Gabon : l’État met la pression sur les chantiers routiers
Libreville, Mercredi 25 Mars 2026 (Infos Gabon) – Le tempo change. Face aux retards chroniques et aux attentes croissantes des populations, le président Brice Clotaire Oligui Nguema hausse le ton sur les infrastructures routières.
Reçu en audience à Libreville par le Chef de l’Etat, Mahamadou Bonkoungou, le patron du groupe EBOMAF a été obligé d’accélérer l’exécution des chantiers en cours, dans un contexte où la question des routes reste l’un des principaux marqueurs de l’efficacité de l’action publique au Gabon.
Derrière cette séquence officielle à laquelle a pris part le Ministre des Travaux publics et de la Construction, Edgard Moukoumbi, un message clair : le temps des annonces doit céder la place aux résultats visibles.
Des axes stratégiques sous surveillance
Les projets concernés couvrent plusieurs corridors clés, notamment dans les provinces de la Ngounié et de l’Ogooué-Maritime. Parmi eux, les tronçons Lebamba–Mbigou, Mbigou–Malinga–Molo ou encore Rabi–Omboué, qui représentent à eux seuls des centaines de kilomètres de routes en construction ou en réhabilitation.
Ces axes ne sont pas anodins. Ils conditionnent l’accès à des zones de production agricole, forestière et pétrolière, et donc la capacité du pays à diversifier son économie. Leur mise en service pourrait réduire significativement les coûts logistiques et améliorer la circulation des biens et des personnes.
Mais pour l’heure, ces promesses restent suspendues à l’avancement réel des travaux.
Accélérer mais sous contrainte
Prenant acte de l’état d’avancement des chantiers, le chef de l’État a exigé une montée en cadence, accompagnée d’un renforcement strict des contrôles. L’objectif affiché est d’en finir avec les délais extensibles et les infrastructures livrées au rabais.
Un dispositif de suivi plus rigoureux est annoncé, avec des équipes techniques dédiées et une présence accrue sur le terrain. Une manière de reprendre la main sur des projets souvent critiqués pour leur lenteur ou leur manque de transparence.
Car au-delà de la vitesse, c’est la qualité qui est désormais en jeu. Une route mal construite est un investissement perdu, et un facteur de défiance supplémentaire pour les citoyens.
Un enjeu politique autant qu’économique
La relance des chantiers routiers dépasse la simple question des infrastructures. Elle touche à la crédibilité même des actions en cours et à la capacité de l’État à transformer concrètement le quotidien des populations.
Dans un pays où l’enclavement de certaines localités reste une réalité, chaque kilomètre de route devient un symbole : celui de l’accès aux soins, à l’éducation, aux marchés.
En mettant la pression sur les entreprises et les administrations, le pouvoir exécutif prend un risque calculé, celui d’être jugé non plus sur ses intentions, mais sur ses résultats.
Le test des faits
L’accélération annoncée marque un tournant. Mais elle sera jugée à l’épreuve du terrain, loin des salles d’audience et des discours officiels.
Si les délais sont tenus et les standards respectés, le Gabon pourrait amorcer une véritable transformation de son réseau routier. Dans ce domaine plus que dans tout autre, la confiance ne se décrète pas : elle se construit, kilomètre après kilomètre.
Rappelons que le groupe EBOMAF intervient au Gabon dans le cadre de la coopération sud-sud. Entreprise expérimentée, et propriété de l’homme d’affaires burkinabé Mahamadou Bonkoungou, elle a su montrer son savoir faire partout où elle est intervenue.
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