Conflits homme – éléphant : plus de 13 000 familles protégées, le Gabon prépare une deuxième phase
Libreville, Samedi 7 Février 2026 (Infos Gabon) – Face aux dégâts récurrents causés par les éléphants dans les zones agricoles, le Gabon accélère ses efforts pour concilier protection des populations rurales et préservation de la faune.
Réuni jeudi à Libreville, le comité de pilotage du programme de coexistence pacifique entre l’homme et l’éléphant a dressé un bilan jugé largement positif et ouvert la voie à une nouvelle phase d’extension.
Des résultats au-delà des objectifs
Présidée par le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, Maurice Ntossui Allogo, la rencontre a permis d’évaluer la première étape de ce dispositif lancé pour réduire les conflits homme-faune, particulièrement fréquents dans les zones agricoles situées à proximité des habitats naturels.
Au total, 1 028 clôtures électriques mobiles ont été déployées à travers le pays, soit un taux de réalisation de 114 % par rapport aux prévisions initiales. Ces installations ont permis de sécuriser les exploitations agricoles de plus de 13 000 ménages répartis dans les neuf provinces.
Pour de nombreuses familles rurales, ces équipements représentent un rempart essentiel contre les intrusions d’éléphants, responsables de pertes de récoltes parfois lourdes et d’une insécurité alimentaire croissante.
Une demande en forte hausse
Le succès du programme a toutefois révélé l’ampleur des besoins. Selon les services du ministère, plus de 2 600 demandes d’installation supplémentaires sont actuellement en attente.
Cette pression a conduit les autorités à annoncer la préparation d’une deuxième phase, avec pour objectif d’élargir la couverture du dispositif et de renforcer les moyens d’intervention sur le terrain.
Entre sécurité des populations et conservation
Le projet s’inscrit dans une approche équilibrée visant à réduire les tensions sans recourir à des solutions radicales contre la faune sauvage. Le Gabon, qui abrite l’une des plus importantes populations d’éléphants de forêt d’Afrique, cherche à préserver cet atout écologique tout en protégeant les moyens de subsistance des communautés rurales.
Au-delà des clôtures, les autorités envisagent de renforcer les actions de sensibilisation, le suivi des zones à risque et l’amélioration des mécanismes de gestion des conflits.
Un enjeu de développement durable
La coexistence entre les populations et la grande faune constitue un défi majeur pour le pays, où l’agriculture familiale reste vulnérable aux incursions animales. En renforçant les dispositifs de protection, le gouvernement entend sécuriser la production agricole, réduire les tensions locales et soutenir les efforts de développement rural.
Avec une deuxième phase en préparation, ce programme financé par Central African Forest Initiative (CAFI) et mis en œuvre par la Wildlife Conservation Society, avec l’appui de Save the Gorilla. apparaît désormais comme un pilier de la stratégie nationale conciliant protection des écosystèmes, sécurité alimentaire et développement durable.
Rappelons que cette réunion se tient, il faut le dire, au moment où Agropad se plaint de dégâts causés sur le site du projet agro-pastoral de Ndendé suite aux incursions répétées d’éléphants et de buffles sauvages, entraînant la destruction d’infrastructures et la dispersion d’une partie du cheptel dans la forêt.
Et pourtant, ce projet est cité comme le pilier de la stratégie nationale visant à réduire la dépendance du Gabon aux importations de viande.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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