Gabon : L’architecture face au défi d’une ville accessible à tous
Libreville, Jeudi 29 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon veut conjuguer ambition architecturale et inclusion sociale. Reçu le mercredi 28 octobre 2026 par le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, le président national de l’Ordre gabonais des architectes, Hermès Allogho Eko Mba, a abordé deux enjeux complémentaires pour l’avenir du pays. Il s’agit de la préparation du 15e Congrès de l’Union des Architectes d’Afrique, que le Gabon s’apprête à accueillir, et du renforcement des règles garantissant l’accès des bâtiments aux personnes à mobilité réduite.
L’organisation de ce rendez-vous continental représente une occasion de placer les professionnels gabonais au cœur des débats sur l’évolution des villes africaines. Urbanisation rapide, qualité des constructions, aménagement du territoire et développement durable constituent autant de défis auxquels les architectes doivent répondre dans un contexte de croissance des besoins en logements et en infrastructures. Au-delà de la visibilité internationale, ce congrès peut favoriser les échanges de compétences et nourrir la réflexion sur les choix architecturaux du pays.
Mais la modernisation du cadre bâti ne se mesure pas seulement à l’apparence des édifices ou à leur caractère innovant. Elle se juge aussi à leur capacité à accueillir l’ensemble de la population. C’est précisément sur ce terrain que la question de l’accessibilité prend une dimension sociale et réglementaire.
Les personnes en situation de handicap restent confrontées à des obstacles lorsque les entrées, les escaliers ou les espaces de circulation ne sont pas adaptés. Les personnes âgées et celles dont la mobilité est temporairement réduite rencontrent les mêmes difficultés. Rampes d’accès, passages adaptés et aménagements fonctionnels ne relèvent donc pas du simple confort. Ils conditionnent l’autonomie, l’accès aux services et la participation à la vie collective.
Faire de l’inclusion une règle de construction
Les échanges entre Alexandre Barro Chambrier et Hermès Allogho Eko Mba ont ainsi mis en avant la nécessité de légiférer pour inscrire l’accessibilité dans les obligations applicables aux bâtiments, notamment ceux qui accueillent du public. Une telle orientation supposerait de préciser les normes à respecter, les modalités de contrôle et les conditions d’adaptation progressive des édifices existants.
L’enjeu est de dépasser les engagements de principe. Sans règles clairement définies ni mécanismes de vérification, l’accessibilité risque de demeurer inégale d’un bâtiment à l’autre. À l’inverse, un cadre réglementaire cohérent pourrait permettre d’intégrer ces exigences dès la conception des nouveaux projets, évitant ainsi des corrections ultérieures souvent plus complexes.
La portée de cette démarche dépendra toutefois de sa traduction concrète. Les normes devront être accompagnées d’une application effective, d’un suivi des travaux et d’une prise en compte des contraintes liées au patrimoine immobilier déjà construit.
En rapprochant la préparation d’un congrès africain de la question de l’accessibilité, cette audience souligne une exigence essentielle pour le développement urbain gabonais. L’architecture ne doit pas seulement bâtir des villes modernes, mais concevoir des espaces où chacun peut circuler, accéder aux services et vivre dignement. La qualité d’une ville se mesure aussi à la place qu’elle réserve aux personnes que ses aménagements ont trop souvent laissées à l’écart.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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