Le Gabon parmi les économies les plus dynamiques de la CEMAC, mais les défis persistent
Libreville, Mercredi 11 Mars 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon devrait figurer en 2026 parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique centrale. Selon les dernières perspectives publiées par la Banque mondiale, le pays enregistrerait une croissance d’environ 3,7 % de son produit intérieur brut (PIB), un niveau comparable à celui attendu au Cameroun et au Tchad.
Ces prévisions placent ces trois États en tête de la dynamique économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, une région encore fortement dépendante des ressources naturelles. Derrière ce trio, la République du Congo afficherait une croissance estimée à 3,2 %, tandis que la République centrafricaine se situerait autour de 3 %. À l’autre extrémité du classement, la Guinée équatoriale resterait la plus fragile économiquement, avec une progression proche de 0,4 %.
Mais au-delà des chiffres, ces perspectives posent une question centrale : cette croissance est-elle réellement perceptible dans la vie quotidienne des populations ?
Une croissance tirée par la diversification économique
Pour le Gabon, cette progression économique devrait s’appuyer sur une transformation progressive de la structure productive. Le pays cherche depuis plusieurs années à réduire sa dépendance historique au pétrole, ressource qui a longtemps constitué le pilier de son économie.
La baisse de la production dans certains champs pétroliers arrivés à maturité devrait ainsi être compensée par la montée en puissance d’autres secteurs. L’exploitation forestière, la production de manganèse, ainsi que les filières agricoles industrielles, notamment l’huile de palme et le caoutchouc, devraient contribuer à soutenir l’activité.
Le secteur minier pourrait également jouer un rôle stratégique dans cette dynamique, notamment avec le développement du gisement de fer de Belinga et la mise en valeur attendue de nouveaux sites à partir de 2026. À ces projets s’ajoutent plusieurs programmes d’infrastructures et l’expansion progressive des services, considérés comme des leviers essentiels de diversification économique.
Des finances publiques toujours sous pression
Malgré ces perspectives jugées encourageantes, les équilibres budgétaires du pays restent fragiles. La diminution progressive des recettes pétrolières, combinée à un niveau de dépenses publiques élevé, pourrait maintenir le déficit budgétaire autour de 4,6 % du PIB à l’horizon 2026-2027.
Cette situation n’est pas propre au Gabon. Dans l’ensemble de la CEMAC, les États doivent composer avec des contraintes similaires : volatilité des prix du pétrole, besoins d’investissements publics importants et nécessité de consolider les finances publiques.
Au Cameroun, par exemple, la croissance devrait être soutenue par l’augmentation de la production d’électricité et par la poursuite des investissements publics et privés. Les autorités camerounaises doivent toutefois continuer à maîtriser un déficit budgétaire estimé à environ 1,7 % du PIB à moyen terme.
Au Congo, les perspectives reposent principalement sur la relance de certains champs pétroliers et sur le développement de la production de gaz naturel, ainsi que sur l’entrée en service d’une nouvelle raffinerie privée. Malgré ces efforts, l’économie congolaise reste confrontée à des tensions de trésorerie et à des difficultés d’approvisionnement énergétique.
Une région toujours dépendante des matières premières
Les perspectives économiques de l’Afrique centrale demeurent étroitement liées aux fluctuations des marchés internationaux des matières premières, en particulier des hydrocarbures.
La Guinée équatoriale illustre les risques d’une dépendance excessive au pétrole. Selon les projections, la croissance de ce pays devrait rester très faible au cours des prochaines années, en raison de la baisse continue de la production pétrolière et de l’épuisement progressif des réserves.
Cette situation pourrait entraîner une diminution des exportations et un affaiblissement durable des finances publiques.
Pour les institutions financières internationales, ces évolutions confirment la nécessité pour les États de la sous-région d’accélérer la transformation structurelle de leurs économies afin de réduire leur dépendance aux ressources naturelles.
La question sociale au cœur des débats
Si les indicateurs macroéconomiques témoignent d’une certaine résilience, leur traduction dans la vie quotidienne reste un sujet de débat.
Au Gabon, de nombreux ménages disent ressentir une pression croissante sur leur pouvoir d’achat. Le coût des produits alimentaires, des loyers, du transport ou encore de certains services essentiels continue d’augmenter.
Dans ce contexte, la croissance annoncée apparaît pour beaucoup comme un indicateur économique encore éloigné de la réalité vécue sur le terrain.
Entre promesses économiques et attentes sociales
Pour les autorités de Libreville, dirigées par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’enjeu consiste désormais à transformer cette croissance en amélioration palpable des conditions de vie.
Les politiques économiques engagées visent à renforcer la diversification productive, attirer davantage d’investissements privés et améliorer la gouvernance économique.
Mais au-delà des projections et des statistiques, la crédibilité de ces réformes dépendra surtout de leur capacité à produire des résultats concrets pour les populations.
Car dans une région où la croissance reste encore modérée, le véritable défi ne réside pas seulement dans l’augmentation du PIB, mais dans la construction d’une économie plus inclusive, plus diversifiée et plus résiliente.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
Copyright Infos Gabon
LIRE AUSSI COMILOG – ERAMET : la multinationale qui incarne le développement gabonais

















