Port-Gentil : la centrale renaît, la promesse d’en finir avec les coupures
Libreville, lundi 20 Avril 2026 (Infos Gabon) – Un chantier attendu face à une crise persistante. Dans une ville où les coupures d’électricité et d’eau rythment le quotidien des ménages comme des entreprises, la modernisation de la centrale thermique de Port-Gentil marque un tournant attendu.
La Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) a engagé un vaste chantier de rénovation de ses installations, avec un objectif clair : restaurer durablement la stabilité énergétique dans la capitale économique du pays.
Mises en service en 1977, les anciennes turbines Alstom, devenues obsolètes, incarnaient à elles seules les limites d’un système à bout de souffle. Pannes répétées, production insuffisante, réseau fragilisé : leur vétusté pesait lourdement sur l’activité économique et la qualité de vie des populations.
Des équipements de nouvelle génération pour changer d’échelle
Pour inverser la tendance, la SEEG a opté pour un renouvellement complet de ses capacités de production. En partenariat avec l’entreprise turque Aksa Enerji Uretim, deux nouvelles turbines à gaz de 25 MW chacune sont en cours d’installation, soit une capacité immédiate de 50 MW. À cela s’ajoute une troisième turbine de 40 MW prévue par l’État, portant l’ambition globale à un niveau inédit.
Au total, la puissance cumulée de la centrale, renforcée par les actifs de la Société du Patrimoine, pourrait atteindre environ 120 MW. Un seuil largement supérieur à la consommation actuelle de Port-Gentil, estimée entre 50 et 60 MW. Autrement dit, la ville ne se contenterait plus de combler ses besoins : elle disposerait enfin d’une marge de sécurité énergétique.
L’eau, enjeu invisible mais vital
Au-delà de l’électricité, c’est toute la chaîne d’approvisionnement en eau potable qui est en jeu. La station de pompage de Mandorové, située à plus de 30 kilomètres, dépend entièrement de l’alimentation électrique de la centrale. Chaque défaillance énergétique se répercute donc immédiatement sur la distribution d’eau.
Dans ce contexte, la modernisation engagée dépasse le cadre technique. Elle répond à une urgence sociale et économique, en sécurisant deux ressources essentielles à la vie quotidienne et au fonctionnement des entreprises.
Un test pour la crédibilité du secteur énergétique
Ce chantier, dont la livraison est annoncée pour juin 2026, s’inscrit dans une dynamique plus large de remise à niveau des infrastructures nationales. Pour la SEEG, souvent critiquée pour la récurrence des coupures, l’enjeu est aussi celui de la crédibilité. Réussir cette transformation, c’est démontrer sa capacité à répondre aux attentes des usagers et à accompagner le développement économique du pays.
Car les conséquences des défaillances énergétiques vont bien au-delà de l’inconfort domestique : elles freinent l’investissement, perturbent la production industrielle et affaiblissent la compétitivité du Gabon.
Une promesse à concrétiser
La modernisation de la centrale de Port-Gentil ouvre donc une perspective nouvelle. Si les engagements sont tenus, elle pourrait marquer la fin d’un cycle de pénuries et inaugurer une ère de stabilité énergétique dans l’Ogooué-Maritime.
Mais comme souvent, tout se jouera dans l’exécution. Les populations, comme les acteurs économiques, attendent désormais des résultats concrets. Car dans un pays engagé dans sa relance, l’énergie n’est plus un luxe : c’est une condition de souveraineté.
Si ce pari est réussi, Port-Gentil pourrait devenir le symbole d’un redressement plus large. Dans le cas contraire, il ne s’agirait que d’une promesse de plus.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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