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Elections législatives au Gabon : l’UDB en position de force avant un second tour décisif

Libreville, Mercredi 8 Octobre 2025 (Infos Gabon) – Moins de deux semaines après avoir largement dominé les élections locales, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), parti du président Brice Clotaire Oligui Nguema, aborde le second tour des législatives du 11 octobre 2025 en position de force. En face, l’ancien parti au pouvoir, le PDG, et le RPM d’Alexandre Barro Chambrier espèrent sauver ou renforcer leurs bastions.

Le premier tour du 27 septembre a donné un aperçu clair des rapports de force dans le Gabon post-transition : l’UDB s’est imposée comme la principale formation politique du pays, en remportant déjà la majorité des sièges en jeu. Mais pour parachever cette victoire, la jeune formation devra confirmer son avance lors du second tour prévu le samedi 11 octobre, dans une trentaine de circonscriptions encore indécises.

Selon les données provisoires du ministère de l’Intérieur, l’UDB a déjà validé près de 54 sièges sur 145 au premier tour, tandis que le Parti Démocratique Gabonais (PDG) et le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM) ont également validé des sièges. Quelques indépendants et membres de petites formations tenteront de créer la surprise dans des zones rurales, mais la bataille se jouera essentiellement entre les trois grands blocs pour se partageer l’essentiel du reste à pourvoir.

Des duels serrés dans plusieurs provinces

Dans certaines circonscriptions, le second tour s’annonce particulièrement disputé. Au deuxième arrondissement de Libreville, fief politique de l’ancien Premier ministre Jean Eyeghe Ndong, les candidats de l’UDB Aurélien Ntoutoume (1er Siège) et Radegonde Mbah épse Djeno (2ème siège) affronteront ceux du RPM Max Gabriel Eyi et Faustin Laurent Bilie, dans deux duels symboliques opposant des figures de la majorité présidentielle élargie.

Dans le 3ème arrondissement (1er siège) où Eloi Nzondo a validé son élection avec une large victoire au premier tour pour le compte de l’UDB, il a appelé les électeurs du 2ème siège à voter massivement l’autre candidat du parti Justin Rodrigue Mbangangoye qui sera face au député de la transition Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, candidat indépendant.

Une autre bataille qui s’annonce rude est celle qui opposera l’élu local Mesmin Kombila Kombila du PDG à Hermine Ismaéla Mpira épse Oura Amegue pour conquérir le 1er siège du député du 5ème Arrondissement.

Dans la Ngounié, le ministre de l’Environnement, Mays Mouissi, secrétaire général de l’UDB, a déjà été élu dès le premier tour, mais la province reste sous tension dans plusieurs départements.
Le Haut-Ogooué, bastion historique du PDG, reste l’un des rares terrains d’équilibre entre les deux formations.

Le RPM d’Alexandre Barro Chambrier espère, quant à lui, convertir ses bons scores du premier tour à Libreville et Owendo en victoires confirmées, pour asseoir son influence au sein de la majorité présidentielle. Selon plusieurs analystes, le parti pourrait doubler son nombre de sièges à l’Assemblée nationale à l’issue du second tour.

Un scrutin sous surveillance politique et institutionnelle

Ce second tour sera observé de près, tant par les électeurs que par les autres observateurs. Les missions d’observation de la CEEAC, de la Francophonie et de l’Union africaine ont salué le bon déroulement du premier tour, tout en appelant les autorités à renforcer la transparence et la logistique.

Le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, a remplacé plusieurs présidents de commissions locales jugés défaillants et promis « un scrutin apaisé, mieux encadré et plus fluide ».

Les autorités électorales, notamment l’Autorité de Contrôle des Élections et du Référendum (ACER), ont de leur côté insisté sur la nécessité de sanctionner les irrégularités constatées lors du premier tour, tout en réaffirmant que le processus reste globalement crédible.

Un enjeu de stabilité pour la Ve République

Au-delà du simple décompte des sièges, ce second tour a une portée politique majeure : il déterminera la configuration de la nouvelle Assemblée nationale, premier parlement de la Ve République gabonaise. Une majorité absolue de l’UDB donnerait au président Brice Clotaire Oligui Nguema les moyens de mener à bien son programme de reconstruction nationale — réforme institutionnelle, développement local, relance économique et lutte contre la corruption.

Mais pour les politologues, le vrai test commencera après le scrutin. Un enseignant de l’Université Omar Bongo sous couvert d’anonymat, résume ainsi l’enjeu :

« Ces élections ne se jouent plus seulement sur les sièges, mais sur la crédibilité. Si le second tour se déroule dans le calme et la transparence, le Gabon aura franchi une étape démocratique majeure. Dans le cas contraire, il risquerait de raviver les tensions post-transition. »

L’après-second tour : gouverner avec équilibre

Dans les cercles politiques, l’heure est déjà à la projection.
Si l’UDB devrait disposer d’une majorité confortable, le président Oligui Nguema pourrait choisir la voie du consensus, en intégrant au gouvernement des personnalités issues d’autres formations comme le PDG, le RPM ou l’UN. Ce scénario permettrait de préserver la cohésion politique et de consolider le climat d’apaisement observé depuis la présidentielle d’avril.

Pour la population, cependant, l’attente est ailleurs : des résultats concrets. Les Gabonais espèrent que cette nouvelle législature se traduira enfin par des réformes palpables dans la vie quotidienne — emploi, santé, routes, électricité, éducation et sécurité.

Le message des urnes est clair : la confiance accordée au pouvoir ne sera durable que si elle s’accompagne de changements palpables.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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