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Octobre Rose : Prévenir pour sauver des vies

Libreville, Mercredi 21 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Au Gabon, la lutte contre les cancers féminins passe aussi par la capacité à briser le silence, à dépasser la peur du diagnostic et à rapprocher l’information médicale des populations.

Le 16 octobre, la Présidence de la République a organisé à Libreville une matinée de sensibilisation destinée à son personnel, avec la participation de spécialistes de l’Institut de cancérologie d’Akanda. Inscrite dans la campagne internationale Octobre Rose, cette initiative a mis l’accent sur deux maladies majeures, le cancer du sein et celui du col de l’utérus, dont la prévention et la détection précoce demeurent des enjeux déterminants.

En présence du Secrétaire général de la Présidence et de nombreux agents, les échanges ont rappelé qu’une meilleure connaissance des facteurs de risque, des moyens de prévention et des possibilités de dépistage peut favoriser une prise en charge plus rapide. Derrière cette démarche se trouve une réalité souvent difficile à affronter : la maladie ne bouleverse pas seulement la vie des personnes touchées, elle affecte aussi leurs familles et leur environnement professionnel.

Le dépistage, un réflexe qui peut changer le pronostic

Animée par les docteurs James Laurianne et Irigo Joëlle, radiothérapeutes à l’Institut de cancérologie d’Akanda, la rencontre a permis d’aborder les mécanismes de développement des cancers, leurs facteurs de risque et les moyens de réduire leurs conséquences.

Consacrant son intervention au cancer du sein, le Dr James Laurianne a rappelé l’ampleur mondiale de la maladie. Les données présentées lors de la séance font état de près de 20 millions de nouveaux cas de cancer et de 9 millions de décès en 2024, dont 2 434 087 cas de cancer du sein. Ces chiffres soulignent l’importance d’une mobilisation durable, même si leur interprétation dépend des sources statistiques et des méthodes de comptabilisation utilisées.

La spécialiste a insisté sur plusieurs habitudes favorables à la santé, notamment une alimentation équilibrée, la consommation de fruits et de légumes, l’activité physique régulière et la limitation de l’alcool. Elle a également souligné l’intérêt du dépistage pour repérer certaines anomalies avant l’apparition de symptômes. Celui-ci ne remplace pas une consultation en cas de signe suspect, mais peut permettre d’identifier la maladie plus tôt et d’améliorer les possibilités de traitement.

« N’ayons pas peur des résultats ni du regard des autres », a-t-elle exhorté. Cet appel vise les obstacles qui retardent encore le recours aux soins, qu’il s’agisse de la peur, de la gêne ou du manque d’information. La sensibilisation n’a cependant d’impact durable que si elle s’accompagne de services de dépistage accessibles, d’un diagnostic fiable et d’une prise en charge adaptée.

Le cancer du col de l’utérus, agir avant la maladie

Le Dr Irigo Joëlle a, pour sa part, consacré son intervention au cancer du col de l’utérus. Les chiffres évoqués pendant la rencontre font état d’environ 840 000 cas en 2025. La spécialiste a rappelé que cette maladie représente une préoccupation majeure, particulièrement dans les pays à ressources limitées, où les difficultés d’accès à la prévention, au dépistage et aux traitements peuvent alourdir ses conséquences.

La prévention repose notamment sur la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), responsable de la grande majorité des cancers du col de l’utérus, ainsi que sur l’information, l’éducation à la santé et le dépistage régulier selon les recommandations médicales. La détection des lésions précancéreuses permet, dans de nombreux cas, d’intervenir avant qu’elles n’évoluent vers un cancer invasif.

Ces approches rappellent que la lutte contre les cancers féminins ne peut reposer sur un seul geste ni sur une campagne limitée à quelques semaines. Elle nécessite une stratégie cohérente associant prévention, vaccination, dépistage, diagnostic, traitement et suivi médical. L’information doit également atteindre les femmes les plus éloignées des structures sanitaires, pour que les possibilités de prévention ne dépendent pas uniquement du lieu de résidence ou des ressources financières.

Faire de la prévention une responsabilité collective

La matinée organisée à la Présidence a également été marquée par une séance de questions-réponses et des témoignages de patients en phase de guérison. Ces échanges ont permis d’aborder les inquiétudes des participants et de rappeler qu’un cancer ne doit être ni un motif de honte ni une raison de renoncer aux soins.

En portant la sensibilisation dans le milieu professionnel, la Présidence contribue à diffuser une culture de vigilance sanitaire au-delà des structures médicales. Mais la portée d’une telle initiative se mesurera à sa continuité : information régulière, orientation vers les services compétents et facilitation de l’accès aux examens nécessaires.

Octobre Rose ne doit pas être seulement un rendez-vous symbolique, mais un engagement qui se prolonge toute l’année. Car informer sauve des occasions de dépistage, dépister peut permettre d’agir plus tôt et traiter sans retard peut changer un pronostic. La véritable réussite de cette mobilisation sera que chaque femme, quelle que soit sa situation, puisse accéder à une prévention efficace, à un diagnostic fiable et aux soins dont elle a besoin.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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