Gabon : Libreville renforce son réseau de santé
Libreville, Jeudi 13 Août 2026 (Infos Gabon) – À quelques jours de la fête nationale, le Gabon poursuit la densification de son appareil sanitaire avec la mise en service de deux nouvelles structures à Libreville. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a inauguré mercredi le Centre médical Tsa-Tsa Eugène d’Akébé et l’Hôpital d’arrondissement Dr Paulin Obame Nguema de La Peyrie.
Au-delà du symbole attaché à ces inaugurations, l’enjeu est concret pour les populations du Grand Libreville. Il s’agit de rapprocher les soins, renforcer les capacités de diagnostic et réduire la pression qui pèse sur les grands établissements hospitaliers.
Dans une capitale où la croissance urbaine accroît mécaniquement la demande de soins, développer des structures de proximité devient une question de politique publique autant que de santé. Un patient qui peut être diagnostiqué et pris en charge plus près de son lieu de résidence réduit son parcours de soins et, dans certains cas, permet aux grands centres hospitaliers de se concentrer sur les situations les plus complexes.
Le Centre médical Tsa-Tsa Eugène d’Akébé illustre cette orientation. Destiné notamment aux populations du troisième arrondissement, il dispose désormais d’un scanner et d’un équipement de radiologie, renforçant sensiblement son potentiel diagnostique. Sa construction et son aménagement, engagés en février 2025 et achevés en août 2026, ont également généré 84 emplois. L’établissement doit contribuer au désengorgement des structures hospitalières de référence tout en offrant aux professionnels un environnement de travail davantage adapté à leurs missions.
À La Peyrie, l’ambition est également significative. L’Hôpital d’arrondissement Dr Paulin Obame Nguema devient le premier établissement hospitalier d’arrondissement à bénéficier d’un scanner. Cette évolution peut modifier la capacité d’un établissement de proximité à orienter rapidement les patients et à prendre des décisions médicales sur la base d’examens plus performants. L’objectif annoncé est d’étendre progressivement cette dynamique à d’autres structures du pays.
Le projet de La Peyrie a porté sur la réhabilitation du bâtiment existant et la construction d’un nouveau bâtiment, pour un investissement de 880,742 millions de francs CFA financé par la Banque africaine de développement. Ce financement souligne l’importance des partenariats institutionnels dans la modernisation du système de santé et dans la réalisation d’infrastructures capables de répondre aux besoins croissants des populations.
La mise en service de ces deux établissements s’accompagne par ailleurs d’un renforcement de la mobilité médicale. Une ambulance a été remise au Centre médical Tsa-Tsa Eugène et deux autres au SAMU du Centre hospitalier universitaire de Libreville. Cette composante est essentielle, car la qualité d’un système sanitaire ne dépend pas seulement de la présence de bâtiments et d’équipements. Elle repose aussi sur la capacité à transporter rapidement les patients, organiser les urgences et assurer la continuité entre les différents niveaux de soins.
Ces investissements s’inscrivent dans le quatrième pilier du projet de société présidentiel consacré à la modernisation du système de santé. La stratégie affichée repose notamment sur la décentralisation et l’autonomisation des structures, le développement de spécialités médicales et le renforcement des compétences des personnels.
Le véritable enjeu sera désormais de faire fonctionner durablement ces infrastructures à leur plein potentiel. Un scanner exige des professionnels formés, une maintenance régulière et une organisation capable d’en garantir l’utilisation. Une ambulance n’a d’impact que si elle est intégrée à une chaîne d’urgence efficace. Une nouvelle structure sanitaire ne devient un progrès réel que lorsqu’elle améliore effectivement le parcours du patient.
Avec Akébé et La Peyrie, le Gabon ajoute donc deux maillons importants à son dispositif de santé de proximité. Le défi n’est plus seulement de construire et d’inaugurer, mais de faire de ces établissements des centres pleinement opérationnels, accessibles et durables. C’est à cette condition que la modernisation sanitaire pourra dépasser le cadre des infrastructures pour devenir une véritable politique d’égalité devant les soins et un investissement stratégique dans le capital humain du pays.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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