Gabon : Moanda mise sur la musique pour construire son avenir
Libreville, Vendredi 17 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Dans les territoires façonnés par l’activité minière, la question du développement local dépasse désormais les infrastructures classiques et les seuls indicateurs économiques. L’enjeu devient celui de la transmission, de la créativité et de la capacité des communautés à construire leur propre avenir culturel.
C’est précisément cette ambition qu’incarne l’inauguration de la MANGOMBI Music School à Moanda, présentée comme l’un des projets les plus emblématiques du Fonds de responsabilité sociétale porté conjointement par l’État gabonais et Eramet Comilog.
Le 15 juillet dernier, en présence de la ministre du Commerce, des PME et PMI, Zénaba Gninga Chaning, cette nouvelle école de musique a officiellement ouvert ses portes dans la capitale du manganèse gabonais. Derrière l’inauguration d’un établissement d’enseignement artistique se dessine en réalité une vision beaucoup plus large, celle d’un développement territorial où la culture devient un levier d’émancipation économique, de cohésion sociale et de valorisation identitaire.
Dans une Afrique où les industries culturelles représentent déjà l’un des secteurs de croissance les plus dynamiques, l’initiative apparaît comme un investissement stratégique dans ce que les économistes qualifient désormais de capital créatif.
Faire de la culture un moteur de développement
Longtemps considérée comme un secteur secondaire face aux priorités économiques ou industrielles, la culture s’impose progressivement comme l’un des nouveaux moteurs du développement durable. La création d’une école de musique dans une ville minière illustre cette évolution des politiques publiques et des stratégies d’investissement social des grandes entreprises extractives.
L’objectif affiché est clair. Rendre la pratique musicale accessible au plus grand nombre, aussi bien aux jeunes qu’aux adultes, tout en favorisant l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes, de techniciens et de professionnels des métiers culturels.
La MANGOMBI Music School accueille dès son ouverture soixante apprenants encadrés par huit enseignants spécialisés. Neuf disciplines y sont proposées, couvrant un large spectre allant des instruments traditionnels gabonais au piano, à la batterie, au chant moderne ou encore à la musique assistée par ordinateur, devenue incontournable dans les productions actuelles.
Cette diversité pédagogique traduit une volonté assumée de concilier héritage culturel et modernité technologique. L’ambition n’est donc pas seulement de préserver des traditions musicales, mais également de préparer les artistes de demain aux réalités de l’économie créative mondiale.
Préserver l’identité tout en préparant l’avenir
La question culturelle occupe une place particulière dans les sociétés africaines confrontées à une urbanisation rapide et à une mondialisation des références artistiques. Préserver les patrimoines immatériels tout en favorisant l’innovation constitue l’un des grands défis contemporains. La MANGOMBI Music School entend précisément répondre à cette équation complexe.
L’établissement a vocation à devenir un espace de transmission intergénérationnelle où les savoirs musicaux traditionnels pourront dialoguer avec les nouvelles formes de création numérique. Plus qu’une école, les promoteurs souhaitent faire émerger un véritable lieu de partage, de création et d’expression collective capable d’ancrer durablement la richesse musicale gabonaise dans les dynamiques contemporaines.
Cette approche rejoint les stratégies développées par plusieurs pays africains qui considèrent désormais les industries culturelles comme un secteur économique stratégique au même titre que le tourisme, les services numériques ou les industries manufacturières. Les expériences menées au Nigeria, au Maroc ou en Afrique du Sud démontrent déjà que les filières culturelles peuvent devenir des sources importantes de création d’emplois et de diversification économique.
Une nouvelle génération de projets sociaux
L’inauguration de la MANGOMBI Music School illustre également une transformation plus profonde des politiques de responsabilité sociétale des entreprises. Les investissements communautaires ne se limitent plus à la construction d’écoles ou de centres de santé. Ils cherchent désormais à créer des écosystèmes capables de produire durablement des compétences, des opportunités économiques et des dynamiques sociales positives.
En soutenant ce projet, le Fonds RSE de l’État gabonais et d’Eramet Comilog affirme ainsi une vision plus ambitieuse du développement local. L’éducation artistique devient un outil de lutte contre les inégalités, de valorisation des talents et de renforcement du lien social au sein des communautés.
Dans une ville dont l’histoire reste intimement liée à l’exploitation minière, la création d’une école de musique envoie également un message symbolique fort. La richesse d’un territoire ne se mesure pas uniquement aux ressources extraites de son sous-sol. Elle se trouve aussi dans les talents, les imaginaires et les capacités créatives de ses habitants.
En ouvrant les portes de la MANGOMBI Music School, Moanda investit finalement dans la ressource la plus précieuse de toutes. Sa jeunesse. Et dans un monde où l’économie de la connaissance et de la création devient un facteur majeur de compétitivité, ce choix pourrait bien s’avérer l’un des plus stratégiques pour l’avenir du territoire.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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