L’Afrique centrale s’organise
Libreville, Lundi 29 Juin 2026 (Infos Gabon) – La naissance de la Conférence des Conseils Économiques et Sociaux d’Afrique Centrale marque bien davantage qu’une simple innovation institutionnelle.
Réunis à N’Djamena les 25 et 26 juin 2026, les représentants des Conseils économiques et sociaux de sept pays de la sous-région ont posé les bases d’un nouvel instrument de concertation régionale destiné à renforcer l’intégration, à structurer le dialogue entre les sociétés civiles et les pouvoirs publics, et à faire entendre une voix commune sur les grands enjeux du développement.
Dans un contexte où l’Afrique centrale peine encore à exploiter pleinement son potentiel économique malgré ses immenses ressources naturelles, la création de la Conférence des Conseils Économiques et Sociaux d’Afrique Centrale, désormais connue sous l’acronyme COCESAC, apparaît comme un signal politique fort. Plus qu’une nouvelle organisation, elle traduit une volonté de donner davantage de poids aux institutions consultatives dans la construction des politiques publiques régionales.
Le Gabon, désigné vice-président 1 de cette nouvelle structure, se positionne d’emblée au cœur de cette dynamique naissante.
Une nouvelle architecture pour le dialogue régional
L’événement organisé dans la capitale tchadienne restera comme une étape fondatrice dans l’histoire institutionnelle de l’Afrique centrale. Pour la première fois, les Conseils économiques et sociaux du Tchad, du Cameroun, du Congo, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, de la Guinée équatoriale et du Gabon ont décidé d’unir leurs efforts au sein d’un cadre permanent de coopération.
Les participants ont adopté à l’unanimité la Charte de N’Djamena, document fondateur qui établit les principes, les objectifs et les mécanismes de fonctionnement de la nouvelle organisation.
Cette initiative répond à une réalité souvent soulignée par les spécialistes de la gouvernance régionale. Les défis auxquels fait face l’Afrique centrale dépassent largement les frontières nationales. Emploi des jeunes, industrialisation, diversification économique, transition énergétique, sécurité alimentaire, protection de l’environnement ou encore cohésion sociale nécessitent désormais des réponses concertées.
La création de la COCESAC vise précisément à offrir un espace où les institutions consultatives pourront mutualiser leurs expériences, harmoniser leurs réflexions et produire des recommandations communes à destination des décideurs politiques.
Le Gabon au premier rang
La désignation du Gabon au poste de vice-président 1 constitue l’un des faits marquants de cette rencontre.
La délégation gabonaise, conduite par Geoffroy Foumboula Libeka, vice-président 2 du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel, accompagnée de la première secrétaire Tatiana Mireille Bouyou et du conseiller juridique Alain Martial Akue Mickala, a activement participé aux travaux qui ont abouti à la création de la nouvelle organisation.
Cette élection traduit la reconnaissance du rôle croissant joué par le CESEC gabonais dans les débats relatifs aux politiques publiques et au dialogue entre les institutions et les acteurs socio-économiques.
À travers cette responsabilité, le Gabon hérite d’une position stratégique lui permettant d’influencer les orientations futures de la conférence et de contribuer à l’émergence d’une vision régionale plus cohérente du développement.
Dans une période où Libreville cherche à renforcer son rayonnement diplomatique et institutionnel au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, cette nomination revêt également une dimension géopolitique non négligeable.
Vers une voix africaine plus influente
L’élection du premier bureau de la COCESAC consacre une architecture équilibrée entre les États membres. Le Tchad assure la présidence à travers le docteur-ingénieur Ahmat Mbodou Mahamat. Le Gabon occupe la première vice-présidence. Le Congo devient vice-président 2. Le Cameroun prend la responsabilité du trésor. La République centrafricaine hérite du rapport général et du secrétariat permanent.
Mais au-delà de la répartition des responsabilités, l’enjeu essentiel demeure la capacité de cette nouvelle organisation à produire une réelle valeur ajoutée pour les populations.
L’histoire institutionnelle africaine regorge d’organisations dont l’existence est restée largement symbolique. La réussite de la COCESAC dépendra de sa capacité à dépasser les déclarations de principe pour devenir une force de proposition crédible sur les questions économiques, sociales et environnementales.
Dans un monde où les grandes décisions économiques se prennent de plus en plus à l’échelle régionale et continentale, les sociétés civiles d’Afrique centrale ont besoin d’instances capables de porter leurs préoccupations dans les espaces de décision.
La création de la COCESAC ouvre cette possibilité. Avec le Gabon au premier plan de cette nouvelle architecture, l’Afrique centrale dispose désormais d’un outil supplémentaire pour transformer le dialogue en influence et les ambitions régionales en politiques concrètes. L’enjeu n’est plus de créer des institutions. Il est désormais de leur donner la capacité d’agir.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
Copyright Infos Gabon
LIRE AUSSI Gabon : L’État à portée de citoyen

















