Economie

Électricité au Gabon : à Port-Gentil, l’État serre la vis aux entreprises accusées de fraude et d’impayés

Libreville, Lundi 9 Mars 2026 (Infos Gabon) – À Port-Gentil, capitale économique du Gabon et cœur de l’industrie pétrolière nationale, la lutte contre les impayés d’électricité prend un tournant plus offensif.

Dans le cadre d’une campagne nationale de recouvrement, les autorités ont décidé de s’attaquer frontalement aux abonnés, particuliers comme entreprises, qui accumulent des arriérés auprès de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).

L’opération, conduite conjointement par le ministère de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie et la Société d’énergie et d’eau du Gabon, vise à récupérer des sommes jugées importantes pour la santé financière du secteur énergétique.

Une campagne nationale pour assainir les comptes

Selon les autorités, cette initiative s’inscrit dans un programme plus large destiné à remettre de l’ordre dans la gestion des services publics de l’électricité et de l’eau. L’objectif est double : récupérer les dettes accumulées par certains abonnés et instaurer une discipline de paiement plus stricte.

Dans plusieurs villes du pays, des actions de contrôle et de recouvrement ont déjà été engagées. Mais à Port-Gentil, où se concentrent de nombreuses activités industrielles et commerciales, la campagne prend une dimension particulièrement visible.

Pour marquer les esprits, la SEEG a rendu publique une liste d’entreprises accusées de ne pas avoir honoré leurs factures d’électricité.

Des sociétés de la place citées

Parmi les opérateurs mentionnés figurent notamment ALL, Green Gabonaise de Chimie, Satram (NIF 793954), Wire Gabon Operation ou encore Cora Wood. Ces entreprises, actives dans différents secteurs économiques, sont pointées du doigt pour des factures restées impayées.

La publication de leurs noms s’inscrit dans une stratégie assumée de transparence et de pression. L’idée est de pousser les abonnés concernés à régulariser rapidement leur situation, tout en envoyant un signal clair à l’ensemble des consommateurs : les impayés ne seront plus tolérés.

Toutefois, les entreprises citées ne constituent qu’une partie des débiteurs recensés. Selon la SEEG, la liste diffusée comprend également d’autres opérateurs économiques ainsi que des abonnés individuels.

Un ultimatum de 45 jours

Les autorités ont fixé un délai de quarante-cinq jours aux abonnés concernés pour apurer leurs dettes. Passé ce délai, des mesures plus contraignantes pourraient être appliquées.

Parmi les sanctions envisagées figurent notamment des coupures d’électricité, voire des poursuites administratives ou judiciaires en cas de fraude avérée.

Pour le gouvernement, il s’agit d’une étape nécessaire pour assainir le secteur énergétique et garantir la continuité du service public. La collecte effective des factures constitue en effet une condition essentielle pour financer l’entretien des réseaux, les investissements et l’amélioration de la distribution.

Un enjeu économique et de gouvernance

Cette opération met également en lumière une problématique plus large : celle de la viabilité financière du système énergétique national. Les impayés, souvent accumulés sur plusieurs années, fragilisent les équilibres économiques de la filière et compliquent la modernisation des infrastructures.

En ciblant aussi bien les ménages que les entreprises, les autorités veulent rappeler que l’accès à l’électricité s’accompagne d’obligations. Dans un contexte où le gouvernement affiche sa volonté d’étendre l’accès aux services essentiels, la régularité des paiements est désormais présentée comme une condition indispensable au bon fonctionnement du secteur.

Reste à savoir si cette campagne de recouvrement produira les effets attendus. À Port-Gentil, plusieurs observateurs estiment que la fermeté affichée par l’État pourrait marquer un tournant dans la gestion des impayés, longtemps considérés comme un problème chronique du système énergétique gabonais.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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