Gabon : Issoze Ngondet, la mémoire au cœur de la Libération
Libreville, Vendredi 28 Août 2026 (Infos Gabon) – À l’entrée de son séjour dans l’Ogooué-Ivindo, Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi de commencer par la mémoire. Vendredi 28 août 2026 à Makokou, le chef de l’État a inauguré le mausolée consacré à Emmanuel Issoze Ngondet, ancien Premier ministre décédé le 11 juin 2020.
À deux jours de la troisième édition de la Journée nationale de la Libération, ce geste donne à la séquence présidentielle une profondeur qui dépasse le protocole. Il inscrit la célébration du 30 août dans un récit national où la transformation du pays doit aussi s’accompagner d’un devoir de reconnaissance envers ceux qui ont servi la République.
La cérémonie, organisée à Epassandjé dans le premier arrondissement de Makokou, s’est déroulée en présence de la famille du défunt, du vice-président de la République Alexandre Barro Chambrier, du chef du gouvernement Hermann Immongault, de la présidente du Sénat Huguette Nyana Ekoume-Awori et de plusieurs cadres de la province. Le fils aîné du disparu, Franck Issoze Ngondet, a salué une « double reconnaissance » du chef de l’État, après le baptême de l’aéroport de Makokou du nom de son père en mars 2025. (agpgabon.ga)
Ce nouvel hommage vient ainsi compléter une reconnaissance déjà institutionnalisée. L’ancien diplomate avait exercé plusieurs fonctions ministérielles avant de devenir Premier ministre de septembre 2016 à janvier 2019. Il avait également représenté le Gabon sur la scène internationale. Sa trajectoire explique la place particulière que son souvenir conserve dans l’Ogooué-Ivindo, dont il était originaire. (agpgabon.ga)
Le choix de construire un mausolée n’est donc pas seulement celui d’un monument. C’est un acte de transmission. Dans une République qui cherche à construire de nouveaux repères, la mémoire des anciens serviteurs de l’État peut devenir un instrument de cohésion. Honorer une personnalité ne signifie pas sanctuariser tout son parcours politique. Cela signifie reconnaître une contribution à la Nation et permettre aux générations futures de connaître les femmes et les hommes qui ont participé à son histoire.
Cette démarche prend une résonance encore plus forte à Makokou, ville qui porte désormais le nom d’Emmanuel Issoze Ngondet sur son principal équipement aéroportuaire. En mars 2025, l’aéroport rénové avait été rebaptisé en son honneur, le chef de l’État présentant alors cette décision comme un devoir de reconnaissance envers un fils de la province. (presidence.ga)
Mais l’hommage prend également place dans une province en pleine mutation. Depuis le début de l’année, le pouvoir multiplie les investissements à Makokou et dans les quatre départements de l’Ogooué-Ivindo. Vingt projets structurants ont été réalisés ou engagés dans la province, touchant notamment la sécurité civile, la santé, le tourisme, l’éducation, le commerce et les infrastructures. (presidence.ga)
Cette juxtaposition entre mémoire et développement constitue probablement l’un des messages les plus importants de la visite présidentielle. Un pays ne se construit pas uniquement avec des routes, des bâtiments ou des investissements. Il se construit également avec une mémoire collective capable de relier les générations et les territoires.
La séquence d’Epassandjé intervient enfin à l’orée du 30 août, date désormais consacrée à la Journée nationale de la Libération. En choisissant Makokou pour accueillir cette troisième édition, après Libreville en 2024 et Tchibanga en 2025, les autorités donnent à cette commémoration une dimension territoriale assumée. La fête doit être nationale parce que la mémoire de la République doit l’être tout autant.
L’hommage à Emmanuel Issoze Ngondet apparaît ainsi comme le premier acte d’une séquence plus vaste. Avant les défilés et les cérémonies, il y a le souvenir. Avant de parler de l’avenir, il faut savoir d’où vient le pays. En inaugurant ce mausolée à Makokou, Brice Clotaire Oligui Nguema envoie un message qui dépasse la figure d’un ancien Premier ministre. Il affirme qu’une République qui veut se réinventer doit également savoir honorer ses héritages. La véritable modernisation du Gabon ne sera pleinement crédible que si elle s’accompagne d’une mémoire nationale suffisamment forte pour que le développement ne soit pas seulement une succession de chantiers, mais aussi une histoire que chaque génération puisse comprendre, assumer et transmettre.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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