) – La Haute Autorité de la communication (HAC) a décidé, lundi 10 août 2026, de suspendre jusqu’à nouvel ordre le média en ligne Infos 241.
Cette décision intervient dans un climat où la liberté d’expression, la responsabilité éditoriale et la régulation des médias numériques occupent une place croissante dans le débat public gabonais. Au cœur de la controverse, la publication d’un contenu mettant en cause le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et sa famille.
Selon la HAC, le média aurait relayé des accusations qu’elle considère comme non vérifiées, injurieuses et particulièrement virulentes. L’instance de régulation estime que cette publication constitue une violation du Code de la communication ainsi que des dispositions encadrant l’usage des réseaux sociaux. La sanction prononcée, sans échéance annoncée, place ainsi Infos 241 dans une situation d’incertitude quant à la reprise de ses activités.
À l’origine de la controverse se trouve un article reprenant les propos d’Anges Landry Mbeng, connu sous le nom de « Lanlaire », influenceur et activiste gabonais installé en Europe. Le contenu, qui s’en prend directement au chef de l’État et à son entourage familial, a rapidement suscité de nombreuses réactions dans le pays.
La HAC considère que le média ne pouvait reprendre de tels propos sans respecter les obligations qui s’imposent aux organes de presse. Pour l’autorité de régulation, la liberté éditoriale ne saurait exonérer les médias de leur responsabilité lorsqu’ils diffusent des accusations susceptibles de porter atteinte à la réputation des personnes visées.
Infos 241 conteste cependant la lecture faite par le régulateur. Dans une réaction publique, le média accuse la HAC de s’être prononcée sans avoir, selon lui, examiné correctement l’article à l’origine de la sanction. Une contestation qui transforme désormais l’affaire en débat plus large sur les frontières entre responsabilité journalistique, liberté d’informer et pouvoir de régulation.
La portée politique de cette décision ne peut être ignorée. Le contenu à l’origine de la suspension a déclenché une vive polémique au Gabon. Plusieurs soutiens et proches du président Oligui Nguema ont demandé que des poursuites judiciaires soient engagées contre Lanlaire et les personnes présentées comme ayant participé à la diffusion de ses accusations. L’affaire dépasse donc désormais le seul cadre d’un différend entre un média et son autorité de régulation.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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