Gabon : Le secteur privé trace sa feuille de route
Libreville, Lundi 29 Juin 2026 (Infos Gabon) – Le rideau est tombé sur la deuxième édition du Gabon Economic Forum, mais le véritable enjeu commence maintenant.
Pendant deux jours, près de deux mille participants issus du monde des affaires, des administrations publiques, des institutions financières, des partenaires techniques et de la société civile ont débattu de l’avenir économique du Gabon. Au terme des travaux, quarante recommandations stratégiques ont été adoptées dans le cadre de la Déclaration de Libreville du secteur privé, un document appelé à devenir l’un des textes de référence de la transformation économique nationale.
Au-delà de la qualité des échanges, cette édition 2026 marque une évolution importante. Pour la première fois, le secteur privé gabonais ne s’est pas contenté d’identifier les obstacles à la croissance. Il a formulé une vision structurée, articulée autour de propositions concrètes destinées à renforcer la compétitivité du pays, à restaurer la confiance entre l’État et les entreprises et à préparer l’économie nationale aux exigences du marché continental africain.
Un pacte économique pour restaurer la confiance
L’un des enseignements majeurs du forum réside dans la volonté affirmée de reconstruire le contrat de confiance entre l’administration et les opérateurs économiques. Les participants ont souligné que le développement d’un tissu entrepreneurial solide passe d’abord par un environnement prévisible, transparent et sécurisé.
La question de la dette intérieure a occupé une place centrale dans les débats. Les acteurs économiques ont plaidé pour la mise en œuvre d’un programme national d’apurement assorti d’un mécanisme de suivi transparent et d’un retour du Club de Libreville afin de garantir un dialogue permanent entre l’État et les entreprises.
La fiscalité a également été identifiée comme un levier essentiel de compétitivité. Les participants ont recommandé la révision de certaines dispositions fiscales jugées pénalisantes, l’élimination des prélèvements parafiscaux inefficaces et la création d’un cadre permanent de concertation fiscale.
Les discussions ont aussi mis en avant la nécessité de renforcer la sécurité juridique des investissements. La stabilité réglementaire, la digitalisation des procédures administratives, l’amélioration du fonctionnement des juridictions commerciales et la mise en place d’un guichet numérique unique destiné aux investisseurs figurent parmi les priorités retenues.
Construire les champions économiques de demain
Le forum a clairement affiché une ambition nouvelle. Celle de faire émerger un secteur privé capable de jouer un rôle moteur dans la transformation économique du pays.
Dans cette perspective, les petites et moyennes entreprises ont été placées au cœur de la stratégie. Les recommandations prévoient la création d’un parcours intégré pour accompagner les entrepreneurs depuis la création de leur activité jusqu’à leur développement à grande échelle. Les participants ont également insisté sur la nécessité d’améliorer l’accès au financement et de favoriser la préférence nationale dans l’attribution des marchés publics.
L’emploi des jeunes a constitué un autre sujet majeur. Les acteurs économiques ont appelé à un rapprochement plus étroit entre les universités et les entreprises afin d’adapter les formations aux besoins réels du marché. L’objectif est de réduire le décalage entre les compétences disponibles et les exigences des secteurs porteurs.
La transformation numérique apparaît également comme une priorité stratégique. Les participants considèrent la digitalisation comme un facteur décisif d’efficacité administrative, de productivité économique et d’attractivité internationale.
Préparer le Gabon à la compétition continentale
L’adoption de la Zone de libre-échange continentale africaine transforme profondément les perspectives économiques du continent. Pour les participants du Gabon Economic Forum, cette ouverture représente autant une opportunité qu’un défi.
Les ateliers consacrés aux infrastructures, à la logistique et à la planification économique ont insisté sur la nécessité de réduire les coûts de transport, d’accélérer la modernisation des corridors logistiques et de développer des infrastructures structurantes capables d’accompagner la croissance future.
Les recommandations appellent également à orienter les investissements vers les secteurs à forte valeur ajoutée comme l’énergie, l’agro-industrie, le bâtiment, les infrastructures, la santé, le transport et la logistique. Une attention particulière a été portée à la création de mécanismes de financement innovants associant banques commerciales, institutions publiques et partenaires de développement.
Le message final porté par les participants est clair. Le Gabon ne pourra réussir sa transformation économique que si l’entreprise nationale devient un acteur central du développement.
En clôturant les travaux, le président de la Fédération des entreprises du Gabon, Alain-Claude Kouakoua, a rappelé que les entreprises devront financer une part essentielle du futur Plan national de croissance et de développement. Derrière cette affirmation se dessine une réalité incontournable. La prospérité du Gabon dépend désormais de sa capacité à transformer ses entrepreneurs en véritables champions économiques régionaux.
La Déclaration de Libreville ne doit donc pas devenir un document supplémentaire destiné aux archives administratives. Elle représente une feuille de route. Son application effective déterminera si le Gabon Economic Forum 2026 restera un simple rendez-vous de réflexion ou s’il marquera le point de départ d’un nouveau modèle économique fondé sur l’investissement, l’innovation, la compétitivité et la confiance retrouvée entre l’État et le secteur privé.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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