Société

Gabon : La défiance policière

Libreville, 28 janvier 2013 (Infos Gabon) – Plusieurs faits récents amènent à s’inquiéter du risque d’une véritable bataille armée entre groupes des forces de sécurité gabonaise.

On a  dénoncé en son temps les bavures des nouvelles recrues, leur moralité d’anciens « cool mondjers », certains ont même été radiés publiquement par leur hiérarchie ; certains, mais pas tous manifestement.

En effet, il apparaît maintenant des cas défiances aux autres autorités de l’Etat quand ce n’est pas à l’autorité supérieure ou hiérarchique.

Telle est en réalité la problématique des récents cas de bagarres entre policiers et gendarmes et du cas de résistance armée des policiers de l’Oclad à leur arrestation au Parquet de Libreville.

Concernant les rixes qui ont opposés les policiers et gendarmes à la gare routière, il ressort qu’ils ont toujours débutés par l’initiative des policiers  de la PJ d’aller intervenir dans les actes de service des gendarmes.

Dans une version des faits, des policiers de la PJ (police judiciaire) sont allés intervenir auprès des gendarmes à la demande d’un commerçant ambulant qui se  plaignait que les gendarmes avaient saisi ses marchandises.

D’après l’autre version, les policiers sont allés intervenir auprès des gendarmes qui avaient saisi le téléphone portable du petit frère d’un élément de la PJ.

Cela n’y partait pas à première vue, mais ces deux versions qui seraient à l’origine des récentes bagarres policiers –gendarmes révèlent qu’il s’est posé un problème de défiance des policiers  à  l’égard de l’autorité des gendarmes.

En effet, quand on sait que  les policiers de la PJ ont pour mission de rechercher les bandits auteurs ou complices d’infractions à la loi pénale ; il apparaît qu’ils ne seraient autorisés à intervenir auprès des gendarmes que si ceux-ci avaient gardé à vue des délinquants que la PJ recherchait également pour ainsi négocier leur transfert à la PJ.

Or dans les deux versions, le commerçant contrevenant ou tiers saisi était libre de ses mouvements ; l’intervention des policiers de la PJ était donc mal fondée en droit car n’étant pas dans le cadre de leur mission légale.

Certains policiers allèguent l’argument de la compétence territoriale des policiers en zone urbaine ; mais c’est avant tout leur mission qui s’étend dans un espace territorial déterminé.

Il se trouve que dans les deux versions à, l’origine de la bagarre, la gendarmerie était postée sur la route nationale qui traverse la gare routière ; et même, en zone strictement urbaine, les actes de police judicaire et de contrôle des policiers, ne doivent pas s’opposer ou affronter ceux des gendarmes ; bien au contraire, ils doivent collaborer, être complémentaires et solidaires faces aux usagers en contravention ou en infraction.

L’autre cas particulièrement grave de défiance à l’autorité est celui qui s’est illustré au parquet de Libreville  où des policiers de l’Oclad ont résisté à leur arrestation par les agents de la sécurité pénitentiaire, en menaçant de faire usage de leurs armes à feux de type « fama ».

Et pourtant ces policiers venaient d’être l’objet de mandats de dépôts délivrés par le procureur de la république après qu’ils avaient été accusés de trafic de stupéfiants -art. 208-du code pénal – par un trafiquant; et que leur hiérarchie à la police en avait été saisi ; ce qui voudrait dire que la procédure aurait été observé.

Cela voudrait également dire que dans le fond de l’affaire, ces agent de l’Etat auraient certainement soustrait des saisis des stupéfiants, des quantités qu’ils auraient ensuite fournis à leur accusateur ; lorsqu’on considère la valeur marchande des drogues comme l’opium, l’héroïne etc. ; il s’agirait de choses détournées ou soustraites d’une valeur supérieure à 250.000 FCFA, donc, d’un crime pour des fonctionnaires-art.141 CP.

En dépit de cela, l’autorité du procureur de la république et celle des agents de la sécurité pénitentiaires auront été bafouées par ces agents de police de l’Oclad ; les agents de l’unité spéciale appelés en renfort par le procureur auront subi la même défiance.

D’où que si l’on y prend garde, ces actes de défiances des policiers, s’ils venaient à être suivis par d’autres ; causeraient une chienlit illustrée par des actes de défiances répétées, assorties du risque de violences -art. 149-d’échanges de coups de feux mortels -art. 164- et même de mutinerie -art. 79 et suivants CP; à titre de rappel, la mutinerie est l’expression la plus forte d’une défiance des militaires à l’autorité hiérarchique.

FIN/INFOSGABON/PK/MM/2013

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