Gabon : l’alerte de Manfoumbi pour éviter un décrochage dans la révolution numérique africaine
Libreville, Samedi 22 Novembre 2025 (Infos Gabon) – L’Afrique avance à grands pas vers la transformation numérique, et la nouvelle initiative annoncée conjointement par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et Google en est une preuve éclatante.
À travers un programme ambitieux de formation destiné à 7 500 petites et moyennes entreprises (PME) du continent, l’objectif est clair : préparer les entrepreneurs africains à maîtriser les outils numériques et l’intelligence artificielle, moteurs incontournables de la compétitivité mondiale.
Si cette annonce a été largement saluée à travers l’Afrique, elle a aussi fait naître un malaise au Gabon, pointé du doigt par l’ancien ministre du Budget, Yves Fernand Manfoumbi. Pour lui, l’absence du pays dans cette première sélection résonne comme une alerte sévère.
Une initiative saluée comme un tournant pour les PME africaines
Dans une déclaration ferme mais enthousiaste faite vendredi, Mr Manfoumbi a d’abord tenu à reconnaître la portée majeure du projet. Selon lui, ce programme marque une étape décisive dans la montée en puissance du continent sur l’échiquier numérique mondial.
« Cet accord entre la ZLECAF et Google représente une avancée immense pour l’intégration économique africaine. Il rejoint l’ambition que j’ai toujours défendue : offrir aux entrepreneurs africains les moyens d’être compétitifs, innovants et souverains dans l’économie numérique », a-t-il déclaré.
L’initiative permettra aux PME sélectionnées de bénéficier d’un accompagnement sur mesure en compétences digitales, gestion des données, cybersécurité, commerce électronique et intelligence artificielle. Ce sont des domaines qui sont, il faut le dire, désormais essentiels pour conquérir de nouveaux marchés, améliorer la productivité et réduire les inégalités territoriales.
L’absence du Gabon : un symptôme préoccupant
Mais derrière ces félicitations, la prise de parole de l’ancien ministre a surtout mis en lumière un vide inquiétant : le Gabon n’a pas été retenu parmi les pays bénéficiaires. Un constat qu’il juge alarmant.
« Cette absence doit être interprétée comme un signal d’alarme. Elle révèle l’urgence de transformer notre environnement économique, de soutenir nos entrepreneurs et de rendre notre pays plus attractif pour des initiatives de cette portée », a-t-il insisté.
Selon lui, ce manque d’inclusion traduit des faiblesses structurelles persistantes : un écosystème entrepreneurial encore fragile ; un retard en matière de digitalisation ; un accompagnement insuffisant des PME ; une absence de visibilité du Gabon sur les plateformes internationales d’innovation.
Autrement dit, le pays risque de rester à la périphérie de la révolution numérique qui redéfinit actuellement les échanges, les industries et les modèles économiques africains.
Un appel pressant aux dirigeants et acteurs économiques
Face à ce constat, Yves Fernand Manfoumbi a lancé un appel direct au gouvernement et aux institutions économiques nationales. Il est impératif, dit-il, d’accélérer les réformes de fond et de renforcer l’environnement des affaires.
Il appelle notamment à : moderniser urgemment l’écosystème numérique ; soutenir les PME avec des politiques ambitieuses et durables ; intensifier les formations aux compétences digitales ; créer des incitations pour attirer les programmes de coopération technologique ; développer des hubs technologiques nationaux capables de porter l’innovation locale.
« Le Gabon dispose d’un potentiel immense. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de rester spectateurs alors que le continent se prépare aux transformations majeures du XXIᵉ siècle », a-t-il déclaré.
Un enjeux majeur pour la souveraineté et l’avenir du pays
La sortie de Mr Manfoumbi intervient dans un moment crucial pour l’Afrique. La digitalisation n’est plus une option, mais un pilier de souveraineté, de croissance et de stabilité économique.
Les pays capables d’intégrer rapidement les nouvelles technologies seront les mieux placés pour attirer les investisseurs, créer des emplois qualifiés et affronter les défis de l’économie mondiale.
Dans ce contexte, l’appel de l’ancien ministre dépasse la critique technique : il interroge la stratégie nationale et la volonté politique de faire du Gabon un acteur incontournable de la nouvelle économie africaine.
Un débat essentiel pour l’avenir numérique du Gabon
Cette prise de position pose une question fondamentale : comment éviter que le Gabon reste en marge des grandes initiatives africaines ? La réponse réside sans doute dans une réforme profonde de l’écosystème entrepreneurial, un engagement accru en faveur de l’innovation, et un renforcement des partenariats continentaux et internationaux.
Car une certitude émerge de ce débat : le train de la révolution numérique est déjà en marche. Reste à savoir si le Gabon choisira de le prendre maintenant, ou de courir derrière plus tard, au risque d’un retard difficile à rattraper.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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