Culture

Droits d’auteur : le Gabon passe à l’offensive

Libreville, Lundi 20 Avril 2026 (Infos Gabon) – Le ton est monté d’un cran à Libreville. À l’heure où les industries culturelles africaines cherchent à s’affirmer, le Gabon choisit la fermeté.

Le Bureau gabonais du droit d’auteur et des droits voisins (BUGADA) a officiellement lancé un avertissement clair aux exploitants d’œuvres artistiques : en 2026, la tolérance n’est plus de mise. Derrière cette mise en garde, c’est toute une stratégie de reconquête de la valeur culturelle qui se dessine.

Lors d’un point presse tenu le 14 avril, son directeur général, Gildas Borrys Ndong Nang, a rappelé avec insistance les obligations légales qui encadrent l’utilisation des œuvres. Bars, restaurants, hôtels, médias et plateformes numériques sont désormais sommés de se conformer strictement à la loi n°007/2024. Une loi qui ne laisse aucune place à l’ambiguïté : toute diffusion, reproduction ou représentation publique d’une œuvre protégée nécessite une autorisation préalable, matérialisée par une licence annuelle.

Mais au-delà du rappel juridique, c’est un changement de posture qui s’opère. Le BUGADA met fin aux mesures tarifaires exceptionnelles instaurées durant la pandémie, estimant que le contexte économique ne justifie plus ces assouplissements. Une décision qui marque le retour à une normalisation du secteur, mais aussi une volonté assumée de rétablir l’équilibre entre exploitants et créateurs.

Dans ce nouvel environnement, l’institution annonce également le déploiement imminent de missions de contrôle sur l’ensemble du territoire. Une démarche qui vise autant à sanctionner les contrevenants qu’à installer une culture de conformité encore fragile dans l’écosystème culturel gabonais. Car l’enjeu dépasse la simple régulation : il s’agit de garantir une rémunération équitable aux artistes, longtemps fragilisés par l’informalité et le non-respect des droits.

Cette offensive intervient dans un contexte plus large où le Gabon cherche à affirmer sa souveraineté économique et culturelle. En structurant son cadre juridique et en renforçant ses mécanismes de contrôle, le pays envoie un signal fort : la création artistique n’est plus une variable d’ajustement, mais un pilier stratégique du développement.

Reste désormais à mesurer l’impact réel de cette fermeté. Si elle est appliquée avec rigueur et équité, elle pourrait transformer durablement le paysage culturel national. À défaut, elle risque de se heurter aux résistances d’un secteur encore peu structuré.

Une chose est certaine : en décidant de « serrer la vis », le BUGADA ouvre une nouvelle ère. Celle où la créativité gabonaise ne se consomme plus gratuitement, mais se respecte, se protège et surtout, se valorise.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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