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Gabon – Éducation nationale : Camélia Ntoutoume Leclercq confrontée à une grève des enseignants dès son retour

Libreville, Mardi 6 janvier 2026 (Infos Gabon) – À peine réinstallée à la tête du ministère de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq fait face à une crise sociale majeure. Depuis lundi 5 janvier 2026, de nombreux enseignants des établissements publics de Libreville et de l’intérieur du pays observent un mouvement de grève, paralysant partiellement les cours et relançant le débat sur les dysfonctionnements chroniques du secteur éducatif.

Des salles de classe désertées

La reprise des cours a été perturbée dès le début de la semaine. Dans plusieurs établissements publics de la capitale comme à l’intérieur du pays, les enseignants ont cessé le travail, laissant de nombreux élèves sans encadrement pédagogique.

À l’origine de ce mouvement d’humeur : le non-paiement de primes et de vacations, ainsi que la suspension prolongée des budgets de fonctionnement des établissements scolaires. Des revendications récurrentes, que les syndicats et collectifs d’enseignants dénoncent depuis plusieurs années sans réponses jugées satisfaisantes.

« No money, no work », un mot d’ordre assumé

Réunis en assemblée générale le lundi 5 janvier au lycée national Léon Mba, les enseignants grévistes ont réaffirmé leur détermination à maintenir la pression sur les autorités. Leur slogan, sans ambiguïté « No money, no work » (« pas d’argent, pas de travail »), résume l’état d’esprit d’un corps enseignant à bout de patience.

Selon les représentants du collectif, cette grève s’inscrit dans une stratégie amorcée depuis le mois de décembre dernier, visant à obtenir la régularisation de situations administratives et financières qui perdurent depuis trop longtemps.

Une crise révélatrice de tensions structurelles

Au-delà du mouvement actuel, cette grève met une nouvelle fois en lumière les tensions persistantes qui traversent le secteur de l’éducation nationale. Retards de paiement, précarité financière, difficultés de gestion des budgets scolaires : autant de maux qui pèsent sur le quotidien des enseignants et fragilisent la qualité de l’enseignement dispensé aux élèves.

Cette situation intervient dans un contexte où les autorités affichent pourtant leur volonté de faire de l’éducation un pilier central du développement humain et social du pays.

Un défi immédiat pour Camélia Ntoutoume Leclercq

De retour à la tête d’un ministère qu’elle a dirigé pendant plus de cinq ans avant de démissionner en novembre dernier, conformément aux dispositions constitutionnelles, le ministre d’Etat à l’éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq hérite d’un dossier sensible et urgent.

Sa connaissance approfondie du secteur constitue un atout, mais les attentes sont élevées. Les enseignants espèrent des mesures concrètes et rapides pour améliorer leurs conditions de travail, tandis que les parents d’élèves redoutent une nouvelle année scolaire perturbée.

L’urgence d’un dialogue social apaisé

Pour la ministre d’Etat, l’enjeu est double : rétablir le dialogue avec les partenaires sociaux et trouver des solutions durables aux revendications financières, afin de garantir la continuité pédagogique et préserver l’avenir scolaire des élèves.

Dans un contexte de refondation institutionnelle et de consolidation de la Vème République, l’éducation nationale apparaît plus que jamais comme un baromètre de la capacité de l’État à répondre efficacement aux attentes sociales. Les prochains jours seront déterminants pour désamorcer la crise et restaurer la confiance au sein de la communauté éducative.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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