Société

Gabon / Racket : Les Transporteurs mettent en place une caravane de pression interne d’une semaine

Libreville, Jeudi 13 Juin 2019 (Infos Gabon) – C’est la décision prise par le président du Syndicat libre des transports terrestres du Gabon (SYLTTEG) M. Robert Menié, à la faveur d’une interview qu’il a accordé à notre rédaction suite à la rencontre infructueuse qu’il a eu récemment avec le ministre des transports M. Justin Ndoundangoye.

Infos Gabon : Vous avez récemment eu une rencontre avec le ministre de transport, qui a découlé sur la mise en place d’un comité composé du ministère de la défense, celui de l’intérieur et des transports.N’est-ce pas une rencontre de plus ou une prise de conscience des autorités concernant le racket ?

Robert Menié : Une rencontre n’est jamais une rencontre de plus. Il ne faut pas se lasser de négocier et de dialoguer. C’est lorsque nous sommes au bout que nous arrivons à l’argument utile qui est la grève. Cette rencontre s’inscrit dans le droit fil de l’action syndicale qui est le dialogue pour toujours négocier. Bien entendu, tout cela a des limites. Lorsque nous allons explorer tous ces recours ; nous allons passer à une autre forme de lutte.

Infos Gabon : A mi-parcours de votre rencontre avec le ministre de transport, quels sont les signaux qui vous reviennent au sujet des dispositions qui ont été prises ?

Robert Menié : Il faut dire qu’au lendemain du dépôt du préavis de grève, les membres du gouvernement ont réagi promptement, notamment le ministre des transports M. Justin Ndounangoye et celui de l’intérieur de l’époque M. Lambert Noël Mata. Des mesures concrètes ont été prises par le gouvernement via ces deux autorités concernant le racket.

Il a été décidé de mettre fin au racket, offrir des gilets noirs aux policiers qui devront intervenir sur la voie publique, la mise en place d’une prison au sein de la FOPI en vue de mettre aux arrêts les policiers indélicats. Nous avons mis en place un document préparatoire que nous avons remis au ministre des transports, qui nous a rassuré l’avoir remis au premier ministre chef du gouvernement M. Julien Nkoghe Bekale.

Nous attendons  la concrétisation de ces dispositions, vu que le délai d’un mois accordé aux autorités pour rentre tout cela formel, vient d’expirer et nous ne voyons toujours pas d’amélioration se profiler à l’horizon. Eu égard à cela, nous avons décidé de la mise en place d’une caravane de pression interne pendant une semaine.

Il s’agit en effet, d’assiéger les bureaux de ces différents ministères. Au-delà de la persistance de ces tracasseries policières et du phénomène de racket, il y a l’augmentation du prix de carburant. Cette augmentation s’est faite de manière exponentielle. Le carburant diesel a grimpé de 40 francs, celui de l’essence et du pétrole lampant sont passés respectivement de 45 francs et 55 francs CFA. Ce qui fragilise notre secteur d’activité.

Infos Gabon : Plusieurs de ces transporteurs exercent en toute illégalité, n’est-ce pas là une occasion pour eux de favoriser le racket ?

Robert Menié : Il est bien vrai que nous avons des milliers de transporteurs qui ne sont pas tous des enfants de cœur. Certains sont dans l’illégalité. Par ailleurs, il ne faut pas non plus exagérer la portion des transporteurs en situation irrégulière.

Aujourd’hui, je peux vous rassurer que plus de 80% des transporteurs sont dans la légalité. Je crois que le problème est ailleurs, que vous soyez en règle ou pas, vous devez remettre de l’argent aux agents. Ce phénomène est tout simplement lié à la détermination de certains agents véreux.

Infos Gabon : Plus de quinze ans à la tête de cette formation syndicale, pouvez-vous énumérer certaines actions menées à votre actif ?

Robert Menié : La première action concerne le phénomène de racket. Il fut un temps ou cette expression n’avait pas droit de citer. Il est aujourd’hui dans l’agenda du gouvernement. C’est une avancée significative, et j’en ai payé de ma personne pour en avoir utilisé. 

Je crois que j’ai également réussi à donner de l’épaisseur aux transporteurs, un secteur jadis mal organisé, traité en moins que rien. Aujourd’hui, à travers ma modeste personne il est connu de tout le monde. C’est également, un secteur organisé avec des antennes provinciales, une feuille de route bien élaborée et bien d’autres.

Cependant, beaucoup reste à faire. De 2001, date de la création de notre syndicat à ce jour, je crois que notre discours est devenu audible et plus crédible.

Infos Gabon : Le Gabon vient de célébrer la journée international de l’environnement sous le thème la pollution de l’air, les véhicules sont également concernés, quel est votre avis ?

Robert Menié : Nous avons été interpellés par le gouvernement sur cette question de pollution. Je pense qu’à notre niveau, nous allons mettre en place des filtres antipollution au niveau des tuyaux d’échappement. Ces derniers auront pour rôle de réduire le taux de carburant, et d’améliorer la qualité du moteur. C’est notre modeste contribution dans cette lutte contre la pollution et par extension la préservation de notre environnement.

Infos Gabon : Quel est votre vision du bien-être des transporteurs ?

Robert Menié : Je veux qu’on arrive à un niveau où le transporteur peut exercer son activité en toute quiétude. Que l’on arrive à une situation de racket zéro. Je rêve d’un syndicat de transport bien organisé comme dans d’autres pays.

FIN/INFOSGABON/LK/2019

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