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ONU : Diomaye Faye ouvre le front africain pour Macky Sall

Libreville, Lundi 28 Septembre 2026 (Infos Gabon) – À New York, la succession d’António Guterres prend une dimension ouvertement africaine. En apportant son soutien public à la candidature de Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye ne défend plus seulement la trajectoire internationale de son prédécesseur. Il engage la diplomatie sénégalaise dans une bataille qui touche directement à la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.

En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le président sénégalais a appelé les États africains, mais aussi les autres membres de l’Organisation, à soutenir la candidature de Macky Sall. Dans un entretien accordé à RFI et France 24, il a notamment mis en avant l’expérience de l’ancien chef de l’État et sa capacité, selon lui, à exercer les responsabilités de secrétaire général.

Le geste est politiquement significatif. Les deux hommes ont longtemps appartenu à des camps opposés au Sénégal. Bassirou Diomaye Faye et son camp avaient durement contesté la gouvernance de Macky Sall, notamment sur les questions démocratiques et la gestion économique. Leur rapprochement donne aujourd’hui à la candidature de l’ancien président une portée qui dépasse les clivages de la politique sénégalaise. En juillet, après leur rencontre à Dakar, le gouvernement sénégalais avait officiellement décidé d’apporter son soutien à cette candidature.

Une candidature déjà inscrite dans le processus de l’ONU

Macky Sall n’est toutefois pas le candidat officiel du Sénégal au sens strict du processus onusien. Sa candidature a été présentée par le Burundi le 2 mars 2026 et figure dans la procédure officielle de sélection du prochain secrétaire général. Il a participé en avril au dialogue interactif organisé par l’Assemblée générale avec les candidats.

Son projet met au premier plan la réforme du multilatéralisme. Dans sa déclaration de vision, l’ancien président sénégalais estime que l’ONU doit être modernisée afin de mieux répondre aux crises contemporaines, aux conflits, aux difficultés économiques et aux attentes des pays en développement.

Cette ligne rejoint une revendication plus large portée depuis plusieurs années par les États africains. L’Afrique demeure sous-représentée dans les principaux centres de décision du système international, alors même que le continent est directement concerné par plusieurs des crises majeures traitées par le Conseil de sécurité.

Le véritable enjeu dépasse Macky Sall

Le départ programmé d’António Guterres, dont le second mandat arrive à son terme le 31 décembre 2026, ouvre une séquence particulièrement stratégique. L’ONU a engagé le processus de sélection de son successeur, avec plusieurs candidatures issues de différentes régions du monde. La nomination finale relève de l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité.

Dans ce contexte, le soutien de Dakar peut être lu comme une tentative de transformer une candidature individuelle en dynamique collective. Pour le Sénégal, il s’agit de mobiliser les solidarités africaines autour d’un profil qui connaît les mécanismes diplomatiques internationaux et qui a dirigé l’Union africaine. Pour le continent, la question est plus large : comment convertir son poids démographique, économique et géopolitique en influence institutionnelle réelle ?

António Guterres lui-même a régulièrement placé cette question au cœur du débat sur la réforme du système multilatéral. L’absence de représentation permanente africaine au Conseil de sécurité demeure l’un des symboles les plus visibles de ce déséquilibre.

Le soutien de Bassirou Diomaye Faye intervient ainsi à un moment où l’Afrique cherche à redéfinir sa relation avec les grandes puissances et avec les institutions internationales. La candidature Macky Sall devient un des terrains sur lesquels cette ambition peut être testée.

Pour Dakar, l’enjeu est également diplomatique. Après une alternance politique qui avait profondément rebattu les cartes à l’intérieur du Sénégal, le soutien à Macky Sall montre que les intérêts internationaux peuvent conduire à dépasser les antagonismes nationaux. Le rapprochement entre les deux hommes, facilité par une nouvelle séquence diplomatique à laquelle Emmanuel Macron a également contribué, donne à cette campagne une dimension particulière.

La bataille pour la succession de Guterres ne se résumera donc pas à une confrontation de personnalités. Elle portera aussi sur la capacité des différentes régions du monde à imposer leurs priorités dans une ONU en quête de réforme. En soutenant Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye fait le choix d’occuper ce terrain. Reste désormais à savoir jusqu’où les États africains seront prêts à transformer cette solidarité politique en soutien diplomatique concret.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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