Transactions financières:Le Gabon expérimente la digitalisation
Libreville, Mardi 17 Juin 2020 (Infos Gabon)-Cette méthode moderne est de plus en plus recommandée afin de briser la chaine de contamination au COVID-19 et favoriser une meilleure traçabilité des fonds.
Les opérateurs de Mobile money et les banques ont jusqu’à cinq mois pour mettre en place l’interopérabilité complète de leurs systèmes de paiement respectifs. Cette injonction contenue dans la Loi de finances rectificative (LFR) issue du Conseil des ministres du 12 juin dernier présidé par le président Ali Bongo Ondimba. En son article 55, le texte dispose qu’«en République gabonaise, toute transaction d’un montant supérieur à 5 millions de FCFA ne peut s’effectuer en espèces. A ce titre, toute transaction d’un montant supérieur à 5 millions de FCFA est effectué par tout autre moyen de paiement notamment par virement bancaire, par chèque de banque ou porte-monnaie électronique».
De l’avis des spécialistes, cette réforme s’explique à la fois par des raisons d’ordre sanitaire et économique. S’il est établi que les billets et les pièces sont de potentiels vecteurs de transmission du COVID-19, il est important de réduire leur circulation manuelle d’un individu à un autre. Afin de limiter la propagation du coronavirus. Au plan économique, il est question d’assurer une meilleure traçabilité de l’argent, de mieux lutter contre le blanchiment des capitaux et l’évasion fiscale, de favoriser une plus grande transparence et d’élargir l’assiette de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
En son article P-917, la Loi de finances rectificative mentionne également que tout paiement d’impôts, droits et taxes d’un contribuable à l’Etat, d’un montant supérieur à 2 millions de FCFA, soit obligatoirement effectué par virement, chèque de banque ou porte-monnaie électronique, sous peine de nullité. Les spécialistes sont unanimes sur le fait que cette mesure a pour objectif d’améliorer la traçabilité des paiements effectués au Trésor et à barrer la route à la corruption. L’on note aussi l’introduction par le biais de ce texte d’une taxe de 2% sur tout retrait en espèces de plus d’un million de F par mois par un individu ou une entreprise. Cette nouvelle disposition vise à privilégier les paiements électroniques au détriment de la monnaie physique. Des pourparlers sont en cours à cet effet entre le gouvernement et l’Association professionnelle des établissements de crédit pour un passage réussi à la nouvelle donne.

















