Macky Sall vise l’ONU : une candidature africaine pour l’après-Guterres
Libreville, Lundi 2 Mars 2026 (Infos Gabon) – L’ancien président sénégalais entre officiellement dans la course au secrétariat général des Nations unies. Soutenue par le Burundi et appuyée par l’Union africaine, sa candidature s’inscrit dans un contexte mondial en recomposition.
La succession de Antonio Guterres est désormais lancée. Lundi 2 mars, une nouvelle candidature a été enregistrée au siège des Nations unies : celle de Macky Sall, ancien président du Sénégal.
L’annonce a été confirmée par la porte-parole de l’Assemblée générale, La Neice Collins, précisant que le dossier avait été transmis officiellement par la République du Burundi. Un détail loin d’être anodin : la candidature n’a pas été présentée par le Sénégal lui-même.
Une candidature portée par le Burundi, soutenue par l’Afrique
C’est le Burundi qui a pris l’initiative de déposer les documents officiels. Un choix stratégique alors que le pays assure actuellement la présidence de l’Union africaine.
Cette configuration permet d’inscrire la candidature de Macky Sall dans une logique continentale plutôt que strictement nationale. Selon plusieurs observateurs, l’objectif est clair : porter une voix africaine unifiée dans une compétition diplomatique où les équilibres géopolitiques sont déterminants.
L’Union africaine aurait d’ores et déjà exprimé son soutien, renforçant la crédibilité du dossier sur la scène internationale.
Une Afrique en quête de visibilité au sommet mondial
La désignation du prochain secrétaire général des Nations unies intervient dans un contexte international marqué par des tensions accrues, des conflits persistants et une redéfinition des rapports de force globaux.
Pour certains analystes, l’idée de voir un Africain accéder à la tête de l’ONU répond à une aspiration ancienne : celle d’une représentation plus équilibrée au sommet des institutions multilatérales.
L’argument en faveur de Macky Sall repose sur son expérience à la tête du Sénégal et sur son passage à la présidence de l’Union africaine entre février 2022 et février 2023. Durant ce mandat continental, il s’était attaché à défendre les intérêts africains sur des dossiers majeurs, notamment les financements internationaux et la réforme de la gouvernance mondiale.
Une procédure codifiée, un calendrier serré
En novembre dernier, les Nations unies ont officiellement invité les États membres à proposer des candidats au poste de secrétaire général. Chaque aspirant doit être présenté par un État ou un groupe d’États, sans obligation que ce soit son pays d’origine.
Le futur secrétaire général prendra ses fonctions le 1er janvier 2027. D’ici là, les consultations diplomatiques s’annoncent intenses, notamment au sein du Conseil de sécurité, dont l’aval est décisif dans le processus de nomination.
La candidature de Macky Sall devra ainsi franchir plusieurs étapes politiques majeures avant d’espérer aboutir.
Un profil marqué par un choix politique fort
Au Sénégal, Macky Sall avait renoncé à briguer un nouveau mandat lors de l’élection présidentielle de 2024, alors même que rien ne l’en empêchait juridiquement. Ce retrait avait été présenté comme un geste en faveur de l’apaisement démocratique et du respect des institutions.
Ce positionnement pourrait constituer un atout dans une course où la crédibilité institutionnelle et la capacité à incarner le consensus sont déterminantes.
Entre ambition personnelle et dynamique continentale
Reste à savoir si la candidature africaine saura fédérer au-delà du continent. Les jeux diplomatiques autour du poste de secrétaire général sont traditionnellement marqués par de subtils équilibres régionaux et par l’influence des grandes puissances.
Pour Macky Sall, l’enjeu dépasse la trajectoire personnelle : il s’agit aussi d’incarner, aux yeux de ses soutiens, une Afrique prête à jouer un rôle central dans la gouvernance mondiale.
La bataille ne fait que commencer. Et elle se jouera autant dans les couloirs feutrés de New York que dans les capitales du monde entier.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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