Economie

Au Gabon, la SAEG disparaît : l’AGROPAG, nouvel outil d’une ambition agricole affichée

Libreville, Samedi 28 Février 2026 (Infos Gabon) – Le paysage institutionnel agricole gabonais vient de connaître un nouveau bouleversement.

Réuni le 26 février sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a acté la dissolution de la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG) et la création d’une nouvelle entité : la Société Agropastorale du Gabon (AGROPAG).

Derrière cette décision, présentée comme une réorganisation stratégique, se dessine un choix politique assumé : reprendre en main l’outil public agricole pour l’inscrire dans une logique de souveraineté alimentaire et de diversification économique.

Fin de parcours pour la SAEG

Créée par ordonnance en août 2024 puis ratifiée par le Parlement en janvier 2025, la SAEG n’aura existé qu’un peu plus d’un an. Le projet d’ordonnance adopté en Conseil des ministres, pris en application des articles 94 et 99 de la Constitution, met officiellement un terme à son existence juridique.

Le communiqué gouvernemental précise que l’ensemble des compétences, activités et patrimoines de la société dissoute sont transférés de plein droit à la nouvelle structure. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un abandon des missions agricoles et pastorales, mais d’un redéploiement sous une autre bannière institutionnelle.

Cette rapidité dans la refonte interroge néanmoins sur l’évaluation de la SAEG et sur les raisons précises ayant conduit à sa disparition. Le gouvernement ne détaille pas les éventuelles difficultés rencontrées, ni les enseignements tirés de cette première expérience.

L’AGROPAG, bras armé de la souveraineté alimentaire ?

La Société Agropastorale du Gabon (AGROPAG) est appelée à reprendre les missions jusque-là confiées à la SAEG. Selon l’exécutif, elle devra assurer la continuité des projets agricoles et d’élevage, tout en inscrivant son action dans une perspective plus large.

Le communiqué met en avant une ambition claire : renforcer durablement la production nationale et stimuler l’emploi rural. L’initiative s’intègre dans la stratégie nationale de diversification économique, destinée à réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers.

L’agriculture, longtemps reléguée au second plan dans un pays riche en ressources naturelles, est désormais présentée comme un levier central de transformation économique. La création de l’AGROPAG se veut ainsi le symbole d’un nouvel élan.

Un changement de structure, mais pour quels résultats ?

Si le discours officiel insiste sur la cohérence stratégique de cette réorganisation, plusieurs observateurs soulignent que le succès de l’AGROPAG dépendra moins de son appellation que de ses moyens réels : financement, gouvernance, encadrement technique et capacité à soutenir efficacement les producteurs.

La question de la continuité administrative et opérationnelle se pose également. Le transfert des actifs et des compétences devra s’effectuer sans rupture pour éviter de fragiliser les projets en cours.

Dans un contexte où la sécurité alimentaire est devenue un enjeu majeur pour de nombreux pays africains, le Gabon cherche manifestement à affirmer sa volonté d’autonomie productive. Reste à savoir si cette nouvelle architecture institutionnelle permettra d’atteindre les objectifs affichés.

En dissolvant la SAEG pour donner naissance à l’AGROPAG, l’exécutif gabonais envoie un signal politique fort. Mais au-delà du changement de sigle, c’est sur le terrain, dans les exploitations et les filières rurales, que se mesurera la portée réelle de cette réforme.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

Copyright Infos Gabon

LIRE AUSSI Frappes américaines contre l’Iran : Washington assume l’escalade, Téhéran élargit le front régional

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *