Gabon – Fonction publique : l’État promet la régularisation de 12 000 agents en 2026
Libreville, Dimanche 8 Mars 2026 (Infos Gabon) – Le gouvernement gabonais annonce une nouvelle phase de régularisation administrative et salariale au sein de la fonction publique.
L’objectif affiché : solder progressivement des milliers de situations restées en suspens et rétablir la confiance entre l’administration et ses agents.
Un dossier sensible remis sur la table
À Libreville, l’exécutif gabonais veut accélérer le règlement d’un dossier qui empoisonne depuis plusieurs années les relations entre l’État et une partie de ses agents. Lors d’une séance de travail tenue mercredi, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a échangé avec le ministre délégué chargé du Budget, Marc Abeghe, autour de la mise en œuvre d’un calendrier de régularisation administrative et financière.
À l’issue de la rencontre, les autorités budgétaires ont confirmé que les premières prises en compte administratives et salariales devraient intervenir dès la fin du mois de mars. Une étape attendue par de nombreux agents publics dont les dossiers, parfois validés depuis longtemps, n’ont jamais été traduits sur leurs bulletins de paie.
Transformer les actes administratifs en salaires réels
Au cœur du problème se trouve un décalage fréquent entre les décisions administratives et leur application effective dans le système de paie de l’État. Titularisations, reclassements ou avancements de carrière restent parfois bloqués pendant des années avant d’être intégrés dans les fichiers de la direction de la Solde.
Pour les responsables gouvernementaux, l’enjeu consiste désormais à transformer ces décisions formelles en réalité financière. Cela suppose un travail technique de codification et de vérification des dossiers afin que les changements de statut apparaissent effectivement dans les rémunérations des agents concernés.
Un programme étalé sur toute l’année 2026
Selon les projections présentées lors de la réunion, près de 12 000 situations administratives devraient être régularisées au cours de l’année 2026. L’opération mobilise plusieurs départements ministériels, notamment ceux chargés de la Fonction publique, de l’Éducation, de la Santé et de l’Enseignement supérieur.
La répartition envisagée concerne environ 4 000 agents de l’Éducation nationale, 2 000 personnels du secteur de la Santé, 1 000 agents de l’Enseignement supérieur et 5 000 fonctionnaires appartenant à d’autres administrations publiques.
La stratégie retenue repose sur un traitement progressif, avec des vagues mensuelles de régularisation destinées à intégrer progressivement les agents dans le système de paie de l’État.
La fin progressive d’un gel administratif
Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une décision prise le 24 novembre 2023 par les autorités pendant la période de transition, qui avaient levé le gel des recrutements et des évolutions de carrière instauré précédemment.
Pendant plusieurs années, ce blocage avait entraîné l’accumulation de milliers de dossiers en attente, fragilisant la gestion des ressources humaines de l’administration publique et alimentant un climat de frustration parmi les agents.
Une réforme attendue par les agents publics
Pour l’exécutif, l’opération dépasse la simple régularisation comptable. Elle vise également à restaurer la crédibilité de l’État employeur et à corriger les dysfonctionnements qui ont marqué la gestion administrative des carrières.
La réussite de ce calendrier sera donc particulièrement observée. Les agents concernés attendent de voir si les annonces se traduiront concrètement sur leurs fiches de paie, tandis que l’opinion publique scrutera la capacité du gouvernement à transformer une promesse politique en résultats tangibles.
Car, dans la fonction publique gabonaise, la question de la régularisation administrative ne relève pas seulement de la technique budgétaire : elle constitue aussi un test de confiance entre l’État et ceux qui travaillent à son service.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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