Gabon : Ntoum, le pari d’un hôpital qui peut changer la donne
Libreville, Mercredi 25 Mars 2026 (Infos Gabon) – À quelques kilomètres de Libreville, la ville de Ntoum s’apprête à devenir un maillon stratégique du système de santé gabonais.
La signature, le 23 mars, d’un contrat pour la construction d’un hôpital dédié aux femmes, aux mères et aux enfants marque bien plus qu’un simple projet d’infrastructure. Elle révèle une tentative de corriger un déséquilibre structurel dans l’offre de soins.
Les documents paraphés à Libreville par la ministre de la santé, Elsa Nkana Joséphine Ayo Bivigou et Carlos Pérez Serrano, Directeur du groupe espagnol Makiber, chargé de réaliser ce projet porté par l’État gabonais, ambitionnent de répondre à une urgence sanitaire longtemps sous-estimée. Le futur établissement est annoncé pour 2028.
Une réponse à un déficit historique
Au Gabon, l’accès à des soins spécialisés pour les mères et les enfants reste inégal, notamment en dehors des grands centres urbains. Le futur hôpital d’Okolassi, doté de 100 lits, vise précisément à combler ce vide.
Le projet, piloté par la ministre de la santé, s’inscrit dans une logique de rééquilibrage territorial de l’offre sanitaire. En délocalisant une structure de pointe hors de la capitale, les autorités tentent de désengorger les grands hôpitaux tout en rapprochant les soins des populations.
Mais au-delà de l’intention, c’est l’exécution qui sera déterminante.
Un établissement à vocation de référence
Pensé comme un centre de haut niveau, l’hôpital ne se limitera pas à des soins de base. Il intégrera des spécialités encore peu développées dans le pays : pédiatrie avancée, néphrologie pédiatrique, cancérologie infantile, mais aussi des services de médecine reproductive comme la fécondation in vitro.
Ce positionnement traduit une évolution importante, celle de passer d’un système de santé centré sur la gestion des urgences à une approche plus spécialisée et anticipative.
Soutenu notamment par la Première Dame, Zita Oligui Nguema, à travers la Fondation Ma Bannière, le projet bénéficie d’un appui institutionnel et symbolique fort, ce qui renforce sa visibilité, mais aussi les attentes.
Une ambition moderne sous conditions
Sur le plan technique, le choix d’une architecture modulaire permet d’envisager des extensions futures sans interrompre les activités médicales. Une approche pragmatique, qui anticipe la croissance démographique et l’évolution des besoins.
Les initiateurs devront toutefois penser à certains aspects bloquants. Délais non respectés, équipements sous-utilisés, manque de personnel qualifié, autant de défis qui pourraient fragiliser l’impact réel du projet. La question n’est donc pas seulement de construire, mais de faire fonctionner durablement.
Un test pour la crédibilité des réformes sanitaires
Ce projet intervient dans un contexte où le Gabon affiche sa volonté de moderniser en profondeur son système de santé. Mais chaque nouvelle annonce engage désormais la crédibilité de l’action publique. S’il est réalisé, l’hôpital mère-enfant de Ntoum peut devenir un symbole de transformation.
Tout dépendra de la capacité des autorités à dépasser la logique d’annonce pour inscrire ce projet dans une stratégie cohérente, financée et suivie dans le temps. Car en matière de santé, les infrastructures ne valent que par les vies qu’elles améliorent. Et sur ce terrain, les Gabonais attendent désormais des résultats.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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