Admission au Barreau du Gabon : le dossier du Dr Assaghle relance le débat sur l’efficacité administrative
Libreville, Mercredi 3 Décembre 2025 (Infos Gabon) – Le cas du juriste gabonais Dr Peter Stéphane Assaghle met en lumière un dysfonctionnement institutionnel qui interroge et inquiète.
Alors que le gouvernement appelle les compétences de la diaspora à rentrer pour participer à la reconstruction nationale, l’un de ces talents se retrouve face à une porte close : son dossier d’admission au Barreau du Gabon a été ajourné, officiellement pour cause d’encombrement administratif.
Un paradoxe qui ouvre un débat plus large sur la capacité du système judiciaire à absorber et valoriser les ressources humaines qualifiées dont il a pourtant besoin.
Une carrière solide bloquée aux frontières administratives
Titulaire d’un doctorat en droit depuis 2020, Peter Stéphane Assaghle a suivi la voie classique menant au métier d’avocat. Après 18 mois de formation à l’École du Barreau du Sud-Est à Marseille, il a prêté serment et a exercé près de deux ans au Barreau de la Drôme, en France.
Fort de cette expérience, il décide de rentrer au pays et sollicite son inscription au Barreau du Gabon. Mais la procédure ne suit pas. Le dossier n’est pas rejeté, mais suspendu… pour une durée indéterminée.
« Le bureau est débordé. Certains dossiers attendent depuis 2015. Résultat : ma demande est ajournée. Je veux rentrer, exercer, servir mon pays. Mais je suis bloqué », confie-t-il.
Une situation révélatrice d’un blocage systémique
Le motif invoqué, accumulation de dossiers anciens, soulève de nombreuses questions. Si certains cas remontent à près de dix ans, cela signifie qu’aucune procédure structurée de traitement n’a permis d’assainir la file d’attente.
Le cas du Dr Assaghle, loin d’être isolé, symbolise un mal plus profond : la lenteur administrative dans les instances professionnelles stratégiques.
Ce blocage intervient au moment même où l’État affiche une volonté claire de faire revenir sa diaspora, notamment sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui encourage les compétences gabonaises de l’étranger à participer activement au redressement national.
Dès lors, un paradoxe se dessine : comment attirer les talents si les institutions ne sont pas prêtes à les accueillir rapidement et efficacement ?
Moderniser le Barreau pour aligner discours et réalité
L’affaire met en évidence l’urgence d’une réforme profonde du processus d’admission au Barreau du Gabon. Trois enjeux majeurs apparaissent, à savoir réduire le stock de dossiers en attente, digitaliser et fluidifier les procédures, ainsi que faciliter l’accès des professionnels formés à l’étranger.
Une modernisation nécessaire pour éviter que d’autres candidats qualifiés, motivés par l’envie de servir la Nation, ne se découragent face à un système qui peine à se mettre à jour.
Entre ambition nationale et réalité du terrain
Pour l’heure, le Dr Assaghle demeure dans l’incapacité d’exercer au Gabon malgré son expertise reconnue et son expérience internationale. Une situation qui soulève une interrogation simple mais cruciale : Peut-on moderniser la justice sans ouvrir pleinement la porte à ceux qui veulent y contribuer ?
Le cas du jeune juriste devient ainsi un symbole, voire un test. Celui d’une administration en transition, entre volonté politique de transformation et inerties structurelles persistantes.
L’issue de ce dossier pourrait bien révéler la capacité, ou non, du système judiciaire gabonais à se réformer.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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