Politique

Masse salariale au Gabon : Ogandaga veut maîtriser les effectifs

Libreville, Mardi 2 Octobre 2017 (Infos Gabon) – Le ministre de la Fonction publique évoque quelques solutions pour sortir de ce cercle vicieux et permettre à l’Etat de faire des économies utiles aux investissements.

Evaluée à 710 milliards de francs CFA de dépenses pour rémunérer les 80 000 agents de l’Etat, la masse salariale au Gabon préoccupe. Au cours de sa dernière communication, le ministre de la Fonction publique a tiré la sonnette d’alarme sur la question et de donner la vision du gouvernement pour l’adapter conformément aux proportions édictées par les normes de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

«Dans le premier cas, nous savons les points à toucher. Dans le second, par contre, il va de soi qu’il faut limiter les occasions provoquant l’accroissement de la masse salariale. C’est la raison pour laquelle nous avons constaté que pour agir de façon durable sur la maîtrise de la masse salariale, il faut connaître de façon exacte les éléments produisant cette hausse. Ensuite, il faut que sur le plan organisationnel, nous ayons des outils faisant que nous restaurions dans l’administration gabonaise, le principe de «l’écrivain unique, lecteurs multiples», a estimé Jean-Marie Ogandaga.

«Cela revient à dire qu’il faudrait qu’il y ait une seule entrée au niveau de l’Etat en matière de recrutement et de production des éléments relatifs aux salaires de l’Etat. De telle sorte que tous les agents qui rentrent par la porte de la Fonction publique, soient utilisés par les départements ministériels dont la mission est de mettre en œuvre le Plan de relance économique (PRE). A partir de ce moment, nous saurons exactement combien nous avons provisionné en matière de salaires et de combien d’agents nous avons besoin», a-t-il poursuivi.

Selon lui, il convient de mettre en place des cadres organiques liés à l’environnement qui permettront de connaître la taille de chaque programme. «Dans ce sens, la Budgétisation par objectif de programme (Bop) doit s’arrimer de façon étroite au programme de mise en place des Directions centrales des ressources humaines (DCRH)», explique M. Ogandaga.

Pour le ministre de la Fonction publique, de la Modernisation du service public et de la Réforme de l’Etat, il convient plutôt d’affecter les financements en priorité aux investissements qu’à la masse salariale. «Si la masse salariale devient un problème, cela sous-entend que les acteurs chargés d’animer les politiques publiques deviendraient eux-mêmes un problème. Nous devons donc tout faire pour contenir la masse salariale dans des proportions permettant à l’Etat de fonctionner de façon efficiente», a-t-il souligné. Il suggère à cet effet de mettre en place des mécanismes de gestion.

«La masse salariale affectée à chaque administration doit être en adéquation avec les effectifs. Sinon l’on court le risque d’avoir une masse salariale inférieure ou largement supérieure aux effectifs en place. Nous devons également mettre en place un outil correctif faisant qu’il y ait une communication entre les différentes structures gérant les ressources humaines de l’Etat. De telle sorte qu’en cas de ressources financières excessives dans un département, avant de procéder à de nouveaux recrutements, il faudrait simplement redéployer les effectifs pléthoriques identifiés dans d’autres départements. Cela permettrait d’avoir une cartographie des emplois et des fiches de poste correspondant à des emplois budgétairement créés. Faute de quoi, nous risquons d’avoir des doublons ou des dépenses créées ne correspondant pas au niveau d’activités des administrations», fait-il remarquer.

Jean-Marie Ogandaga justifie la situation actuelle pas une non-maîtrise des effectifs par nombre les différentes administrations. «A ce jour, aucune administration n’est à mesure de me dire combien d’agents il lui faut pour optimiser son fonctionnement. Et c’est ce travail que nous avons demandé à tous les secrétaires généraux, à toutes les directions générales des ressources humaines : nous dresser une cartographie des emplois, des besoins réels en emplois.

Afin que nous constations si oui ou non les besoins en recrutement sont avérés», lance-t-il. Pour une gestion efficace du phénomène des effectifs pléthoriques, le ministre de la Fonction publique envisage un redéploiement des ressources humaines. «Nous pouvons les redéployer dans des administrations où ils donneraient la pleine mesure de leurs capacités. A défaut, nous pourrions également les reconvertir. Sur ce dernier plan, c’est la raison pour laquelle nous avons stoppé les envois en stage. Car les stages doivent répondre à des objectifs bien déterminés par le gouvernement : les agents doivent aller en stage pour acquérir de nouvelles connaissances leur permettant de s’insérer dans les métiers nouveaux de l’administration ; ou dans les départements en manque de compétences humaines», clame-t-il.

«Par ailleurs, le gel des recrutements concerne moins de 26% des effectifs de la Fonction publique. Les secteurs de la santé, l’éducation, la défense et la sécurité, constituant 74% des effectifs des agents permanents de l’Etat, ne sont pas concernés par cette mesure», tient-il à préciser. Pour lui, il est aussi grand temps que la réglementation en matière des départs à la retraite soit appliquée.

«Il n’y a aucun problème au niveau de la régulation des retraites. Le problème est que nous n’appliquons pas les textes mis à notre disposition. Au niveau de la Fonction publique, nous connaissons depuis l’année dernière, toutes les personnes admises à faire valoir leur droit à la retraite. Nous connaissons également ceux de l’année prochaine. Le problème se situe simplement au niveau du circuit de l’application», estime-t-il.

FIN/INFOSGABON/SM/2017

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