Gabon – Université Omar Bongo : les enseignants-chercheurs brandissent la menace d’une grève imminente
Libreville, Mercredi 21 Janvier 2026 (Infos Gabon) – La tension monte à l’Université Omar Bongo (UOB). Les enseignants-chercheurs, réunis au sein du Syndicat national des enseignants et chercheurs de l’UOB (SNEC-UOB), ont officiellement enclenché une procédure de grève en déposant, le mardi 20 janvier 2026, un préavis auprès des autorités universitaires et du ministère de l’Enseignement supérieur.
Une décision qui fait planer le risque d’une paralysie du campus dès la semaine prochaine.
Un ultimatum d’une semaine aux autorités
Réunis en assemblée générale, les syndicalistes ont décidé d’accorder un délai de sept jours aux pouvoirs publics pour apporter des réponses concrètes à leurs revendications. Passé ce délai, ils annoncent une cessation des activités pédagogiques, susceptible de perturber gravement le calendrier académique et le fonctionnement global de la première université du pays.
Cette démarche, expliquent-ils, vise à contraindre l’État et l’administration universitaire à sortir de ce qu’ils qualifient de « gestion attentiste » de dossiers jugés urgents et anciens.
Les vacations impayées au cœur de la crise
Parmi les principales revendications figure la question des vacations impayées, portant sur plusieurs années universitaires. Les enseignants-chercheurs dénoncent une dette persistante de l’État envers les vacataires, dont beaucoup assurent une part essentielle des enseignements.
À cette revendication centrale s’ajoutent : la régularisation de nombreuses situations administratives et financières ; le recrutement de personnel pour combler les postes vacants au sein de l’administration universitaire ; une meilleure gestion des ressources humaines et académiques.
Un cadre de dialogue réclamé
Le SNEC-UOB appelle également à la mise en place d’un cadre formel de concertation, associant l’administration universitaire, le ministère de tutelle et les représentants syndicaux. Objectif : examiner de manière concertée les nombreux dossiers en suspens et éviter la répétition cyclique des crises académiques.
Les enseignants dénoncent par ailleurs la situation préoccupante de l’Institut des langues, dont le statut juridique reste flou, ainsi que plusieurs décisions jugées contre-productives.
Des conditions de travail jugées indignes
Parmi les autres points de crispation figurent des contraintes matérielles et organisationnelles : absence d’électrification de certains espaces pédagogiques, dégradation des infrastructures, mais aussi l’imposition du port de l’uniforme à la Faculté des sciences, une mesure vivement contestée.
Le président du SNEC-UOB, le professeur Mathurin Ovono Ebé, a tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation continue des conditions de travail, évoquant des salles de cours insalubres, vétustes ou parfois inaccessibles, incompatibles, selon lui, avec l’application effective du système Licence-Master-Doctorat (LMD).
Tout en reconnaissant les efforts amorcés par le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, Charles Edgar Mombo, le syndicat estime que le temps presse. « Les enseignants de l’UOB ont unanimement décidé d’accorder une semaine aux autorités pour le règlement des vacations dues », a averti le président du SNEC-UOB, laissant peu de marge de manœuvre aux pouvoirs publics.
Vers une nouvelle crise académique ?
Cette menace de grève intervient dans un contexte déjà fragile pour l’enseignement supérieur gabonais, marqué par des interruptions récurrentes des cours et des perturbations du calendrier universitaire. Une nouvelle paralysie de l’UOB aurait des conséquences directes sur des milliers d’étudiants, déjà confrontés à l’incertitude académique.
Les prochains jours seront donc décisifs. À défaut d’un compromis rapide, l’Université Omar Bongo pourrait replonger dans une crise académique majeure, avec des répercussions durables sur l’année universitaire en cours.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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