Politique

Gabon : Les propositions de Dieudonné Minlama Mintogo

Libreville, Dimanche 20 Janvier 2019 (Infos Gabon) – Dans une déclaration faite la semaine dernière à Libreville, le président du parti Ensemble pour la République propose quelques pistes de sortie à la situation actuelle que traverse le pays.

Dieudonné Minlama Mintogo a bâti sa déclaration autour de deux faits majeurs : le malaise dont a été victime le président de la République, Ali Bongo Ondimba, le 24 octobre dernier à Riyad en Arabie Saoudite et le putsch manqué du 7 janvier dernier perpétré par une poignée de mutins contre les institutions en place.

Des événements qui, à son avis, «mettent actuellement en très grande difficulté notre vivre-ensemble». «Notre pays le Gabon, n’a jamais été aussi proche de l’explosion, aussi proche de sombrer dans l’impasse…», a-t-il fait remarquer.

«Je voudrais simplement, que les uns et les  autres retiennent,  que notre pays est plongé dans une grande crise politique, économique  et sociale,  qui entame sérieusement et met en danger les fondements  qui soutiennent notre vivre-ensemble», s’offusque le candidat à la dernière élection présidentielle de 2016.

L’homme politique va même jusqu’à détailler les manifestations de cette crise multiforme que traverse le Gabon.

Au plan politique, il pense que la démocratie gabonaise souffre de sa Constitution et de ses élections. «La situation que nous vivons actuellement nous montre clairement que notre Constitution comporte encore plusieurs lacunes et limites. Aucune disposition constitutionnelle  n’existe sur la gestion du pouvoir dans le cas d’une indisponibilité  temporaire du chef de l’Etat», s’indigne-t-il.

«Que dire de notre système électoral? Les dernières élections législatives et locales  ont  fait ressortir les énormes lacunes que comporte ce  système : une biométrie toujours non accomplie (sans authentification ni interconnexion), un net recul sur l’identification de l’électeur (la seule carte d’électeur suffit désormais pour identifier l’électeur), un Centre gabonais des élections (non accompli : seul le président national est élu, au niveau local ce sont toujours des nominations ….)», dénonce Dieudonné Minlama Mintogo.

Au plan économique, le Gabon n’est non plus au mieux de sa forme. Le président du parti Ensemble pour la République met ainsi à l’index les dernières mesures d’austérité annoncées par le gouvernement qui, «sans mesures d’accompagnement, n’ont fait que renforcer la situation de précarité dans laquelle vit la très grande majorité des  Gabonais».

«L’arrêt de recrutements à la Fonction publique (principal pourvoyeur d’emplois)  a créé un sentiment  de désespoir au sein de notre jeunesse. Nos jeunes diplômés vivent dans la hantise et le stress du chômage. Les Gabonais restent encore totalement exclus du secteur privé: aucune mesure n’est prise pour permettre aux nationaux d’occuper certains pans de notre économie,  en dehors de leur principal rôle de consommateur», poursuit-il.

Au plan social, le Gabon est devenu, selon lui, un terrain fertile aux revendications rythmées par des grèves à n’en plus finir. A l’origine, le manque de ressources, des choix stratégiques contraires à la volonté du corps social et  l’apathie des dirigeants.

«Dans tous les cas, cette situation permanente de ‘non-travail’ constitue, à mes yeux, non seulement un facteur retardant dans la marche vers l’émergence,  mais aussi une ouverture à l’instabilité et au désordre», croit-il savoir.

«Qu’avons-nous fait des déflatés des entreprises publiques et parapubliques tombées à cause de la mauvaise gouvernance de certains compatriotes? Qu’avons-nous fait des victimes des différentes crises post-électorales de 1990 à nos jours? Que faisons-nous de toutes ces personnes qui ont été marginalisées à cause de leurs opinions politiques ou publiques? Quels gages offrons-nous à ceux qui ont peur d’affronter plus tard la justice à cause des actes indélicats posés dans l’exercice de leurs fonctions antérieures? Quid de la Loi sur l’Amnistie?», s’interroge-t-il.  

Pour surmonter ce magma bouillant, Dieudonné Minlama Mintogo fait une offre aux différentes forces vives de la nation.

«Face à cette situation, j’ai choisi non pas de descendre dans l’arène pour combattre ou m’allier à tel ou tel clan et renforcer les murs qui nous divisent et nous éloignent les uns des autres, mais de construire des ponts et passerelles qui nous unissent. Aussi, dans cette perspective je demande la tenue d’un dialogue national réellement inclusif», lance-t-il. Une initiative qui repose, selon son concepteur, sur quatre consensus majeurs.

A savoir : un consensus politique, un consensus économique, un consensus social et un consensus sur le vivre-ensemble. Pour faire aboutir son projet, il annonce la mise en place d’une plate-forme citoyenne et républicaine dénommée «Gabon nouveau départ».

«La plate-forme, «Gabon nouveau départ» entend accueillir en son sein tous les Gabonais  et toutes les Gabonaises, tous les mouvements  de la société civile, les confessions religieuses,  tous les partis politiques et toutes les personnalités qui adhèrent à notre démarche», explique Dieudonné Minlama Mintogo.

«Nous avons encore le temps de prendre le destin de notre pays en main. J’invite tous les Gabonais à se joindre à nous sur cette initiative. En effet,  les derniers événements,  que notre pays vient de connaitre nous imposent une réaction vive, prompte et ferme. Dans tous les cas,  si nous nous taisons, les armes parleront à notre place et quand les armes parlent, il  est difficile de les faire taire!», conclut-il.

FIN/INFOSGABON/PM/2019

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