Gabon-Italie : Le pari des projets concrets
Libreville, Samedi 3 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Entre Libreville et Rome, la coopération cherche désormais un nouveau terrain d’expression. Reçu le 2 octobre par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’ambassadeur d’Italie au Gabon, Stefano Moscatelli, a échangé avec le chef de l’État sur une séquence diplomatique qui pourrait dépasser le traditionnel registre des relations bilatérales.
Au centre des discussions, la prochaine Semaine Gabono-Italienne et les perspectives du Plan Mattei pour l’Afrique dessinent une ambition plus large : faire de la coopération un instrument d’investissement, de formation et d’insertion pour la jeunesse.
Le rendez-vous de Libreville, prévu du 16 au 20 novembre, servira d’abord de vitrine à la culture italienne, à son patrimoine, à ses traditions et à ses savoir-faire. Mais l’enjeu politique et économique de cette manifestation réside précisément dans ce qu’elle peut produire au-delà de la scène culturelle. Pour le Gabon, elle doit devenir un espace de rencontres entre entrepreneurs, créateurs, investisseurs et professionnels des deux pays.
Cette inflexion est significative. Dans un contexte où Libreville cherche à diversifier ses partenariats et à attirer davantage de capitaux, la relation avec l’Italie peut être abordée comme une plateforme d’échanges susceptible de connecter les entreprises gabonaises à des compétences, des marchés et des réseaux nouveaux.
La culture comme porte d’entrée économique
Le choix de commencer par la culture n’est pas anodin. Le tourisme, les industries créatives, l’artisanat, le patrimoine et les métiers liés à la création constituent autant de secteurs où les échanges peuvent déboucher sur des collaborations économiques.
La Semaine Gabono-Italienne doit ainsi permettre aux publics et aux professionnels de mieux connaître l’offre italienne, mais également de valoriser les potentialités gabonaises. Le véritable intérêt du rendez-vous sera toutefois sa capacité à provoquer des connexions durables entre acteurs privés.
Les rencontres entre entrepreneurs gabonais et italiens doivent notamment permettre d’identifier des projets, de confronter les besoins et de rechercher des formes de partenariat. Une telle approche change la nature du dialogue bilatéral. La diplomatie ne se mesure plus seulement au nombre de rencontres officielles, mais à sa capacité à faire émerger des activités économiques et des coopérations qui survivent aux agendas politiques.
Pour Libreville, le message est donc clair : la coopération internationale doit produire des effets mesurables sur l’économie réelle.
Le capital humain au cœur de la relation
Cette ambition passe aussi par les compétences. La formation et le transfert de savoir-faire apparaissent comme l’un des leviers les plus directement utiles à la jeunesse gabonaise.
L’enjeu consiste à créer des passerelles permettant aux jeunes d’accéder à de nouvelles formations, de découvrir d’autres pratiques professionnelles et de renforcer leurs capacités dans des secteurs où le Gabon souhaite développer son économie. Entrepreneuriat, tourisme, métiers de la création ou formation professionnelle peuvent constituer des terrains privilégiés pour ces échanges.
Cette dimension est essentielle dans une économie qui cherche à transformer ses ressources et à accroître la valeur produite localement. Un partenariat international devient beaucoup plus structurant lorsqu’il permet non seulement d’attirer un investissement, mais également de transmettre des compétences, de faire émerger des fournisseurs locaux et de préparer une main-d’œuvre capable d’occuper progressivement des fonctions qualifiées.
La jeunesse devient ainsi le point de rencontre entre diplomatie et développement. Pour le Gabon, la question n’est plus simplement de savoir quels investisseurs peuvent venir, mais quelles compétences et quelles perspectives professionnelles peuvent être créées à travers leur présence.
Le Plan Mattei comme nouvelle fenêtre
L’autre dimension stratégique des discussions concerne le Plan Mattei pour l’Afrique, initiative italienne destinée à renforcer les partenariats avec le continent dans plusieurs secteurs de développement. Pour Libreville, cette initiative ouvre un cadre supplémentaire pour explorer des projets avec Rome et inscrire la relation bilatérale dans une dynamique plus large.
Le Gabon peut y voir une opportunité de renforcer ses échanges avec l’Italie autour d’investissements, de formation, d’entrepreneuriat et de développement économique. Mais cette possibilité ne vaut que si elle débouche sur des projets identifiables, financés et exécutables.
C’est précisément là que se situe le principal enjeu de la nouvelle séquence. Les déclarations diplomatiques peuvent créer un climat favorable, mais elles ne constituent pas encore des investissements. Les rencontres d’affaires doivent produire des partenariats, les programmes de formation des compétences et les discussions économiques des projets suffisamment solides pour créer de l’activité.
La rencontre entre Oligui Nguema et Stefano Moscatelli prend donc une portée qui dépasse la préparation d’un événement culturel. Elle marque la volonté de Libreville de densifier une relation avec Rome en l’orientant davantage vers l’économie et le capital humain.
Le rendez-vous de novembre constituera une première occasion de mesurer cette ambition. Si la culture peut rapprocher les sociétés, ce sont les projets qui donnent une profondeur durable aux relations entre États. Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de convertir la proximité diplomatique avec l’Italie en investissements, en compétences, en entreprises et en emplois. C’est à cette condition que la coopération cessera d’être seulement une relation entre gouvernements pour devenir une relation créatrice de valeur pour les deux économies.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
Copyright Infos Gabon
LIRE AUSSI Gabon : L’administration prépare sa relève

















