COP30 à Belém : le Gabon plaide pour une gouvernance climatique plus juste et la reconnaissance du Bassin du Congo comme bien public mondial
Libreville, Samedi 8 Novembre 2025 (Infos Gabon) – Le Gabon a marqué de sa voix la 30ème Conférence des Parties sur le climat (COP30), ouverte jeudi 6 novembre 2025 dans la ville amazonienne de Belém. Représentant le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, le Ministre de l’Environnement, de l’Écologie et du Climat, Mays Mouissi, a prononcé la déclaration officielle du Gabon lors de la session plénière d’ouverture du Sommet des Leaders.
Face aux dirigeants du monde entier réunis pour cette nouvelle étape cruciale de la lutte contre le réchauffement climatique, le Gabon a réaffirmé son attachement à une gouvernance climatique fondée sur la justice, la solidarité et la responsabilité partagée.
Le Gabon, porte-voix du Bassin du Congo
Dans une intervention saluée pour sa clarté et sa profondeur, Mays Mouissi a rappelé que le Gabon, comme l’ensemble des pays du Bassin du Congo, supporte un poids écologique considérable au service de la planète. Les forêts gabonaises, couvrant plus de 85 % du territoire national, captent chaque année des millions de tonnes de carbone, participant ainsi de manière déterminante à la régulation du climat mondial.
« Nos forêts tropicales sont des piliers de la stabilité climatique et des sources de vie pour des millions de communautés », a-t-il déclaré. « Le Bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, doit être reconnu comme un bien public mondial, car les services écosystémiques qu’il rend à l’humanité méritent d’être justement valorisés. »
Une voix pour la justice climatique
Le Gabon a une nouvelle fois insisté sur la nécessité de réformer en profondeur les mécanismes de gouvernance climatique internationale. Selon Libreville, le modèle actuel, dominé par les pays industrialisés, ne prend pas suffisamment en compte les efforts souverains consentis par les États africains pour préserver leurs forêts et leurs écosystèmes.
Le ministre a ainsi plaidé pour un modèle de financement équitable, prévisible et proportionnel aux efforts de conservation. « Il n’est plus acceptable que ceux qui protègent reçoivent moins que ceux qui détruisent », a-t-il martelé. Cette position s’inscrit dans la continuité de la diplomatie verte promue par le Président Oligui Nguema, pour qui la protection de l’environnement est un pilier stratégique du développement durable et de la souveraineté économique du Gabon.
Vers une transition écologique africaine souveraine
Au-delà des appels à la reconnaissance et à la compensation, la délégation gabonaise a également insisté sur la dimension transformative de la lutte contre le changement climatique. Le pays, pionnier en matière de gestion durable des forêts et premier en Afrique à avoir été certifié pour la neutralité carbone en 2021, milite pour une transition écologique africaine fondée sur la souveraineté et la valorisation locale des ressources naturelles.
À Belém, Mays Mouissi a souligné la nécessité de construire une gouvernance climatique mondiale plus représentative, où les pays forestiers africains participeraient pleinement aux décisions stratégiques. Cette approche, estime-t-il, permettrait de concilier développement et protection de la nature, tout en garantissant aux populations locales des bénéfices concrets issus de la conservation.
Le Gabon, un modèle africain de cohérence écologique
La position du Gabon à la COP30 renforce son image de leader environnemental sur le continent africain. Depuis plusieurs années, le pays a adopté des politiques ambitieuses alliant préservation des ressources et développement économique durable.
La mise en œuvre du Plan national Climat, la gestion rationnelle des aires protégées et la promotion d’une économie verte figurent au cœur de cette stratégie.
L’intervention du ministre Mays Mouissi à Belém s’inscrit donc dans une continuité politique assumée : celle d’un État africain déterminé à faire entendre sa voix, non comme victime du changement climatique, mais comme acteur de solutions globales.
Une COP décisive pour l’avenir du climat mondial
Cette 30ème Conférence des Parties, organisée au cœur de l’Amazonie, se veut une étape charnière. Elle doit permettre d’évaluer les progrès réalisés depuis l’Accord de Paris et de définir de nouveaux engagements contraignants pour limiter le réchauffement à 1,5°C.
Le Gabon, en portant la voix du Bassin du Congo en symbiose avec celles d’autres dirigeants de la sous-région, entend rappeler à la communauté internationale que la survie du climat mondial dépend aussi du destin des forêts africaines.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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