Gabon : L’agripreneuriat féminin au cœur d’une nouvelle ambition régionale
Libreville, Mercredi 11 Mars 2026 (Infos Gabon) – Pendant plusieurs jours, Libreville va se transformer en plateforme de réflexion sur l’avenir agricole du Bassin du Congo.
Sous l’égide de la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, un atelier régional consacré à l’agripreneuriat féminin réunit dans la capitale gabonaise des entrepreneures venues de plusieurs pays d’Afrique centrale.
Organisé avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), cet événement rassemble des participantes originaires du Cameroun, de la République du Congo, de la République démocratique du Congo, de la République centrafricaine et de la Guinée équatoriale. L’objectif affiché : renforcer les capacités des femmes engagées dans l’agriculture tout en favorisant l’émergence de réseaux économiques à l’échelle régionale.
L’agripreneuriat, nouveau levier du développement rural
Au cœur des discussions figure un concept qui gagne du terrain dans les politiques publiques africaines : l’agripreneuriat, qui consiste à considérer l’agriculture non plus seulement comme une activité de subsistance mais comme un véritable secteur entrepreneurial.
Dans cette perspective, les femmes rurales occupent une place centrale. Longtemps cantonnées à un rôle discret dans la production agricole, elles apparaissent aujourd’hui comme des actrices majeures de la transformation du secteur.
L’atelier organisé à Libreville vise ainsi à encourager cette évolution en proposant aux participantes des formations, des échanges d’expériences et des opportunités de collaboration autour de projets agricoles innovants.
Une initiative inscrite dans la stratégie économique du Gabon
Au-delà de sa dimension technique, cette rencontre s’inscrit dans une orientation plus large impulsée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema : diversifier l’économie gabonaise et réduire la dépendance aux ressources pétrolières.
Dans cette stratégie, l’agriculture est appelée à jouer un rôle plus important. Le potentiel agricole du pays reste en effet largement sous-exploité, alors même qu’il pourrait contribuer à renforcer la sécurité alimentaire et à créer de nouvelles opportunités économiques.
En soutenant les initiatives portées par les femmes entrepreneures, les autorités espèrent également stimuler l’activité économique dans les zones rurales, souvent en marge des grands circuits d’investissement.
Construire un réseau régional d’entrepreneures agricoles
L’atelier ne se limite pas à des échanges ponctuels. Les organisateurs ambitionnent de jeter les bases d’une véritable plateforme régionale de coopération entre femmes agripreneures du Bassin du Congo.
Cette dynamique repose notamment sur le partage d’expériences entre entrepreneures confrontées à des défis similaires : accès au financement, modernisation des techniques agricoles, transformation des produits ou encore accès aux marchés.
Le projet bénéficie également du soutien de la Fondation de l’Institut Agrobabe, qui accompagne les jeunes entrepreneures rurales dans la structuration de leurs activités et la recherche de financements.
Une forme de diplomatie agricole
En accueillant cet atelier régional, Libreville cherche également à affirmer son rôle dans les réflexions sur le développement durable et la sécurité alimentaire en Afrique centrale.
La participation de plusieurs pays du Bassin du Congo confère à l’événement une dimension diplomatique. À travers ce type d’initiative, le Gabon entend renforcer ses partenariats régionaux tout en consolidant sa présence dans l’espace francophone.
Cette stratégie s’inscrit dans une approche plus large visant à diversifier les formes de coopération internationale, notamment dans des secteurs liés au développement durable et à l’innovation économique.
L’enjeu social derrière l’agriculture
Pour les participantes, ces journées de travail représentent bien plus qu’un simple atelier. Elles offrent l’occasion d’accéder à des réseaux professionnels, de développer des projets communs et de renforcer la viabilité économique de leurs activités.
Mais l’impact attendu dépasse le cadre entrepreneurial. L’agripreneuriat féminin est également perçu comme un outil de transformation sociale, susceptible de créer des emplois en milieu rural et de freiner l’exode vers les grandes villes.
En plaçant les femmes au cœur de cette dynamique, les promoteurs de l’initiative entendent rappeler que la souveraineté alimentaire et la prospérité économique de la région passent aussi par la valorisation du potentiel agricole.
Et dans cette transformation, les femmes du Bassin du Congo pourraient bien devenir les figures centrales d’un nouveau modèle de développement rural.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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